Entre décembre 2024 et la mi-juin 2025, le cours de l’or a connu une progression fulgurante de près de 30 %, franchissant des sommets historiques. Porté par les politiques monétaires et l’instabilité géopolitique, le métal jaune confirme son statut de valeur refuge. Les analystes de Caraor.be décryptent ces six mois d’euphorie et livrent leurs projections pour le second semestre.

3 167 dollars. C’est le nouveau sommet historique atteint par l’once d’or au début du mois d’avril 2025. Ce chiffre, impensable pour certains observateurs il y a encore un an, illustre la fièvre qui s’est emparée des marchés des métaux précieux. Alors que le cours spot (au comptant) naviguait autour des 2 624 dollars fin décembre 2024, il s’est hissé au-dessus des 3 150 dollars à la mi-juin.

Cette envolée ne relève pas du hasard. Elle résulte d’une convergence rare de facteurs macroéconomiques et géopolitiques qui redessinent le paysage de l’investissement pour les épargnants belges et européens.

Une chronologie dictée par l’incertitude

La dynamique haussière s’est construite en plusieurs étapes clés. Dès le 30 décembre 2024, le repli du dollar et des clôtures techniques favorables ont propulsé l’once au-delà de ses résistances habituelles. Mais c’est au printemps que le marché s’est véritablement emballé.

Le 8 avril 2025 restera une date marquante avec un pic à 3 167 $/oz. Selon plusieurs analystes de marché cités par Reuters, cette hausse a été catalysée par une nouvelle vague de sanctions commerciales américaines, poussant les investisseurs institutionnels vers la sécurité du métal physique. Plus récemment, à la mi-juin, les tensions renouvelées au Moyen-Orient, notamment suite à des frappes militaires, ont maintenu le cours autour de 3 150 $/oz, confirmant la résilience de la demande.

Les moteurs de la hausse : taux et banques centrales

Pour comprendre cette progression, il faut regarder du côté de la Réserve fédérale américaine (Fed). Les marchés anticipent désormais deux baisses de taux directeurs d’ici la fin de l’année 2025.

Pourquoi cela influence-t-il l’or ? L’or ne génère pas de rendement (pas de dividendes ni d’intérêts). Lorsque les taux d’intérêt baissent, le coût d’opportunité de détenir de l’or diminue, le rendant plus attractif face aux obligations d’État. De plus, l’indice du dollar (DXY) a reculé d’environ 9 % depuis décembre. L’or étant coté en dollars, un billet vert plus faible rend le métal moins cher pour les investisseurs européens munis d’euros, soutenant ainsi la demande.

Parallèlement, les banques centrales continuent de jouer un rôle prépondérant. Pour la troisième année consécutive, les achats officiels devraient dépasser les 1 000 tonnes. Des pays comme la Pologne, la Chine ou le Kazakhstan convertissent massivement leurs réserves de change en or physique, cherchant à s’émanciper de la volatilité des devises fiduciaires.

Le retour des investisseurs occidentaux

Si les banques centrales assurent un fond de demande solide, le retour des investisseurs privés et institutionnels via les ETF (Exchange Traded Funds) a servi d’accélérateur.

Au premier trimestre 2025, les ETF adossés à l’or ont enregistré des entrées nettes de 226,5 tonnes, marquant leur meilleure performance depuis 2022. Ce regain d’intérêt témoigne d’une prise de conscience : dans un portefeuille diversifié, l’or joue à nouveau pleinement son rôle d’assurance contre l’instabilité.

Géopolitique : la prime de risque

L’actualité internationale pèse lourdement sur les graphiques boursiers. Les conflits en Ukraine et au Proche-Orient, ainsi que les tensions latentes entre grandes puissances, ont réintroduit une « prime de risque » significative.

Les experts de Caraor.be notent que chaque escalade militaire ou diplomatique se traduit quasi instantanément par une hausse des cours. Cette corrélation renforce l’attrait de l’or physique (lingots et pièces) pour les investisseurs soucieux de protéger leur patrimoine en dehors du système bancaire traditionnel.

Scénarios pour la fin 2025

À l’aube du second semestre, la question centrale demeure : l’or peut-il aller plus haut ?

  • Le scénario de base : Avec le maintien des tensions et la concrétisation des baisses de taux de la Fed, le cours pourrait viser les 3 500 $/oz.
  • Le scénario haussier : En cas de récession américaine marquée ou d’aggravation majeure des conflits, des institutions comme Bank of America n’excluent pas un objectif à 3 700 $/oz.
  • Le scénario correctif : Un apaisement géopolitique soudain ou un rebond du dollar pourrait ramener le cours vers les 3 100 $/oz, offrant alors une fenêtre d’entrée pour les investisseurs de long terme.

Quelles implications pour l’épargnant belge ?

Dans ce contexte, l’or reste un actif pertinent pour 2025. En Belgique, la fiscalité demeure avantageuse pour les particuliers : l’or d’investissement est exonéré de TVA et les plus-values réalisées dans le cadre d’une gestion normale du patrimoine privé ne sont généralement pas taxées (gestion en « bon père de famille »).

Toutefois, la prudence est de mise après une hausse de 30 %. Les spécialistes recommandent une allocation raisonnée, située généralement entre 5 et 15 % du patrimoine global. Il est conseillé de privilégier la détention physique (pièces types Napoléon, Krugerrand ou lingots certifiés LBMA) plutôt que les produits « papier », afin d’éliminer le risque de contrepartie.

Les mois à venir seront déterminés par le calendrier de la Fed et l’évolution des dossiers géopolitiques. Pour l’investisseur, la clé réside dans la diversification et la capacité à ne pas réagir émotionnellement aux fluctuations quotidiennes.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

Prix de l’Or aide tous ceux et celles qui s’intéressent à l’économie et à la préservation de leur capital à décrypter l’actualité mondiale et son impact sur la valeur de l’or grâce à une analyse factuelle et pédagogique. Prix de l’or – Une information en Or

INFORMER VOUS

Exit mobile version