Alors que les métaux précieux sortent d’une année 2025 historique et que les analystes scrutent de nouveaux records pour 2026, la détention d’or physique reste un sujet délicat. Entre performance financière éclatante et silence social, décryptage d’une valeur refuge qui ne se montre pas.
C’est un chiffre qui surprend par son ampleur : plus de 8 millions de Français possèdent de l’or, que ce soit sous forme de bijoux, de pièces ou de lingots. Pourtant, ce placement, ancré dans la culture patrimoniale européenne, reste largement inavoué. Selon une récente analyse sociologique publiée ce 12 janvier, le sujet demeure tabou au sein même des familles. Les raisons invoquées sont multiples : peur du jugement, crainte du vol, incertitude quant à la légitimité économique de cet actif ou encore le poids de mémoires familiales parfois difficiles.
Cette discrétion contraste fortement avec l’agitation qui règne sur les marchés financiers. L’or, loin d’être une relique barbare, s’impose plus que jamais comme un pilier de la stratégie patrimoniale en ce début d’année 2026.
Une performance qui défie la concurrence
Si le silence est de mise dans les salons, les chiffres, eux, sont éloquents. L’année 2025 s’est achevée sur un bilan exceptionnel pour les métaux précieux. D’après une analyse de Nicolas Compard pour Gold.fr, l’or a affiché une performance supérieure à celle des actions traditionnelles et même du bitcoin sur l’année écoulée.
Ce dynamisme ne concerne pas uniquement le métal jaune. L’argent métal a connu une ascension fulgurante, le cours de l’argent ayant augmenté de 70 % en 2025, battant tous les records précédents. Ces mouvements haussiers s’expliquent généralement par une recherche de sécurité face aux incertitudes économiques et géopolitiques, l’or jouant son rôle traditionnel de « valeur refuge ».
Note pédagogique : Une valeur refuge est un investissement dont la valeur est censée se maintenir ou augmenter en période de crise économique ou d’instabilité des marchés, offrant ainsi une protection au capital de l’investisseur.
Les regards se tournent désormais vers l’avenir. Une analyse publiée le 8 janvier s’interroge déjà : l’année 2026 battra-t-elle les records de 2025 ? La tendance de fond semble se maintenir, soutenue par une demande physique et institutionnelle robuste. Laurent Schwartz, dirigeant du Comptoir National de l’Or, a d’ailleurs multiplié les interventions médiatiques fin 2025, notamment sur BFM Business et TV5 Monde, pour analyser cette reprise à la hausse et la résilience du cours.
Investir avec prudence : gare au « tout ou rien »
Face à cette euphorie des marchés, la tentation peut être grande pour les épargnants de modifier radicalement leur allocation d’actifs. Cependant, la prudence reste de mise. Un article conseil publié ce 12 janvier rappelle pourquoi la stratégie de « tout vendre pour l’or » est rarement conseillée.
Une gestion de patrimoine saine repose sur la diversification. Si l’or permet de protéger le pouvoir d’achat et de hedger (couvrir) un portefeuille contre l’inflation ou les krachs boursiers, il ne doit pas constituer l’intégralité de l’épargne. Les experts recommandent généralement de détenir entre 5 % et 15 % de son patrimoine en métaux précieux, afin de lisser les risques sans s’exposer excessivement à la volatilité d’un seul actif.
Un engouement populaire qui se confirme
Au-delà des graphiques boursiers, l’intérêt pour le métal jaune se manifeste concrètement dans les régions. En Alsace, le média L’ADN rapportait fin décembre un véritable phénomène de « fièvre de l’or », témoignant d’un regain d’intérêt local pour la prospection et l’achat.
Sur le plan commercial, les acteurs du secteur n’hésitent plus à démocratiser l’accès au métal précieux. Le Comptoir National de l’Or, dont le succès et l’histoire ont été soulignés par le magazine Challenges en novembre dernier, organise par exemple des opérations grand public. Leur concours « Galette des Rois », mettant en jeu un lingotin, suscite un intérêt médiatique notable en ce début janvier 2026. Avec plus de 100 comptoirs recensés et 800 000 clients servis depuis sa création, l’enseigne témoigne de la vitalité de ce marché physique.
En somme, l’or en 2026 navigue entre deux eaux : il est à la fois un actif financier ultra-performant, capable de surclasser les placements modernes, et un trésor caché au fond des armoires, symbole d’une transmission patrimoniale que l’on préfère taire. Un paradoxe qui ne semble pas près de s’éteindre tant que l’incertitude économique perdurera.



