4 644,16 dollars l’once : le cours au comptant de l’or a touché ce lundi son plus haut niveau depuis la mi-mai 2026. Le mouvement se joue sur le marché international, où les investisseurs réagissent à la baisse du dollar américain, proche de ses plus bas niveaux depuis plusieurs mois.
Le cours au comptant, ou « spot », désigne le prix de l’or pour une livraison quasi immédiate. L’once correspond ici à l’once troy, l’unité de référence des métaux précieux, soit 31,1 grammes.
Le dollar faible rend l’or plus attractif
La hausse du métal jaune s’explique d’abord par un mécanisme simple. L’or est coté en dollars sur les marchés internationaux. Quand le billet vert recule, l’or devient moins cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises, notamment l’euro. Cette baisse peut donc stimuler la demande.
Le repli du dollar serait en partie lié au projet du Trésor américain de racheter davantage d’obligations à long terme. Une obligation est un titre de dette émis par un État ou une entreprise. Ce type d’annonce peut modifier les anticipations de rendement sur les marchés et peser sur la monnaie américaine.
Dans ce contexte, l’or retrouve son rôle de valeur refuge. Ce terme désigne un actif recherché lorsque les investisseurs veulent protéger leur capital face aux incertitudes économiques, monétaires ou géopolitiques.
Les investisseurs surveillent la Fed
Les marchés attendent aussi les prochains indicateurs économiques américains. L’indice PCE de juillet 2026 sera particulièrement suivi. Le PCE, ou indice des prix des dépenses de consommation personnelles, mesure l’évolution des prix payés par les ménages américains. Il est surveillé de près par la Réserve fédérale américaine, la Fed, pour évaluer l’inflation.
Les investisseurs seront également attentifs à l’intervention de Kevin Warsh, président de la Fed, lors du symposium de Jackson Hole. Cette réunion annuelle rassemble banquiers centraux, économistes et responsables financiers. Elle peut influencer les attentes sur les taux d’intérêt.
Pour l’or, le niveau des taux est central. Des taux plus élevés rendent les placements rémunérés, comme certaines obligations, plus attractifs. À l’inverse, des taux plus bas réduisent le « coût d’opportunité » de détenir de l’or. Ce coût correspond au rendement auquel un investisseur renonce en conservant un actif qui ne verse ni intérêt ni dividende.
Un rebond après une forte volatilité
La progression actuelle intervient après une année très agitée. Le prix de l’or avait atteint environ 5 595 dollars l’once le 29 janvier 2026, un sommet historique, avant de repasser sous les 4 000 dollars début août. Le rebond observé depuis la mi-août confirme le retour de la demande, mais aussi la volatilité du marché.
Les tensions au Moyen-Orient et les sanctions financières américaines contre l’Iran continuent de soutenir l’intérêt pour l’or. Ces facteurs alimentent l’incertitude, même si le recul récent des cours du pétrole a temporairement apaisé certaines inquiétudes.
Les banques centrales restent un soutien de fond
Au deuxième trimestre 2026, les banques centrales ont acheté près de 289 tonnes d’or, soit une hausse de 62 % sur un an. Ces achats physiques renforcent la demande de long terme. La Chine a poursuivi ses acquisitions pendant 21 mois consécutifs, portant ses réserves à environ 2 366 tonnes, tandis que la Pologne a acheté 51 tonnes sur le trimestre.
Cette stratégie s’inscrit dans une logique de diversification des réserves. Pour plusieurs États, l’or permet de réduire la dépendance au dollar, un mouvement souvent appelé « dédollarisation ».
Ce que cela signifie pour les épargnants européens
Pour un investisseur belge ou européen, la hausse en dollars doit toujours être lue avec le taux de change euro-dollar. Un dollar faible peut atténuer une partie de la progression une fois le prix converti en euros.
Des scénarios de marché évoqueraient encore une progression vers 4 700 à 4 900 dollars l’once à court terme, mais ces prévisions restent conditionnelles. Elles dépendraient de l’inflation américaine, des décisions de la Fed, de l’évolution du dollar et des tensions géopolitiques.
L’information principale reste claire : l’or profite aujourd’hui de la faiblesse du dollar et retrouve un niveau inédit depuis mai. La suite dépendra surtout du message envoyé par la Fed et de la capacité des marchés à retrouver, ou non, davantage de visibilité.


