Alors que le cours de l’or titille ses sommets historiques sous la double pression des tensions politiques américaines et des incertitudes budgétaires en Europe, la détention de métal jaune redevient un sujet central pour les épargnants. Entre opportunités de marché et cadre fiscal strict lors des successions, décryptage des règles à connaître en ce début d’année.
C’est une conjonction de facteurs rarement observée qui agite les marchés en ce mois de janvier 2026. D’un côté, une nouvelle attaque verbale de Donald Trump à l’encontre de la Réserve fédérale américaine (Fed) a suffi à provoquer une envolée soudaine du cours du métal jaune, confirmant son statut de valeur refuge par excellence face à l’instabilité politique. De l’autre, sur le Vieux Continent, le gouverneur de la Banque de France a exprimé ce mercredi ses vives inquiétudes, évoquant un risque d’« étouffement » économique si le déficit public n’est pas rapidement réduit.
Ce climat anxiogène, couplé à une inflation américaine persistante, maintient les cours proches de leurs plus hauts niveaux, malgré un marché que certains analystes jugent en surchauffe.
Un contexte macroéconomique sous tension
La fébrilité des marchés se traduit également sur le front des devises. La paire EUR/USD se trouve sous pression, s’échangeant aux alentours de 1,1650 avec un biais baissier qui semble s’installer durablement. Cette faiblesse relative de l’euro renforce mécaniquement l’attrait de l’or pour les investisseurs de la zone euro, le métal étant coté en dollars.
Dans une analyse livrée sur BFM concernant les perspectives pour 2025 et 2026, Laurent Schwartz soulignait récemment la résilience du métal précieux. Cette tendance ne se limite pas à l’or : l’argent métal a, pour sa part, réalisé une performance spectaculaire en 2025, affichant une hausse de 70 % sur l’année, un record qui témoigne de l’appétit vorace des investisseurs pour les actifs tangibles.
Héritage : l’or physique ne s’oublie pas
Si la valorisation de l’or réjouit les détenteurs, elle alourdit potentiellement la note fiscale lors de la transmission. Contrairement à une idée reçue tenace, l’or physique (pièces, lingots, bijoux) ne bénéficie pas d’une exonération magique : il fait partie intégrante de l’actif successoral.
Concrètement, la valeur retenue est celle du cours au jour du décès. En France, cet actif est soumis aux droits de succession classiques. Les héritiers bénéficient d’un abattement de 100 000 euros par enfant, au-delà duquel la taxation s’applique par tranches, allant de 5 % à 45 %.
Attention aux transmissions « de la main à la main » : ne pas déclarer cet or expose les héritiers à des risques majeurs. En cas de contrôle, l’administration fiscale peut procéder à des redressements assortis de pénalités sévères, oscillant entre 40 % et 80 % des montants dus. La transparence reste donc la meilleure stratégie patrimoniale.
Qu’est-ce que l’or d’investissement ?
Pour bénéficier de certaines fiscalités avantageuses (notamment l’exonération de TVA à l’achat), l’or doit répondre à des critères précis :
- Lingots : pureté supérieure à 995 millièmes.
- Pièces : pureté supérieure à 900 millièmes, frappées après 1800 et ayant (ou ayant eu) cours légal.
Revendre l’or hérité : le choix du régime fiscal
Une fois l’or hérité, les bénéficiaires souhaitant le revendre doivent naviguer entre deux régimes fiscaux distincts. Ce choix, crucial pour optimiser le rendement final, dépend souvent de la capacité à prouver la date et le prix d’acquisition (via l’acte de succession ou des factures nominatives).
- La Taxe sur les Métaux Précieux (TMP) : Il s’agit d’un prélèvement forfaitaire de 11,5 % appliqué sur le prix de vente total, qu’il y ait plus-value ou non. C’est souvent l’option par défaut en l’absence de justificatifs.
- La Taxe sur les Plus-Values (TPV) : Ce régime taxe le gain réel à hauteur de 36,2 %. Son atout majeur réside dans un système d’abattement pour durée de détention. Après 22 ans de détention prouvée, l’exonération est totale.
Frais bancaires de succession : la fin des abus
C’est une nouvelle qui soulage de nombreuses familles endeuillées : le cadre légal entourant les frais bancaires sur succession a évolué favorablement. Validée par le Sénat le 5 mai 2025 et entrée en vigueur le 13 novembre dernier, une nouvelle loi plafonne désormais ces frais à 1 % des avoirs.
Mieux encore, le texte supprime totalement ces frais pour les petits héritages (inférieurs à 5 000 euros) ou lorsque le défunt est mineur. Cette réforme vise à mettre fin aux disparités tarifaires souvent injustifiées entre les établissements bancaires, garantissant que la transmission du patrimoine, qu’il soit en or ou en devises, ne soit pas excessivement grévée par des coûts administratifs.
Dans un environnement où chaque pourcentage de rendement compte, la maîtrise de ces paramètres fiscaux et légaux est tout aussi importante que le suivi du cours de l’once.



