Alors que la Réserve fédérale américaine a confirmé une baisse de ses taux directeurs et annoncé la reprise des achats de bons du Trésor, le cours de l’or marque une pause technique. Dans le même temps, l’argent métal atteint de nouveaux sommets historiques, dopé par son classement comme « minéral critique ».
Le métal jaune reprend son souffle. Ce jeudi 11 décembre 2025, l’or au comptant a enregistré un repli de 0,5 %, s’échangeant aux alentours de 4 207,49 dollars l’once. Ce mouvement correctif intervient paradoxalement après une décision de politique monétaire américaine qui, sur le papier, aurait dû soutenir les métaux précieux.
Pour les investisseurs européens et belges, habitués à une année 2025 exceptionnelle pour le secteur, cette baisse s’apparente au phénomène classique de « vente de la nouvelle » (sell the news).
La Fed réactive la planche à billets
La baisse du métal jaune ne remet pas en cause la tendance de fond, mais répond à une logique de marché à court terme. La Réserve fédérale américaine (Fed) a, comme l’anticipaient la majorité des analystes, réduit ses taux directeurs de 25 points de base.
Plus surprenant pour certains observateurs, la banque centrale a annoncé la reprise des achats de bons du Trésor. Le rythme initial est fixé à 40 milliards de dollars par mois. L’objectif affiché est clair : augmenter la liquidité du marché obligataire.
Mécaniquement, une baisse des taux et une injection de liquidités pèsent généralement sur le dollar et les rendements obligataires, rendant l’or (qui ne verse pas d’intérêts) plus attractif. Toutefois, le marché avait largement anticipé cette décision. Après une course effrénée ayant mené l’or au-delà des 4 200 dollars, de nombreux opérateurs ont choisi de sécuriser leurs gains.
Le saviez-vous ? : Les prises de bénéfices
En bourse, une « prise de bénéfices » survient lorsque les investisseurs vendent un actif qui a fortement monté pour concrétiser leurs gains en argent liquide. Cela peut provoquer une baisse temporaire du cours, même si les nouvelles économiques sont positives.
Une année 2025 historique pour les métaux précieux
Il convient de remettre ce repli journalier en perspective. L’année 2025 restera gravée comme un millésime exceptionnel pour l’or. Le 17 septembre dernier, les analystes du groupe bancaire ING soulignaient déjà que le métal avait progressé de plus de 40 % depuis le début de l’année.
À cette époque, l’or franchissait à peine la barre des 3 700 dollars l’once, un niveau qui semblait déjà vertigineux. Trois mois plus tard, le cours gravite 500 dollars plus haut. Cette flambée s’explique par un cocktail explosif : les politiques commerciales protectionnistes impulsées par Donald Trump et la persistance de conflits géopolitiques majeurs, incitant les banques centrales et les particuliers à se tourner vers les valeurs refuges.
L’incertitude politique aux États-Unis joue également un rôle clé. Le président Donald Trump a récemment indiqué avoir choisi un remplaçant à Jerome Powell pour la présidence de la Fed, sans toutefois officialiser son nom, bien que des rumeurs persistantes citées par Investing.com évoquent Kevin Hassett. Ce flou institutionnel continue de soutenir la demande de fond pour l’or.
L’argent métal : nouveau « minéral critique »
Si l’or consolide, c’est l’argent (Silver) qui capte aujourd’hui toute la lumière. Le « pauvre cousin » de l’or a atteint un record historique de 62,8895 dollars l’once ce jeudi, avant de légèrement refluer.
Ce bond spectaculaire ne doit rien au hasard. Outre l’effet d’entraînement du marché de l’or, l’argent bénéficie d’un catalyseur industriel majeur : il a été officiellement désigné comme « minéral critique » par le gouvernement américain. Cette classification reconnaît l’importance stratégique de l’argent dans les technologies de pointe et la transition énergétique (panneaux solaires, électronique), renforçant les craintes d’une pénurie de l’offre physique face à une demande industrielle vorace.
Dans le sillage des métaux industriels, le cuivre suit cette dynamique positive, les contrats à terme sur le London Metal Exchange ayant progressé de 0,4 % pour atteindre 11 608,45 dollars la tonne.
Ce qu’il faut retenir pour votre épargne
Pour l’investisseur particulier, la volatilité actuelle ne doit pas masquer les fondamentaux. La baisse des taux réels et la reprise des injections de liquidités par la Fed constituent historiquement un environnement très favorable aux métaux précieux.
Le repli de l’or sous les 4 210 dollars pourrait être perçu par certains comme un point d’entrée, tandis que l’argent métal semble entamer un nouveau cycle, porté par une reconnaissance officielle de sa rareté industrielle. Comme toujours, la diversification reste la clé de voûte de toute stratégie patrimoniale.



