Près de 1 440 dollars l’once : le prix de l’or marque une pause après son récent rebond. Le mouvement intervient aux États-Unis, où les investisseurs surveillent de près les signaux envoyés par Donald Trump et par la Réserve fédérale américaine, la Fed, sur l’inflation et les taux d’intérêt.

L’or se stabilise après une baisse récente

Le cours de l’or reste proche de 1 440 dollars l’once après avoir rebondi. L’once, unité de référence sur les marchés de l’or, correspond à environ 31,1 grammes.

Cette stabilité fait suite à une période plus agitée. Le métal jaune avait récemment reculé jusqu’à un plus bas de près de deux semaines. La raison principale : une posture jugée plus restrictive du président de la Fed.

Une politique monétaire restrictive signifie que la banque centrale maintient des taux d’intérêt élevés, ou laisse entendre qu’elle pourrait le faire. Pour l’or, c’est souvent un frein. Le métal précieux ne verse pas d’intérêt, contrairement aux obligations ou à certains produits de trésorerie. Quand les taux montent, une partie des investisseurs privilégie donc les placements rémunérés.

Trump et la Fed apaisent les craintes d’inflation

Le rebond de l’or a été soutenu par des communications publiques venues de Donald Trump et de la Fed. Leur tonalité a rassuré les marchés sur l’évolution de l’inflation américaine.

L’inflation désigne la hausse générale des prix. Elle est centrale pour l’or, car elle influence directement les décisions de la Fed. Si l’inflation accélère, la banque centrale peut maintenir des taux élevés pour freiner l’économie. Si elle ralentit, les marchés anticipent davantage de souplesse monétaire.

C’est ce mécanisme qui explique la réaction du marché. L’or profite généralement d’un environnement où les taux réels, c’est-à-dire les taux corrigés de l’inflation, cessent de monter.

Le chiffre américain des prix reste décisif

Les investisseurs gardent aussi en ligne de mire l’indice des prix à la consommation américain, ou CPI. Cet indicateur mesure l’évolution du coût d’un panier de biens et de services pour les ménages.

Pour juillet, le CPI américain était attendu à 3,4 % sur un an. Ce chiffre est important, car il peut influencer la réunion de la Fed en septembre. Une inflation supérieure aux attentes renforcerait l’idée de taux durablement élevés. Une inflation plus faible donnerait au contraire de l’air à l’or.

Pour les épargnants européens et belges, la lecture doit aussi intégrer le taux de change euro-dollar. L’or étant coté en dollars sur les marchés internationaux, une variation du dollar peut amplifier ou atténuer le mouvement du prix en euros.

Un marché encore dépendant des banques centrales

À court terme, le marché de l’or reste donc pris entre deux forces. D’un côté, les craintes d’inflation et les tensions économiques soutiennent son rôle de valeur refuge. De l’autre, des taux américains élevés limitent son attrait financier.

La stabilisation près de 1 440 dollars montre que les investisseurs ne tranchent pas encore clairement. Le prochain signal d’inflation américaine pourrait donner la direction. Pour l’instant, l’or conserve son rebond, mais reste suspendu aux mots de la Fed et aux données de prix.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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