Autour de 4 100 dollars l’once en juillet 2026, l’or traverse une phase de correction. Le mouvement inquiète à court terme, mais il ne remet pas en cause le soutien de fond porté par les banques centrales asiatiques, les pays émergents et les investisseurs particuliers.
Le dollar et les taux pèsent sur l’or
L’or est sous pression sur les marchés mondiaux. La raison principale tient à deux facteurs : la hausse des rendements des bons du Trésor américain et la vigueur du dollar.
Un bon du Trésor est une dette émise par l’État américain. Son rendement correspond au revenu que reçoit l’investisseur. Quand ce rendement monte, les obligations deviennent plus attractives face à l’or, qui ne verse ni intérêt ni dividende.
Le dollar fort joue aussi contre le métal jaune. L’or étant coté en dollars sur les marchés internationaux, il devient plus cher pour les acheteurs utilisant l’euro ou d’autres devises. Cette mécanique peut freiner la demande à court terme.
Depuis le début de 2026, le prix de l’or a connu de fortes variations. Après un sommet historique, le métal jaune a corrigé. Il évoluait autour de 4 320 dollars l’once à la mi-juin, puis autour de 4 100 dollars en juillet. Une once troy, l’unité de référence pour l’or, équivaut à environ 31,1 grammes.
Les investisseurs prennent leurs bénéfices
La baisse récente s’explique aussi par des prises de bénéfices. Ce terme désigne la vente d’un actif après une forte hausse, afin d’encaisser un gain.
En juin, les ETF adossés à l’or ont enregistré d’importantes sorties, estimées à 74 tonnes, soit 8,9 milliards de dollars. Un ETF adossé à l’or est un fonds coté en Bourse qui permet de s’exposer au prix de l’or sans détenir directement des lingots ou des pièces.
Ce mouvement montre que certains investisseurs financiers réduisent leur exposition après la progression spectaculaire des cours. CPM Group estime que la correction pourrait ne pas être terminée. Le prix de l’or pourrait, selon cette analyse, revenir vers 3 800 dollars l’once. L’argent pourrait, lui, évoluer vers 55 dollars l’once.
À court terme, le marché reste donc vulnérable aux ventes techniques, aux taux élevés et aux arbitrages des investisseurs.
Les banques centrales maintiennent un soutien structurel
La pression actuelle ne signifie pas un désintérêt pour l’or. Au contraire, les achats des banques centrales, notamment en Asie et dans les pays émergents, constituent un soutien important.
La Banque populaire de Chine a encore accru ses réserves d’or en juin. Ce type d’achat relève d’une stratégie de long terme. Les banques centrales cherchent à diversifier leurs réserves, c’est-à-dire à ne pas dépendre uniquement du dollar américain ou des obligations américaines.
Cette tendance s’inscrit dans la dédollarisation. Ce terme désigne la volonté de certains États de réduire leur dépendance au dollar dans leurs réserves, leurs échanges commerciaux ou leur politique monétaire.
Pour l’or, cette demande est décisive. Les banques centrales n’achètent pas toujours pour spéculer à court terme. Elles achètent pour renforcer leur sécurité financière, protéger leurs réserves et limiter leur exposition aux tensions géopolitiques.
La demande des particuliers reste un pilier
Les investisseurs particuliers participent aussi à ce soutien. Dans un contexte de dettes publiques élevées, de tensions géopolitiques et d’incertitudes sur les devises, l’or conserve son statut de valeur refuge.
Une valeur refuge est un actif recherché lorsque les investisseurs craignent une crise financière, une inflation persistante, une instabilité bancaire ou une perte de confiance dans les monnaies.
Pour un épargnant belge ou européen, l’or peut servir à diversifier un patrimoine. Il ne remplace pas la liquidité ni les placements productifs, mais il peut jouer un rôle d’assurance contre les chocs extrêmes. Son prix en euro dépend toutefois aussi du taux de change entre l’euro et le dollar.
Un marché tiraillé entre corrections et risques systémiques
Le marché de l’or reste donc équilibré entre deux forces. D’un côté, les taux élevés, le dollar fort, les ventes d’ETF et les prises de bénéfices peuvent prolonger la correction. De l’autre, les achats des banques centrales, les tensions géopolitiques et la recherche de protection soutiennent les prix.
Certains macro-stratèges évoqueraient une possible phase finale d’euphorie sur les marchés actions avant un choc plus brutal. Dans ce scénario, l’or et l’argent pourraient redevenir centraux comme actifs de protection. Cette hypothèse reste incertaine et doit être lue comme un scénario de risque, non comme une prévision acquise.
L’information principale est donc double : l’or peut encore souffrir à court terme, mais sa demande de long terme reste solide.
Pour les acheteurs, cela invite à distinguer horizon de placement et point d’entrée. Une correction peut créer des opportunités, mais elle impose aussi de surveiller les taux américains, le dollar, les flux des ETF et les achats des banques centrales. Le métal jaune reste sous pression immédiate, mais son rôle d’assurance monétaire demeure intact.


