57 000 emplois seulement. Le chiffre publié pour juin aux États-Unis a suffi à fragiliser le dollar américain et à relancer les interrogations sur la prochaine décision de la Réserve fédérale américaine, la Fed.
Le Dollar Index, aussi appelé DXY, reculait autour de 100,80 lors de la session asiatique du vendredi 3 juillet 2026. Cet indice mesure la valeur du dollar face à six grandes devises, dont l’euro et la livre sterling. Sa baisse traduit donc un affaiblissement global du billet vert sur le marché des changes.
L’emploi américain déçoit nettement les marchés
Le rapport mensuel sur l’emploi américain a montré 57 000 créations de postes en juin 2026, contre 110 000 attendues par les marchés. La donnée de mai a aussi été révisée à la baisse, de 172 000 à 129 000 emplois.
Seul élément plus favorable : le taux de chômage a reculé à 4,2 %, légèrement sous la prévision de 4,3 %. Mais ce chiffre n’a pas suffi à compenser la faiblesse des créations d’emplois.
Pour les investisseurs, l’enjeu dépasse le seul marché du travail. Aux États-Unis, l’emploi est un indicateur central pour la Fed. Une économie qui crée moins d’emplois peut réduire la pression en faveur de taux d’intérêt plus élevés.
La Fed redevient le point central
La Fed utilise ses taux directeurs pour influencer le crédit, l’inflation et l’activité économique. Quand elle relève ses taux, le dollar tend souvent à se renforcer, car les placements en dollars deviennent plus rémunérateurs. À l’inverse, des attentes de hausse moins fortes peuvent peser sur la devise.
C’est précisément ce mécanisme qui a joué après les chiffres de juin. Selon l’outil CME FedWatch, qui mesure les anticipations de marché sur les décisions de la Fed, la probabilité d’une hausse des taux en septembre 2026 est passée de 64 % à 53,2 %.
Le message du marché est clair : les traders doutent davantage d’un nouveau resserrement monétaire agressif.
L’euro, la livre et l’or profitent du recul du dollar
La baisse du dollar a immédiatement soutenu plusieurs actifs. L’euro est remonté proche de 1,1400 dollar, tandis que la livre sterling évoluait autour de 1,3360 dollar.
Pour un investisseur européen, cette évolution est importante. Un dollar plus faible peut soutenir les matières premières cotées en dollars, comme l’or. Le métal jaune s’est ainsi rapproché de ses plus hauts en huit séances.
L’or est un actif sans rendement : il ne verse ni intérêt ni dividende. Il devient donc souvent plus attractif lorsque les marchés anticipent une baisse ou une stabilisation des taux américains. Un dollar plus faible rend aussi l’or moins cher pour les acheteurs utilisant l’euro, la livre ou d’autres devises.
Le mouvement a également profité à certains actifs risqués. Bitcoin, Ethereum et Ripple ont rebondi, portés par un regain d’appétit pour le risque après la détente sur les anticipations de taux.
Les prochains indicateurs restent décisifs
Les investisseurs surveillaient aussi l’ISM Services PMI de juin, attendu le 6 juillet. Le PMI est un indice d’activité : au-dessus de 50, il signale généralement une expansion du secteur étudié ; sous 50, il indique une contraction.
Les minutes du FOMC, le comité de politique monétaire de la Fed, sont également attendues. Ces comptes rendus permettent de mieux comprendre les débats internes à la banque centrale américaine.
Pour l’or, la séquence reste donc sensible. Un dollar durablement plus faible et des taux américains moins élevés constitueraient un soutien. À l’inverse, des indicateurs économiques plus solides pourraient raviver les attentes de hausse des taux et freiner le métal précieux.
La baisse du Dollar Index montre surtout que les marchés restent dépendants d’un équilibre fragile : une économie américaine assez solide pour éviter la récession, mais pas trop robuste pour pousser la Fed à durcir encore sa politique.


