L’or et l’argent ont repris de la hauteur jeudi 16 juillet 2026, portés par un signal venu des États-Unis : l’inflation de juin apaise les craintes d’un nouveau tour de vis monétaire. Pour les investisseurs européens, ce mouvement confirme un mécanisme clé du marché des métaux précieux : quand les taux américains semblent moins menaçants, l’or et l’argent redeviennent plus attractifs.
L’inflation américaine change le ton du marché
Les prix de l’or et de l’argent ont grimpé après la publication des données d’inflation de juin aux États-Unis. L’inflation désigne la hausse générale des prix. Elle est souvent mesurée par l’indice des prix à la consommation, qui suit l’évolution du coût d’un panier de biens et services.
Ces chiffres ont refroidi les anticipations de nouvelles hausses de taux par la Réserve fédérale américaine, la Fed. La Fed est la banque centrale des États-Unis. Elle fixe notamment ses taux directeurs, c’est-à-dire le coût auquel les banques se financent à court terme. Ces taux influencent ensuite les crédits, les obligations, les devises et les actifs financiers dans le monde entier.
Le lien avec l’or est direct. L’or ne verse ni intérêt ni dividende. Il est donc qualifié d’actif « sans rendement ». Quand les taux montent, les placements rémunérés, comme certaines obligations, deviennent plus compétitifs. Quand la perspective de hausse des taux recule, le coût d’opportunité de détenir de l’or diminue.
Pourquoi l’or profite d’une Fed moins offensive
La réaction du marché repose sur une idée simple : une inflation moins persistante donne à la Fed moins de raisons de durcir sa politique monétaire. Une politique monétaire restrictive consiste à relever les taux ou à maintenir des conditions financières serrées afin de ralentir l’économie et de freiner les prix.
À la mi-juin, les marchés avaient encore intégré un message plus ferme de la Fed. Lors de la réunion du comité de politique monétaire du 17 juin à Washington, les investisseurs s’attendaient à des taux maintenus dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 %, mais avec une communication plus « faucon ». Ce terme désigne une banque centrale favorable à des taux élevés pour combattre l’inflation.
Cette posture avait alimenté l’idée de taux plus hauts plus longtemps, voire d’une hausse supplémentaire avant la fin de l’année. Le ton de la première conférence de presse du nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, avait donc été particulièrement surveillé par les marchés.
Le chiffre d’inflation de juin modifie cette lecture. Il ne signifie pas nécessairement un changement immédiat de cap, mais il réduit la pression en faveur d’un nouveau relèvement des taux. Pour l’or, ce contexte est favorable.
L’argent rebondit aussi, mais reste plus volatil
L’argent a également progressé. Son comportement diffère toutefois de celui de l’or. L’argent est à la fois un métal précieux et un métal industriel. Il est utilisé dans l’électronique, les panneaux solaires, les véhicules électriques et certaines infrastructures liées à l’intelligence artificielle.
Cette double nature rend son cours plus sensible aux cycles économiques. Le 18 juin, les contrats à terme sur l’argent pour livraison en juillet avaient chuté de plus de 6 % après un message jugé ferme de la Fed. Un contrat à terme est un engagement d’acheter ou de vendre un actif à une date future et à un prix fixé à l’avance. Ces produits sont très utilisés par les professionnels pour se couvrir ou spéculer.
La baisse de juin illustrait le poids des rendements réels. Un rendement réel correspond au rendement d’un placement une fois l’inflation déduite. Plus il est élevé, plus les actifs rémunérés concurrencent l’or et l’argent.
Le rebond du 16 juillet montre donc que l’argent reste très réactif aux anticipations de taux, même lorsque la demande industrielle demeure solide.
Un signal important pour les investisseurs en Europe
Pour les épargnants belges et francophones, la Fed reste un acteur central, même si l’achat d’or se fait souvent en euros. Les décisions américaines influencent le dollar, les taux mondiaux et l’appétit pour le risque. Or, l’or est coté internationalement en dollars. Une variation du billet vert peut donc amplifier ou atténuer le mouvement observé en euros.
La hausse du 16 juillet ne constitue pas, à elle seule, un signal définitif d’achat ou de vente. Elle confirme surtout que les métaux précieux restent dépendants de trois facteurs : l’inflation, les taux réels et les attentes de politique monétaire.
Si les prochains chiffres confirment un ralentissement durable de l’inflation américaine, l’or et l’argent pourraient conserver un soutien important. À l’inverse, une reprise des tensions sur les prix redonnerait de la force au scénario de taux élevés, moins favorable aux métaux précieux.



