3,83 millions de dollars canadiens déjà levés, un prêt en or pouvant atteindre 25 millions de dollars américains, et une première production visée en 2027 : Lake Victoria Gold accélère sur Imwelo. Dans un marché où les banques centrales soutiennent une demande élevée pour l’or, la société veut faire passer son projet tanzanien du stade de la planification à celui de la construction.
Lake Victoria Gold renforce son équipe locale
Lake Victoria Gold Ltd. a annoncé, le 17 juin 2026, la nomination de Joseph Ntiga comme directeur financier par intérim pour la Tanzanie, et de Cosmas Tungaraza comme responsable conformité.
L’objectif est opérationnel : renforcer les contrôles financiers locaux, la conformité fiscale, les déclarations auprès de la commission minière, l’administration des titres miniers et le respect des règles de contenu local. Le contenu local désigne les obligations imposant à une société minière de recourir, autant que possible, à des travailleurs, fournisseurs ou services du pays d’accueil.
Ces recrutements interviennent alors qu’Imwelo est présenté comme un projet aurifère entièrement autorisé. Un projet entièrement autorisé signifie que les permis essentiels à son développement minier ont été obtenus, même si cela ne garantit pas encore la construction ni la rentabilité future.
Imwelo vise la construction fin 2026
Le projet Imwelo est situé dans le nord-ouest de la Tanzanie, dans la ceinture aurifère du lac Victoria. Il se trouve à environ 12 km à l’ouest de la mine Geita d’AngloGold Ashanti, l’un des grands districts aurifères du pays.
Lake Victoria Gold vise une construction à la fin de 2026 et une première production d’or en 2027. La société met en avant une étude de préfaisabilité réalisée en 2021. Une étude de préfaisabilité est une analyse technique et économique intermédiaire : elle estime les coûts, la méthode d’exploitation et la rentabilité possible, avant une décision finale d’investissement.
Les tests métallurgiques indiquent des récupérations d’or proches de 97 %. Le taux de récupération mesure la part du métal effectivement extraite du minerai. La société prévoit un traitement combinant gravité et procédé carbone-en-lixiviation. La gravité sépare l’or grâce à sa densité élevée. Le carbone-en-lixiviation, souvent appelé CIL, utilise une solution pour dissoudre l’or, puis du carbone actif pour le capter.
Le financement avance par étapes
Le 20 mai 2026, Lake Victoria Gold a annoncé la clôture d’une deuxième tranche de placement privé non intermédié, pour un produit brut total de 3,8342 millions de dollars canadiens. Un placement privé est une levée de fonds réalisée auprès d’investisseurs sélectionnés, hors marché public classique. « Non intermédié » signifie qu’aucun courtier ne mène l’opération comme chef de file.
Le financement prend la forme de débentures convertibles non garanties, portant un intérêt de 5 %, avec une échéance de 36 mois. Une débenture convertible est une dette pouvant être transformée en actions. « Non garantie » signifie qu’elle n’est pas adossée à un actif spécifique donné en garantie.
La société souhaite porter ce financement jusqu’à 5 millions de dollars canadiens, sous réserve d’approbation. Ce dispositif s’ajoute à une facilité de prêt en or pouvant atteindre 25 millions de dollars américains avec Monetary Metals & Co. Un prêt en or est un financement lié au métal physique ou à sa valeur, souvent utilisé dans le secteur minier pour aligner le remboursement sur la production future.
Ces fonds doivent financer l’ingénierie, la planification minière, les infrastructures et les activités de développement d’Imwelo.
Les forages réduisent le risque avant les travaux
Depuis le 12 mai 2026, Lake Victoria Gold mène un programme de forages dits de stérilisation sur Imwelo. Le terme peut surprendre : un forage de stérilisation sert à vérifier que les zones prévues pour les routes, bâtiments ou installations ne contiennent pas de minerai exploitable.
L’enjeu est simple. Construire une infrastructure sur une zone minéralisée pourrait bloquer de l’or récupérable ou entraîner des modifications coûteuses du plan de mine. Au moment de l’annonce, 8 des 21 trous prévus avaient été réalisés, soit environ 39 % du programme.
Ces travaux doivent soutenir le plan d’implantation du site, le dessin des fosses et les études géotechniques. La géotechnique analyse la stabilité des sols et des roches, un point crucial pour la sécurité des installations minières.
La demande des banques centrales renforce l’arrière-plan du marché
Le calendrier d’Imwelo s’inscrit dans un contexte favorable pour l’or. Les banques centrales, c’est-à-dire les institutions qui gèrent les réserves monétaires des États, figurent parmi les grands acheteurs de métal jaune. Leurs achats visent souvent à diversifier les réserves, réduire l’exposition au dollar ou renforcer la confiance dans le bilan national.
Pour un développeur aurifère, une demande structurelle élevée ne remplace pas l’exécution industrielle. Elle améliore toutefois l’environnement de marché, surtout pour les projets proches de la production. Imwelo reste donc surveillé sur trois points : capacité à financer la construction, respect du calendrier et maîtrise technique de l’exploitation.
Un portefeuille tanzanien plus large
Au-delà d’Imwelo, Lake Victoria Gold détient 100 % du projet Tembo, situé près de la mine Bulyanhulu de Barrick en Tanzanie. Le site bénéficie de plus de 50.000 mètres de forages historiques et comprend plusieurs cibles d’exploration.
Barrick aurait également investi au capital de Lake Victoria Gold, tandis qu’un partenariat stratégique aurait été conclu avec Taifa Group, important entrepreneur minier tanzanien. Ces éléments renforceraient la crédibilité du projet et sa capacité d’exécution locale, mais leur portée dépendra des conditions exactes et de la mise en œuvre opérationnelle.
Lake Victoria Gold a aussi prévu une présentation virtuelle le 18 juin 2026 dans le cadre d’un webinaire organisé par Red Cloud Financial Services, avec séance de questions-réponses.
Imwelo entre ainsi dans une phase charnière : les permis existent, l’équipe locale se renforce, les forages préparatoires avancent et le financement se structure. La prochaine étape décisive sera le passage effectif du chantier à la production, dans un marché de l’or toujours soutenu par les achats institutionnels.



