Alors que le cours de l’or se maintient au-dessus des 4 200 dollars, la prudence domine les échanges. Entre tensions géopolitiques et faiblesse du billet vert, les investisseurs attendent la prochaine décision de la Réserve fédérale américaine, jugée cruciale pour la direction future du métal jaune.
C’est un calme précaire qui règne sur le marché des métaux précieux. Malgré une incursion récente vers un plus haut de six semaines à 4 264,29 dollars l’once, le cours de l’or reste bloqué sous la résistance technique des 4 260 dollars. Les opérateurs adoptent une posture d’attente, les yeux rivés sur la prochaine réunion du Comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale (Fed). Cette pause dans la dynamique haussière illustre la nervosité des marchés face à l’ajustement imminent des taux directeurs américains.
L’attente fébrile de la Réserve fédérale
Le principal moteur de cette hésitation réside dans les anticipations de politique monétaire. Selon les données du Tool FedWatch du CME, les marchés évaluent désormais à environ 90 % la probabilité d’une baisse des taux lors de la réunion à venir.
Pour l’investisseur, cet indicateur est capital. Historiquement, une baisse des taux d’intérêt réels tend à favoriser l’or. En effet, le métal jaune ne générant pas de rendement (comme des dividendes ou des coupons), il devient mécaniquement plus attractif lorsque les taux d’intérêt offerts par les obligations d’État diminuent. C’est ce qu’on appelle la baisse du « coût d’opportunité » de détention de l’or.
Toutefois, bien que l’assouplissement monétaire semble acquis, les investisseurs attendent la confirmation officielle et, surtout, les commentaires sur le rythme des futures baisses avant de s’engager davantage.
Le dollar et la géopolitique en soutien
Si l’or peine à franchir son plafond actuel, il bénéficie néanmoins de supports solides qui l’empêchent de décrocher. Le premier facteur de soutien est la pression exercée sur le dollar américain. La devise américaine affiche des signes de faiblesse, une tendance souvent corrélée inversement au prix de l’or : un dollar plus faible rend le métal précieux moins onéreux pour les détenteurs d’autres devises, stimulant ainsi la demande internationale.
Parallèlement, le contexte international continue de jouer son rôle de catalyseur pour les valeurs refuges. Les tensions géopolitiques persistantes, notamment en Ukraine, incitent les gestionnaires de patrimoine à maintenir une exposition à l’or pour protéger le capital contre l’incertitude et la volatilité des marchés actions.
Analyse technique : les seuils à surveiller
D’un point de vue purement graphique, la situation actuelle impose la vigilance. Les analystes soulignent que les résistances techniques freinent pour l’instant toute nouvelle envolée.
- À la hausse : Le seuil des 4 260 dollars agit comme un plafond de verre. Une clôture franche au-dessus de ce niveau pourrait libérer un nouveau potentiel haussier.
- À la baisse : Le support critique se situe autour de 4 190 dollars. Une cassure sous ce niveau pourrait déclencher des ventes techniques automatiques et entraîner une correction plus profonde vers les 4 100 dollars.
Comprendre les termes techniques :
- Support : Un niveau de prix où l’achat est historiquement assez fort pour empêcher le cours de baisser davantage.
- Résistance : Un niveau de prix où la vente est assez forte pour empêcher le cours de monter plus haut.
Pour l’heure, l’or oscille dans un canal étroit, pris en étau entre des fondamentaux porteurs et une prudence tactique avant les annonces macroéconomiques américaines. La décision de la Fed devrait, sans nul doute, donner le coup d’envoi du prochain mouvement directionnel majeur.



