1,0 milliard de dollars de valeur actuelle nette après impôts pour La Mina, 532 millions de dollars pour São Jorge : GoldMining veut faire de ces deux actifs le cœur de sa prochaine étape de croissance. Le 23 juin 2026, son directeur général Alastair Still aurait présenté ces projets comme potentiellement transformateurs pour la société, dans une intervention diffusée par Commodity TV.
GoldMining recentre son discours sur deux actifs clés
GoldMining cherche à convaincre que São Jorge, dans l’État du Pará au Brésil, et La Mina, dans le département d’Antioquia en Colombie, pourraient changer d’échelle pour l’entreprise.
Selon les éléments communiqués, Alastair Still aurait souligné trois arguments : des paramètres économiques solides, des besoins en capital jugés maîtrisables et un potentiel d’exploration encore important. L’objectif serait clair : développer des actifs capables de s’autofinancer progressivement au sein d’un portefeuille aurifère plus large dans les Amériques.
Pour les investisseurs, l’enjeu est simple. Une société minière junior ou intermédiaire ne vaut pas seulement par le nombre d’onces qu’elle possède dans le sous-sol. Elle dépend aussi de sa capacité à transformer ces ressources en projets exploitables, finançables et acceptés par les autorités locales.
São Jorge affiche une VAN de 532 millions de dollars
GoldMining a annoncé le 11 juin 2026 une évaluation économique préliminaire positive pour São Jorge. Une évaluation économique préliminaire, ou PEA, est une première étude financière d’un projet minier. Elle permet d’estimer les coûts, les revenus et la rentabilité potentielle, mais elle ne constitue pas encore une décision de construction.
Dans le scénario de base, fondé sur un prix de l’or de 3.500 dollars l’once, la PEA indique une valeur actuelle nette après impôts de 532 millions de dollars, avec un taux de rendement interne de 42,4 %.
La valeur actuelle nette, ou VAN, mesure la valeur d’un projet en ramenant ses flux de trésorerie futurs à leur valeur d’aujourd’hui. Plus elle est élevée, plus le projet apparaît créateur de valeur. Le taux de rendement interne, ou TRI, mesure le rendement annuel théorique du projet. Un TRI élevé indique une rentabilité potentielle plus forte, mais il reste dépendant des hypothèses de prix, de coûts et de calendrier.
L’investissement initial est estimé à 202 millions de dollars. Le délai de récupération du capital serait de 2,8 ans. Autrement dit, selon l’étude, le projet pourrait rembourser son investissement de départ en moins de trois ans après le lancement de la production.
La production moyenne attendue est de 51.250 onces d’or par an sur une durée de vie de mine de 10,6 ans. Le coût global de maintien, ou AISC, est estimé à 1.464 dollars par once. L’AISC additionne les coûts d’exploitation, les dépenses de maintien et certains frais nécessaires pour produire une once d’or. C’est un indicateur central pour juger la marge d’une mine.
La Mina pèse plus lourd, mais demande plus de capital
Le projet La Mina présente une dimension plus importante. GoldMining a déposé un rapport technique NI 43-101 daté du 22 avril 2026, publié le 8 juin, pour ce projet or-cuivre en Colombie.
La norme NI 43-101 est un cadre canadien de publication technique pour les sociétés minières. Elle impose des règles de transparence sur les ressources, les méthodes et les hypothèses utilisées.
La PEA de La Mina indique une VAN après impôts de 1,0 milliard de dollars, avec un TRI de 32,2 % et un délai de récupération d’environ 2,7 ans. Aux prix spot sélectionnés dans l’étude — 4.775 dollars l’once d’or, 5,75 dollars la livre de cuivre et 77 dollars l’once d’argent — la VAN monterait à environ 1,8 milliard de dollars, avec un TRI de 49,1 %.
Le capital initial est toutefois bien plus élevé : 523 millions de dollars. La taille du projet est aussi plus importante. La durée de vie de mine est estimée à 11,2 ans, avec une production annuelle moyenne de 152.400 onces équivalent or sur les cinq premières années.
L’once équivalent or, ou AuEq, convertit la valeur d’autres métaux, comme le cuivre ou l’argent, en équivalent d’or. Cette mesure facilite la comparaison, mais elle dépend fortement des prix retenus pour chaque métal.
La Mina serait exploitée en mine à ciel ouvert, avec une méthode classique dite « truck-and-shovel », c’est-à-dire camions et pelles mécaniques. Le traitement utiliserait la flottation, un procédé qui sépare les minéraux utiles de la roche grâce à des réactifs et à de l’air injecté dans des cuves. Les récupérations métallurgiques sont estimées à 91 % pour l’or, 80 % pour le cuivre et 64 % pour l’argent.
Des prix de l’or élevés renforcent l’attrait des projets
Les deux études montrent une forte sensibilité au prix de l’or. À São Jorge, la VAN passerait de 532 millions de dollars dans le scénario de base à 836,8 millions de dollars avec un prix spot de 4.400 dollars l’once. À La Mina, l’écart est encore plus marqué, avec une VAN qui passerait de 1,0 milliard à 1,8 milliard de dollars selon les hypothèses de prix spot retenues.
Cette sensibilité est classique dans l’industrie aurifère. Lorsque le prix de l’or monte, les revenus attendus progressent plus vite que certains coûts fixes. Cela peut améliorer fortement la rentabilité apparente d’un projet. À l’inverse, une baisse du métal jaune peut réduire les marges et fragiliser les plans de financement.
Pour un investisseur européen ou belge, un autre élément compte : ces chiffres sont exprimés en dollars américains ou en dollars canadiens. Le rendement réel dépend donc aussi du taux de change entre l’euro et ces devises.
Un portefeuille plus large soutient la stratégie
GoldMining indique disposer, en juin 2026, d’environ 255 millions de dollars canadiens en trésorerie et participations cotées. La société contrôle aussi un portefeuille de ressources de plus de 13 millions d’onces équivalent or mesurées et indiquées, ainsi que 9 millions d’onces inférées.
Les ressources mesurées et indiquées correspondent à des minéralisations mieux définies par les forages et les études géologiques. Les ressources inférées sont moins certaines : elles suggèrent un potentiel, mais demandent davantage de travaux avant d’être intégrées à des plans miniers plus robustes.
Cette base financière et géologique donne à GoldMining une marge de manœuvre. Mais le passage d’une PEA à une mine en production reste long. Il implique des études plus avancées, des permis, des accords locaux, un financement et une maîtrise des coûts de construction.
Pourquoi ces projets peuvent compter pour le secteur aurifère
São Jorge et La Mina attirent l’attention parce qu’ils combinent trois éléments recherchés dans l’or : une durée de vie supérieure à dix ans, des coûts annoncés compétitifs et un potentiel d’expansion par exploration.
Le point central reste toutefois le même : une PEA est une étape, pas une garantie. Les chiffres publiés donnent un cadre économique favorable, mais ils devront être confirmés par des études plus détaillées et par l’exécution opérationnelle.
Dans un marché où l’or conserve son rôle de valeur refuge face aux incertitudes monétaires et géopolitiques, les projets capables d’ajouter une production future crédible restent très surveillés. Pour GoldMining, São Jorge et La Mina pourraient devenir des leviers de croissance majeurs, à condition que les promesses techniques se transforment en décisions minières concrètes.



