4 100 dollars l’once : le seuil psychologique a été franchi par l’or au début de juillet, dans le sillage d’un net ralentissement du marché du travail américain. Le mouvement s’est produit le 2 juillet 2026, après la publication de chiffres de l’emploi non agricole aux États-Unis très inférieurs aux prévisions.
L’or profite d’un mauvais signal venu de l’emploi américain
Le cours de l’or a dépassé les 4 100 dollars l’once. Une once, dans le marché de l’or, désigne l’once troy, l’unité internationale de référence, équivalente à environ 31,1 grammes.
Le déclencheur principal vient des États-Unis. Le rapport NFP de juin 2026, publié le 2 juillet par l’US Bureau of Labor Statistics, a montré seulement 49 000 créations d’emplois non agricoles, contre 107 000 attendues. Le NFP, pour Non-Farm Payrolls, mesure les emplois créés hors secteur agricole. C’est l’un des indicateurs les plus suivis par les marchés, car il donne une indication directe sur la vigueur de l’économie américaine.
Les deux mois précédents ont aussi été révisés à la baisse, avec 74 000 emplois de moins que précédemment estimé. Le taux de chômage est tombé à 4,2 %, mais cette baisse doit être nuancée : le taux d’activité, c’est-à-dire la part des personnes en emploi ou cherchant un emploi, a reculé à 61,5 %.
Le dollar recule, l’or avance
Ces chiffres ont provoqué une vague de ventes sur le dollar. Pour l’or, c’est un facteur important. Le métal jaune est coté principalement en dollars sur les marchés internationaux. Quand le billet vert baisse, l’or devient moins cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises, comme l’euro. Cela peut soutenir la demande.
Autre élément décisif : les anticipations de taux d’intérêt. Des statistiques d’emploi faibles réduisent la probabilité de nouvelles hausses de taux par la Réserve fédérale américaine, la Fed. Les taux d’intérêt représentent le coût de l’argent. Quand ils montent, les placements rémunérés comme les obligations deviennent plus attractifs. L’or, lui, ne verse ni intérêt ni dividende. À l’inverse, quand les marchés anticipent des taux plus bas ou moins de hausses de taux, l’or retrouve souvent de l’attrait.
La progression des salaires, à 3,5 % en rythme nominal, reste également un point surveillé. En termes réels, c’est-à-dire une fois l’inflation prise en compte, elle ressortirait négative à -0,7 %. Cela peut peser sur la consommation américaine, moteur central de la première économie mondiale.
Un seuil important pour les investisseurs européens
Le franchissement des 4 100 dollars est d’abord un signal psychologique. Les seuils ronds attirent l’attention des investisseurs, des fonds et des traders. Ils servent souvent de repères pour acheter, vendre ou placer des ordres automatiques.
Pour un épargnant belge ou européen, l’évolution du cours en dollars ne suffit toutefois pas. Le prix réel d’un achat ou d’une vente dépend aussi du taux de change euro-dollar, des primes appliquées aux pièces et lingots, ainsi que des frais éventuels. La prime désigne l’écart entre le prix du métal contenu dans un produit et son prix de vente final. Elle varie selon la demande, la disponibilité et le type de produit.
Dans le cas actuel, la hausse de l’or traduit surtout une révision des attentes économiques américaines. Le marché semble intégrer un scénario moins favorable pour l’emploi, donc moins favorable au dollar et aux taux élevés. C’est ce qui soutient le métal jaune.
Les banques centrales resteraient un soutien de fond
Au-delà de la réaction immédiate aux chiffres américains, la demande des banques centrales continuerait de soutenir l’or. Ces institutions achètent du métal jaune pour diversifier leurs réserves et réduire leur dépendance à certaines devises, notamment le dollar.
Des tensions géopolitiques autour du détroit d’Hormuz auraient aussi contribué à maintenir un environnement incertain. Dans ce contexte, l’or conserve son statut de valeur refuge. Une valeur refuge est un actif recherché lorsque les investisseurs veulent protéger leur capital face aux risques économiques, monétaires ou géopolitiques.
Le cours aurait même approché 4 200 dollars avant de revenir vers 4 150 dollars le 6 juillet. Cette information reste à considérer avec prudence, car elle relève d’analyses de marché récentes et non d’une tendance définitivement confirmée.
Une correction à court terme reste possible
Après une hausse rapide, une phase de respiration peut intervenir. Des analystes techniques estiment que la zone 4 180-4 200 dollars pourrait former une résistance. Une résistance est un niveau de prix où les vendeurs deviennent plus nombreux et freinent la progression.
À l’inverse, le seuil de 4 100 dollars pourrait désormais servir de support psychologique. Un support est un niveau où les acheteurs peuvent revenir sur le marché. En cas de cassure, une zone autour de 4 020-4 050 dollars pourrait être surveillée.
Ces éléments techniques ne changent pas le moteur principal du moment : l’or a franchi 4 100 dollars parce que les chiffres de l’emploi américain ont affaibli le dollar et réduit les anticipations de hausse des taux. La suite dépendra des prochains indicateurs américains, de la réaction de la Fed et de la capacité du marché de l’emploi à se stabiliser.


