Moins de 1 % du marché mondial de l’or serait aujourd’hui numérisé. Pourtant, le World Gold Council estime que ce segment pourrait receler jusqu’à 700 milliards de dollars de potentiel inexploité dans le secteur privé, si les principaux freins à son adoption étaient levés.

L’or numérique désigne des droits sur de l’or représentés sous forme digitale. Il peut s’agir, par exemple, d’un jeton numérique (token) lié à une quantité déterminée de métal, ou d’une fraction d’or physique conservée dans un coffre par un prestataire. L’objectif est de rendre l’achat, la détention et parfois l’échange d’or plus accessibles, notamment pour de petits montants.

Un marché encore très minoritaire

Le marché mondial de l’or physique est évalué à environ 13 000 milliards de dollars. Face à cette masse, les formes numériques d’or représenteraient actuellement moins de 1 % du total.

Cette faible part montre l’ampleur de la marge de progression envisagée par le World Gold Council. Son estimation de 700 milliards de dollars ne constitue toutefois pas une prévision certaine de collecte ou de valorisation : elle correspondrait à un potentiel qui pourrait être libéré si les conditions d’adoption devenaient plus favorables.

Deux obstacles ressortent : l’encadrement réglementaire et la confiance. Pour un épargnant, la question centrale reste simple : l’or annoncé existe-t-il réellement, où est-il conservé et qui en est juridiquement propriétaire ?

La confiance, condition déterminante

Un produit d’or numérique ne procure pas automatiquement les mêmes garanties que des pièces ou des lingots détenus directement. L’investisseur doit distinguer l’or physique alloué de l’or non alloué.

L’or alloué correspond à des lingots ou à une quantité de métal identifiée et conservée pour le client. L’or non alloué constitue plutôt une créance sur un intermédiaire : le client dépend alors de sa solidité financière et de sa capacité à livrer le métal.

Avant tout achat, il convient donc de vérifier les conditions de garde, les audits des réserves, l’assurance, les frais, les possibilités de livraison physique et le cadre juridique applicable. La technologie utilisée, y compris la blockchain lorsqu’elle est présente, ne remplace pas ces vérifications.

Jusqu’à 95 milliards de dollars de nouveaux flux d’ici 2031 ?

Une estimation relayée par IDN Financials indique que l’or numérique pourrait attirer 95 milliards de dollars de nouveaux capitaux vers l’investissement en lingots d’ici à 2031. Cette projection dépendrait elle aussi de la capacité des fournisseurs à démontrer la sécurité, la transparence et la réalité de l’or sous-jacent.

Pour les investisseurs belges et européens, la numérisation pourrait simplifier l’accès à de très petites fractions d’or. Elle ne supprime cependant ni le risque lié au prestataire ni les règles fiscales et réglementaires. La détention directe de pièces ou de lingots reste, de son côté, une solution sans dépendance à une plateforme numérique, mais implique l’organisation du stockage et de l’assurance.

L’or numérique pourrait donc élargir l’accès au métal précieux, sans effacer la règle essentielle : la valeur d’un titre numérique dépend avant tout de la qualité, de la disponibilité et de la propriété vérifiable de l’or physique qu’il prétend représenter.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

Prix de l’Or aide tous ceux et celles qui s’intéressent à l’économie et à la préservation de leur capital à décrypter l’actualité mondiale et son impact sur la valeur de l’or grâce à une analyse factuelle et pédagogique. Prix de l’or – Une information en Or

INFORMER VOUS

Exit mobile version