1,95 milliard de dollars. C’est la contrepartie que Newmont doit verser à Barrick dans le cadre d’un accord annoncé le 10 août 2026 autour de Nevada Gold Mines, leur coentreprise aurifère située aux États-Unis.
Newmont et Barrick règlent leur différend au Nevada
Newmont Corporation et Barrick Mining Corporation ont conclu un accord concernant Nevada Gold Mines, leur coentreprise dans l’or au Nevada. Une coentreprise, ou joint venture, désigne une structure détenue par plusieurs sociétés pour exploiter ensemble des actifs, partager les coûts et répartir les bénéfices.
L’accord prévoit l’apport de propriétés jusque-là exclues de Nevada Gold Mines. Barrick doit y intégrer Fourmile. Newmont doit y apporter les développements Fiberline et Mike.
En échange, Newmont versera une contrepartie de 1,95 milliard de dollars à Barrick. Cette contrepartie correspond à un paiement ou à une compensation financière destinée à équilibrer la valeur des actifs et des droits apportés à la coentreprise.
L’enjeu principal est clair : mettre fin aux différends en suspens et stabiliser la gouvernance de Nevada Gold Mines.
Des actifs intégrés pour moderniser la coentreprise
L’accord ne se limite pas à un transfert d’actifs. Il comprend aussi une modernisation des règles de gouvernance de la coentreprise. La gouvernance désigne l’ensemble des règles qui organisent la prise de décision : gestion opérationnelle, contrôle des investissements, responsabilités des partenaires et arbitrage des désaccords.
Newmont et Barrick indiquent vouloir maximiser la valeur de Nevada Gold Mines, améliorer la sécurité et renforcer les performances opérationnelles. Dans une mine d’or, la performance dépend notamment de la teneur du minerai, des volumes extraits, des coûts d’énergie, de main-d’œuvre et de traitement, ainsi que de la capacité à maintenir une production régulière.
L’intégration de Fourmile, Fiberline et Mike vise donc à élargir le périmètre de la coentreprise et à mieux aligner les intérêts des deux partenaires.
Un accord qui débloque le projet boursier de Barrick
Autre point important : l’accord permet à Newmont de consentir au projet d’introduction en Bourse des actifs aurifères nord-américains de Barrick. Une introduction en Bourse, ou IPO, consiste à coter une société ou un ensemble d’actifs sur un marché financier afin de vendre des actions à des investisseurs.
Ce consentement était un élément sensible. Avant cet accord, les différends entre Newmont et Barrick compliquaient les décisions de gestion de la coentreprise et pesaient sur le calendrier du projet de Barrick.
En février 2026, Newmont avait adressé à Barrick un avis de défaut. Il s’agissait d’une notification contractuelle liée à des préoccupations sur la gestion, la performance de Nevada Gold Mines et le projet d’introduction en Bourse de Barrick en Amérique du Nord. Les discussions s’étaient poursuivies au printemps et au début de l’été, avec des divergences juridiques, techniques et commerciales encore ouvertes en juillet.
L’accord du 10 août clôt désormais ces litiges liés à la coentreprise.
Pourquoi ce dossier compte pour le marché de l’or
Pour les investisseurs européens et belges, l’information ne concerne pas seulement deux grands groupes miniers. Elle touche aussi à la chaîne de production de l’or physique.
Lorsque de grands producteurs règlent un conflit opérationnel, plusieurs effets peuvent suivre : meilleure visibilité sur la production, réduction des risques de gouvernance, décisions d’investissement plus rapides et communication financière plus lisible. Ces éléments peuvent influencer la valorisation des actions minières, qui ne réagissent pas seulement au prix de l’or, mais aussi aux coûts, aux réserves et à la qualité de gestion.
Le contexte est favorable à Newmont. Fin juillet, le groupe avait publié un flux de trésorerie disponible record de 2,2 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026. Le flux de trésorerie disponible, ou free cash flow, correspond à l’argent restant après les dépenses nécessaires à l’activité et aux investissements. Il sert notamment à réduire la dette, financer des projets, verser des dividendes ou racheter des actions.
Newmont avait aussi indiqué un prix moyen réalisé de l’or de 4.414 dollars l’once, en hausse de 33 %. L’once utilisée pour l’or est l’once troy, unité de référence du marché des métaux précieux, équivalente à environ 31,1 grammes.
Le groupe avait enfin fait état de coûts de maintien tout compris, ou all-in sustaining costs, à 1.621 dollars l’once. Cet indicateur mesure le coût global nécessaire pour produire une once d’or en maintenant l’activité minière dans la durée.
La suite dépendra de l’exécution
L’accord entre Newmont et Barrick règle une incertitude importante autour de Nevada Gold Mines. Il apporte des actifs supplémentaires, une gouvernance renforcée et un cadre plus clair pour le projet boursier nord-américain de Barrick.
La prochaine étape se jouera dans l’exécution : capacité à améliorer la sécurité, à maintenir les coûts sous contrôle et à convertir l’accord juridique en performance minière durable.
Pour le marché de l’or, le message est simple : dans un environnement de prix élevés, la qualité de gestion des grands gisements devient aussi stratégique que le métal lui-même.



