Près de 5 % de baisse pour le pétrole brut : ce mouvement suffit à changer l’ambiance sur les marchés. Le 16 juin 2026, l’or et l’argent progressent tandis que les investisseurs attendent les prochaines décisions de la Réserve fédérale américaine, la Fed, la banque centrale des États-Unis.
Le prix de l’or s’établit à 4.325,60 dollars l’once. Une once, dans le marché de l’or, désigne l’once troy, soit environ 31,1 grammes. Le métal jaune reste en retrait de son sommet du 29 janvier 2026, à 5.595,42 dollars l’once, mais sa réaction du jour confirme son rôle d’actif sensible aux taux d’intérêt, au dollar et aux tensions géopolitiques.
L’argent, autre métal précieux très suivi, gagne aussi du terrain. Contrairement à l’or, il a une double nature : il sert à la fois de réserve de valeur et de métal industriel, notamment dans l’électronique et le solaire.
Le pétrole recule après l’accord entre Washington et Téhéran
Le déclencheur vient du Moyen-Orient. Le 15 juin, les États-Unis et l’Iran ont conclu un accord provisoire visant à prolonger le cessez-le-feu de 60 jours et à rouvrir le détroit d’Ormuz. Ce passage maritime est stratégique : une part importante du pétrole mondial y transite.
L’accord prévoit aussi la poursuite des discussions sur le dossier nucléaire iranien et sur la levée des sanctions. Le protocole a été négocié par le Pakistan et doit encore être formalisé en Suisse.
La conséquence a été immédiate sur l’énergie. Le Brent, référence européenne du pétrole brut, est passé sous 83 dollars le baril. Un baril équivaut à environ 159 litres. Cette baisse réduit les craintes de flambée des coûts de l’énergie.
Pourquoi l’or monte quand le pétrole baisse
À première vue, la hausse de l’or alors que le risque géopolitique diminue peut surprendre. En période de crise, l’or est souvent recherché comme valeur refuge, c’est-à-dire comme actif jugé plus résistant lorsque les marchés deviennent instables.
Mais cette fois, le moteur principal vient des taux d’intérêt. La baisse du pétrole allège les anticipations d’inflation. L’inflation désigne la hausse générale des prix. Si l’énergie coûte moins cher, les marchés peuvent anticiper une pression plus faible sur les prix à venir.
Cela réduit la probabilité que la Fed relève ses taux. Or des taux plus bas, ou moins élevés que prévu, sont généralement favorables à l’or. Le métal jaune ne verse pas d’intérêt. Quand les obligations rapportent davantage, elles concurrencent l’or. Quand leurs rendements baissent, cette concurrence diminue.
Les rendements des bons du Trésor américain ont reculé. Ces bons sont des titres de dette émis par l’État américain. Leur rendement sert de repère mondial pour de nombreux placements.
La Fed devient le principal point d’attention
Les marchés surveillent désormais la prochaine décision de la Fed. Selon l’outil FedWatch de CME, les paris sur une hausse des taux dès octobre 2026 sont tombés à leur plus bas niveau du mois, avec une probabilité inférieure à 50 %. Les anticipations pour décembre sont revenues autour de 50 %.
Pour les investisseurs en or, cette donnée est essentielle. Une Fed moins restrictive peut peser sur le dollar et soutenir les métaux précieux. L’or étant coté en dollars, un billet vert plus faible rend son achat moins coûteux pour les investisseurs utilisant d’autres devises, notamment l’euro.
Pour un épargnant belge ou européen, le prix en dollars ne suffit donc pas. Le taux de change euro-dollar influence directement le prix final en euros, en plus des primes appliquées aux pièces et lingots. La prime correspond à l’écart entre le prix du métal contenu dans le produit et son prix réel d’achat ou de vente.
Les marchés boursiers profitent aussi de la détente
La détente géopolitique a également soutenu les actions asiatiques. Le 15 juin, le Nikkei 225 japonais a gagné 5 %, tandis que le Kospi sud-coréen a progressé de 5,7 %. Le Nikkei 225 est le principal indice boursier japonais. Le Kospi est l’indice de référence de la Bourse sud-coréenne.
Les investisseurs ont aussi intégré les attentes autour de la Banque du Japon. Une hausse de son taux directeur à 1 % est anticipée par une partie du marché. Le taux directeur est le taux fixé par une banque centrale pour orienter le coût du crédit dans l’économie.
Aux États-Unis, le moral des ménages s’est amélioré en juin. L’indice de sentiment de l’Université du Michigan est remonté à 48,9 points, contre 44,8 en mai. Cette enquête mesure la confiance des consommateurs. Elle donne des indications sur la consommation future, moteur important de l’économie américaine.
Ce que cette séance dit aux acheteurs d’or
La séance du 16 juin rappelle que l’or ne réagit pas seulement aux crises. Il réagit aussi aux taux réels, c’est-à-dire aux taux d’intérêt corrigés de l’inflation. Quand les investisseurs estiment que l’inflation va ralentir et que la Fed pourrait être moins agressive, l’or peut bénéficier d’un environnement plus favorable.
L’argent suit le mouvement, mais avec une volatilité souvent plus forte. La volatilité désigne l’ampleur des variations de prix. Elle peut créer des opportunités, mais aussi augmenter le risque de perte à court terme.
Le signal du jour est clair : la baisse du pétrole réduit la pression sur les banques centrales et redonne de l’air aux métaux précieux. La prochaine étape dépendra du message de la Fed : maintien d’une ligne dure contre l’inflation, ou ouverture vers une politique monétaire plus souple.



