En ce mois de février 2026, le secteur minier connaît une dynamique exceptionnelle marquée par un cours de l’argent record et la concrétisation de projets majeurs. Alors que le métal gris dépasse la barre symbolique des 100 dollars, l’entreprise Discovery Silver annonce une transition réussie vers la production d’or, illustrant la bonne santé d’une industrie portée par une demande structurelle forte.
L’industrie minière nord-américaine entame l’année 2026 sous les meilleurs auspices. Entre des cours des métaux précieux atteignant des sommets historiques et des sociétés de développement qui parviennent enfin au stade de la production commerciale, les fondamentaux du secteur semblent s’aligner pour offrir des rendements significatifs aux investisseurs et sécuriser les chaînes d’approvisionnement occidentales.
La métamorphose réussie de Discovery Silver
C’est l’information majeure de ce 17 février 2026 : Discovery Silver Corp. a officiellement confirmé son changement de statut, passant de développeur de projets à celui de producteur générant des flux de trésorerie positifs. L’entreprise, qui a débuté la production d’or au complexe Porcupine en Ontario (Canada) en avril 2025, annonce aujourd’hui être libre de toute dette et disposer d’une trésorerie solide.
Cette réussite est le fruit d’une stratégie d’acquisition audacieuse menée un an plus tôt. En février 2025, Discovery Silver avait acquis ce complexe minier auprès du géant Newmont pour 425 millions de dollars. Une opération qui visait, selon la direction, à diversifier les actifs de la société. Le pari semble gagné : la production d’or canadienne finance désormais la croissance de l’entreprise, permettant de soutenir le développement de son projet phare d’argent, Cordero, situé au Mexique.
Ce modèle économique offre aux actionnaires une double exposition : la sécurité d’une production aurifère en juridiction stable (l’Ontario) et un levier important sur le cours de l’argent via le projet mexicain.
L’argent métal : un marché en surchauffe
L’optimisation du projet Cordero intervient dans un contexte de marché particulièrement favorable. Fin janvier 2026, le prix de l’once d’argent a franchi le seuil psychologique et historique des 100 dollars américains (USD).
Selon les analystes de Commodity-TV, cette flambée s’explique par une combinaison de facteurs : une demande industrielle insatiable (notamment pour le photovoltaïque et l’électronique), des tensions géopolitiques renforçant le rôle de valeur refuge du métal, et surtout un déficit structurel de l’offre. Le marché physique peine à répondre à la demande, créant une déconnexion avec le marché « papier » (contrats à terme). Cette situation laisse craindre, ou espérer pour les investisseurs, un potentiel « short squeeze ».
Comprendre le « Short Squeeze »
Un short squeeze (ou liquidation forcée des positions courtes) se produit lorsque des investisseurs ayant parié sur la baisse d’un actif (en le vendant à découvert) sont contraints de le racheter en urgence pour limiter leurs pertes face à une hausse brutale des prix. Ce mouvement de rachat massif amplifie alors mécaniquement la hausse du cours.
Cette tendance haussière profite déjà aux acteurs établis. Endeavour Silver a ainsi rapporté une année 2025 record avec une production de 6,49 millions d’onces d’argent, en hausse de 45 %. L’entrée en production commerciale de la mine Terronera au Mexique en octobre dernier permet à l’entreprise de projeter une croissance supplémentaire de 30 % pour 2026.
Nickel et métaux stratégiques : l’alternative canadienne
Au-delà des métaux précieux, les métaux industriels connaissent également des tensions vives. Le marché du nickel ferait face à un bouleversement majeur en ce début d’année 2026. Selon les informations relayées par Canada Nickel, l’Indonésie, premier producteur mondial, aurait réduit massivement sa production, provoquant une pénurie réelle et une envolée des prix.
Cette situation pourrait redessiner la carte mondiale des approvisionnements. Canada Nickel se positionne comme une alternative stratégique avec son projet Crawford en Ontario, mettant en avant de grandes réserves et une empreinte carbone faible, des critères désormais essentiels pour l’industrie automobile et la fabrication de batteries.
Une vague de développements et de financements
La bonne santé du secteur se reflète également dans la capacité des entreprises à lever des fonds et à publier des études économiques robustes.
- Gold X2 Mining a dévoilé le 6 février une Évaluation Économique Préliminaire (PEA) pour son projet Moss en Ontario, estimant la Valeur Actuelle Nette (VAN) du projet à plus de 2,2 milliards de dollars.
- U.S. GoldMining prépare activement la PEA de son projet Whistler en Alaska, bénéficiant d’un soutien politique local pour l’exploitation du cuivre et de l’or.
- Financements : De nombreuses sociétés d’exploration (Millennial Potash, IsoEnergy, Mogotes Metals) ont récemment annoncé des levées de fonds totalisant plusieurs dizaines de millions de dollars, signe du retour de la confiance des marchés de capitaux.
Ces mouvements confirment que l’année 2026 pourrait marquer un cycle vertueux pour l’industrie minière, où la rentabilité des producteurs finance l’exploration de demain, dans un contexte de prix des matières premières durablement élevés.



