61,80 dollars l’once : le cours de l’argent a reculé d’environ 1 % lors de la séance asiatique du 6 juillet 2026, après quatre jours consécutifs de progression. Cette baisse ressemble à une correction technique, c’est-à-dire un repli de court terme après une hausse rapide. Mais elle intervient au moment où le pétrole poursuit sa décrue, un facteur qui pourrait soutenir un rebond du métal blanc.
L’argent corrige, mais reste proche du seuil des 62 dollars
Le marché de l’argent, aussi appelé métal blanc, a marqué une pause autour de 61,80 dollars l’once. L’once troy est l’unité de référence des métaux précieux. Elle équivaut à environ 31,1 grammes.
Le mouvement est intervenu sur le marché financier mondial, pendant la séance asiatique du 6 juillet. Il fait suite à quatre séances de hausse. Dans ce contexte, des prises de bénéfices peuvent apparaître. Les investisseurs vendent alors une partie de leurs positions après une progression rapide du prix.
La question principale porte désormais sur la durée de cette correction. Le repli vers 62 dollars pourrait rester limité si le pétrole continue de baisser. Un pétrole moins cher peut réduire les anticipations d’inflation. L’inflation désigne la hausse générale des prix. Quand elle ralentit, la pression sur les banques centrales peut diminuer.
Le pétrole devient le facteur clé du rebond potentiel
Le Brent évoluait autour de 71,80 dollars le baril le 6 juillet, proche d’un plus bas de cinq mois. Le baril est l’unité de mesure du pétrole brut, équivalente à environ 159 litres. Le Brent est une référence mondiale pour le prix du pétrole extrait en mer du Nord.
Cette baisse du brut s’explique par l’apaisement des tensions au Moyen-Orient, notamment entre les États-Unis et l’Iran, et par la normalisation du trafic pétrolier dans le détroit d’Ormuz. Ce passage maritime est stratégique, car une part importante du pétrole mondial y transite.
Les contrats à terme sur le Brent ont aussi reculé. Un contrat à terme est un engagement d’acheter ou de vendre un actif à une date future, à un prix fixé à l’avance. Ces produits donnent des indications sur les attentes du marché.
Les analystes de Citi estiment que le Brent pourrait tomber autour de 60 dollars le baril d’ici la fin de 2026. Cette prévision resterait liée à la normalisation des flux maritimes et à la diminution des perturbations géopolitiques.
L’OPEP+ pourrait accentuer la pression sur les prix du brut
Un autre élément pèse sur le pétrole : l’offre. L’OPEP+, alliance qui regroupe les pays de l’OPEP et plusieurs producteurs partenaires, devrait augmenter ses quotas de production d’environ 188 000 barils par jour à partir d’août 2026.
Cette hausse, si elle se confirme, marquerait une cinquième progression mensuelle consécutive de la production. Une offre plus abondante peut faire baisser les prix, surtout si la demande ne progresse pas au même rythme.
Pour l’argent, l’effet peut être indirect mais important. Un pétrole moins cher réduit les coûts de l’énergie pour l’industrie. Or l’argent n’est pas seulement un métal précieux. Il est aussi un métal industriel, utilisé notamment dans l’électronique, le solaire et certaines applications médicales.
La Fed reste au centre des anticipations
La baisse du pétrole peut aussi influencer les anticipations de politique monétaire aux États-Unis. La Réserve fédérale, ou Fed, est la banque centrale américaine. Elle fixe ses taux d’intérêt directeurs, qui influencent le coût du crédit et le rendement des placements en dollars.
Selon l’outil CME FedWatch, la probabilité d’une hausse des taux de la Fed d’ici fin septembre 2026 est tombée à 53,2 %, contre 59,4 % une semaine plus tôt. Cet outil mesure les anticipations du marché à partir des contrats financiers liés aux taux américains.
Pour les métaux précieux, les taux sont déterminants. Quand les taux montent, les placements rémunérés deviennent plus attractifs. L’or et l’argent, qui ne versent pas d’intérêt, peuvent alors subir une pression. À l’inverse, des anticipations de taux moins élevés peuvent soutenir leur prix.
Les minutes de la réunion de juin du FOMC sont attendues ce mercredi 8 juillet. Le FOMC, ou Comité fédéral de l’open market, est l’organe de la Fed qui décide de la politique monétaire. Sa publication pourrait préciser la trajectoire future des taux américains.
Un signal à surveiller pour les investisseurs européens
Pour un investisseur belge ou européen, le cours de l’argent en dollars ne suffit pas. Le taux de change euro-dollar compte aussi. Si l’euro se renforce face au dollar, un métal coté en dollars peut coûter moins cher en euros. Si l’euro baisse, l’effet inverse se produit.
La zone des 62 dollars devient donc un seuil de court terme. Si la baisse du pétrole se poursuit et si les anticipations de taux américains s’allègent, la correction de l’argent pourrait être rapidement contenue. À l’inverse, un rebond du pétrole ou un message ferme de la Fed pourrait prolonger la pression sur le métal blanc.
Les prévisions à moyen terme restent contrastées. Certains modèles envisageraient une reprise de l’argent en 2027, tandis que d’autres anticiperaient une trajectoire plus hésitante. Les projections de très long terme, parfois très haussières, doivent être lues avec prudence : elles reposent sur des hypothèses de demande industrielle et de rôle de valeur refuge difficiles à confirmer aujourd’hui.
À court terme, le point central reste clair : la correction de l’argent autour de 62 dollars dépend largement de deux marchés liés entre eux, le pétrole et les taux américains.


