Alors que le secteur minier entame l’année 2026 sur les chapeaux de roues, les regards des investisseurs se tournent vers l’Alaska. U.S. GoldMining s’apprête à publier une évaluation économique préliminaire (PEA) décisive pour son projet Whistler, portée par un climat politique favorable et des cours des métaux soutenus. Tour d’horizon d’une industrie en pleine effervescence, entre Amérique du Nord et Afrique de l’Ouest.
L’industrie minière connaît une accélération notable en ce début de février 2026. Au cœur de cette dynamique, la juridiction américaine, et plus particulièrement l’Alaska, attire l’attention des marchés. Ce mardi 10 février, Tim Smith, PDG de U.S. GoldMining, a détaillé la feuille de route de l’entreprise lors d’une interview accordée à Commodity-TV. L’annonce imminente de l’évaluation économique préliminaire (PEA) pour le projet Whistler marque une étape clé dans la valorisation de cet actif mêlant or et cuivre.
L’effet Trump et le renouveau des infrastructures en Alaska
Le contexte politique joue un rôle prépondérant dans cette stratégie. Tim Smith a souligné l’importance du soutien politique actuel pour l’exploitation minière en Alaska, citant notamment un décret exécutif signé par Donald Trump. Ce signal fort de l’exécutif américain vise à sécuriser l’approvisionnement national en métaux critiques et précieux.
Outre le cadre légal, le développement des infrastructures régionales, en particulier l’amélioration du réseau routier, constitue un catalyseur majeur pour le projet Whistler. Ces avancées logistiques devraient réduire les coûts futurs d’exploitation et faciliter l’accès au site, rendant le projet plus attractif aux yeux des partenaires financiers.
Sur le plan technique, l’entreprise capitalise sur des fondations solides. Fin 2024, U.S. GoldMining avait déjà annoncé une augmentation de 117 % de ses ressources indiquées, atteignant 6,5 millions d’onces équivalent or. La PEA à venir servira à modéliser la rentabilité économique de ces ressources, en intégrant la composante cuivre, devenue stratégique pour la transition énergétique.
Note pédagogique : Une PEA (Preliminary Economic Assessment), ou Évaluation Économique Préliminaire, est une étude initiale qui détermine si un projet minier a le potentiel d’être viable économiquement. Elle offre une première estimation des coûts de construction et de la rentabilité future, agissant souvent comme un déclencheur pour le cours de l’action.
L’Ontario et l’Afrique de l’Ouest : Des résultats économiques probants
Si l’Alaska capte la lumière, le Canada n’est pas en reste. Le 6 février, Gold X2 Mining a créé la surprise en publiant une PEA très positive pour son projet aurifère Moss, en Ontario. L’entreprise annonce une Valeur Actuelle Nette (VAN) après impôts estimée entre 2,23 et 6,57 milliards de dollars, selon les scénarios de prix des métaux. Avec une production annuelle projetée de 265 000 onces d’or sur plus de 13 ans, ces chiffres valident la robustesse du secteur aurifère canadien.
En parallèle, l’Afrique de l’Ouest confirme son statut de terre d’opportunités. Fortuna Mining, opérant en Côte d’Ivoire, a annoncé le 30 janvier des investissements significatifs pour prolonger la durée de vie de sa mine de Séguéla et augmenter sa production en 2026. De son côté, Newcore Gold finalise son étude de préfaisabilité (PFS) pour le projet Enchi au Ghana, une étape attendue par les investisseurs institutionnels qui détiennent déjà 55 % du capital.
Consolidation et fusions-acquisitions : La course aux actifs stratégiques
Le début de l’année 2026 est également marqué par une vague de consolidation. Les entreprises cherchent à sécuriser des actifs de qualité avant une potentielle hausse plus marquée des cours.
- Expansion au Mexique : Sierra Madre Gold & Silver poursuit sa croissance inorganique. Après avoir débuté la production commerciale à La Guitarra, l’entreprise a officialisé début janvier l’acquisition de la mine d’argent Del Toro, renforçant sa position dans l’État de Zacatecas.
- Le Cuivre en ligne de mire : Vizsla Copper a récemment acquis le projet Palmer en Alaska, confirmant l’attrait de la région pour le cuivre et les minéraux critiques comme la baryte. Craig Parry, PDG de Vizsla, mise sur les déséquilibres entre l’offre et la demande pour valoriser ces nouveaux actifs.
Un afflux de capitaux pour soutenir l’exploration
Signe que la confiance revient sur les marchés, les levées de fonds se multiplient. Fin janvier, plusieurs acteurs majeurs comme Millennial Potash, IsoEnergy (uranium) et Premier American Uranium ont annoncé des financements totalisant plusieurs dizaines de millions de dollars canadiens. Ces capitaux frais sont essentiels pour financer les campagnes de forage et les études techniques nécessaires au passage en phase de production.
Pour l’investisseur européen ou belge, ces mouvements signalent un secteur en phase de maturation. Entre le soutien politique affiché aux États-Unis, les excellents résultats économiques en Ontario et la consolidation des acteurs au Mexique, l’année 2026 s’annonce charnière pour les métaux précieux et industriels.



