Alors que l’année 2025 a été marquée par des sommets historiques pour le métal jaune, 2026 s’ouvre sur une nouvelle dynamique haussière, alimentée par les tensions politiques américaines. Face à cette valorisation croissante, la question de la sécurisation et de l’assurance des avoirs physiques devient centrale pour les épargnants européens.
Le métal jaune continue de fasciner et de jouer son rôle de valeur refuge par excellence. En ce milieu du mois de janvier 2026, les marchés financiers assistent à une nouvelle envolée des cours, confirmant que la tendance de l’année précédente n’était pas un épiphénomène. Si les causes sont multiples, l’instabilité politique outre-Atlantique semble jouer un rôle de catalyseur immédiat.
L’effet Trump et la politique monétaire
Le mardi 13 janvier, le cours de l’or a connu une brusque accélération. Ce mouvement fait suite à une attaque virulente de Donald Trump à l’encontre de la politique menée par la Réserve Fédérale américaine (Fed). Ces tensions entre l’exécutif (ou l’ex-exécutif influent) et l’institution monétaire créent un climat d’incertitude qui profite traditionnellement aux actifs tangibles.
Cette poussée s’inscrit dans la continuité d’une année 2025 qualifiée d’année « de tous les records ». Les analystes s’accordent à dire que la performance de l’or surpasse désormais celle des actions traditionnelles et même celle du bitcoin, renforçant son statut d’actif incontournable dans un portefeuille diversifié. Laurent Schwartz, intervenant sur BFM Business ce même 13 janvier, a d’ailleurs confirmé ces perspectives optimistes pour les années 2025 et 2026, soulignant la robustesse de la tendance de fond. Déjà en novembre dernier sur TV5 Monde, l’expert anticipait cette reprise à la hausse.
La ruée vers l’argent et le « phénomène » alsacien
L’or n’est pas le seul métal précieux à tirer son épingle du jeu. Un récent reportage de France 2 mettait en lumière l’argent métal, qualifié de « métal qui vaut de l’or ». Ce regain d’intérêt pour les métaux précieux touche l’ensemble du territoire, et parfois de manière spectaculaire. Le média L’ADN rapportait fin décembre un véritable phénomène de « fièvre de l’or » en Alsace, témoignant de l’appétit grandissant des Français pour la détention physique de métaux précieux face à l’inflation et aux incertitudes économiques.
Sécuriser son patrimoine : le casse-tête de l’assurance
Avec la valorisation croissante des lingots et des pièces, la question de la protection contre le vol devient cruciale. Cependant, assurer de l’or physique détenu à domicile s’avère complexe. Contrairement aux idées reçues, l’indemnisation en cas de vol ne se base pas uniquement sur le cours du jour.
Les assureurs imposent des conditions de plus en plus drastiques. Pour espérer être couvert, le détenteur doit souvent avoir effectué une déclaration préalable de ses avoirs. De plus, la simple détention ne suffit pas : l’installation d’un coffre-fort spécifique, répondant à des normes de sécurité précises (norme EN 1143-1 par exemple), est fréquemment exigée. Enfin, en cas de sinistre, l’assuré doit fournir des preuves formelles de la possession et de la valeur, telles que des factures d’achat nominatives ou des photos datées. Sans ces éléments, le remboursement peut être partiel, voire refusé.
Or alloué ou non-alloué : comprendre la différence
Face aux contraintes du stockage à domicile, de nombreux investisseurs se tournent vers la garde en coffre professionnel. C’est ici qu’intervient une distinction fondamentale rappelée ce 15 janvier par les experts du secteur : la différence entre l’or « alloué » et l’or « non-alloué ».
- L’or alloué (Allocated) : L’investisseur est propriétaire de barres ou de pièces physiques spécifiques, identifiables par un numéro de série. L’or est physiquement présent dans le coffre et appartient juridiquement au client. En cas de faillite de l’intermédiaire, l’or ne peut être saisi par les créanciers.
- L’or non-alloué (Unallocated) : Il s’agit d’une créance sur la banque ou l’organisme stockeur. L’investisseur possède une quantité d’or théorique, mais pas de lingot spécifique. C’est le mode de détention le plus courant dans le système bancaire traditionnel, mais il expose l’épargnant à un risque de contrepartie en cas de défaillance de l’établissement.
Alors que 2026 s’annonce comme une année charnière pour les métaux précieux, la vigilance est de mise. Si le potentiel de plus-value attire, la sécurisation juridique et physique de cet investissement reste la clé de voûte d’une stratégie patrimoniale réussie.



