Alors que le prix de l’or atteint des sommets historiques en ce début d’année 2026, l’Épiphanie prend une tournure résolument patrimoniale. Entre opérations nationales sécurisées et initiatives artisanales audacieuses, la chasse à la fève se transforme en quête d’investissement.
Pour les amateurs de frangipane et d’investissements, le mois de janvier 2026 offre une saveur particulière. Dans un contexte économique marqué par une flambée du métal jaune, plusieurs boulangeries en France et en Europe francophone proposent de remporter bien plus qu’une couronne en papier : de véritables lingots d’or.
Une fève d’une valeur de près de 32 000 euros
C’est l’opération phare de cette 4ème édition organisée par le Comptoir National de l’Or. Cette année, l’enseigne spécialisée s’est associée à la Maison Kayser, qui célèbre ses 30 ans d’existence, ainsi qu’à onze boulangeries indépendantes. Au total, près de 60 points de vente participent à cet événement d’après les informations relayées par Boulangerie Bakery.
L’enjeu est de taille pour les participants. Le premier prix est un lingotin de 250 grammes, dont la valeur est estimée à environ 31 890 euros aux cours actuels. D’autres gagnants pourront repartir avec l’un des lingotins de 5 grammes mis en jeu, valant chacun près de 675 euros.
Ces montants, particulièrement élevés, reflètent la dynamique actuelle du marché. Selon les données de Gold.fr, le cours de l’or a enregistré une hausse spectaculaire de 45 % depuis janvier 2025, transformant ces lots en véritables placements financiers pour les heureux gagnants.
Sécurité et technologie : la fin du risque d’ingestion
Contrairement à l’imagerie populaire de la pièce d’or cachée dans la brioche, l’opération nationale a opté pour la prudence. Pour éviter tout risque d’ingestion ou d’accident dentaire, les précieux métaux ne sont pas insérés directement dans les gâteaux.
Comme le précise Gold.fr, un système de QR code est remis lors de l’achat de la galette. C’est ce code qui permet aux clients de s’inscrire au tirage au sort, prévu pour le début du mois de février. Cette méthode permet de sécuriser les lots tout en modernisant la tradition séculaire de l’Épiphanie.
L’exception artisanale : de l’or véritable sous la dent
Si les grandes enseignes jouent la carte de la dématérialisation du jeu, certains artisans préfèrent la méthode traditionnelle. C’est le cas à Luc, dans l’Aveyron, où le boulanger Clément Béteille a choisi de dissimuler deux véritables lingots directement dans ses créations.
Selon un reportage de Marie France, ces petits lingots de 2,5 grammes, d’une valeur approximative de 320 euros chacun, sont cachés physiquement dans la pâte. Une initiative locale qui se distingue de l’opération nationale et qui s’accompagne de fèves en porcelaine sur le thème des expressions aveyronnaises, valorisant le patrimoine régional autant que le métal précieux.
Comprendre le marché : Lingot ou Lingotin ?
Pour l’investisseur novice attiré par ces opérations marketing, il est utile de distinguer les formats.
- Le Lingot : Traditionnellement, ce terme désigne la barre d’or de 1 kg (1 000 g). C’est le format standard des réserves bancaires.
- Le Lingotin : Il s’agit de barres plus petites, allant de 1 gramme à 500 grammes. Les lots mis en jeu (5g, 250g) entrent dans cette catégorie. Ils possèdent la même pureté (généralement 999,9 ‰) que les gros lingots mais sont plus accessibles aux particuliers.
Cette fièvre de l’or dans les boulangeries témoigne de l’attrait renouvelé pour ce métal en tant que valeur refuge. Que ce soit via un QR code à Paris ou en croquant avec précaution dans une galette en Aveyron, l’Épiphanie 2026 rappelle que l’or reste, aux yeux du grand public, le roi des placements.



