Entre incertitude militaire et flambée possible du brut, les marchés chercheraient déjà des relais hors pétrole. Depuis début juillet, le conflit entre les États-Unis et l’Iran renforcerait la demande mondiale de métaux et de sources d’énergie alternatives, notamment le gaz et l’électricité. Le mouvement serait lié aux frappes et actions militaires au Moyen-Orient, qui accentuent la nervosité autour de l’approvisionnement pétrolier.

L’information principale tient en un déplacement d’attention : le pétrole resterait le foyer du choc, mais les investisseurs et industriels regarderaient davantage vers les métaux et l’énergie non pétrolière. Pour l’or et les métaux précieux, ce contexte confirme leur rôle dans les périodes de stress géopolitique.

Le pétrole reste le point de tension

Le conflit impliquerait principalement l’Iran et les États-Unis. Le théâtre de cette tension est le Moyen-Orient, région centrale pour le transport et la production d’hydrocarbures. Le 4 juillet 2026, les marchés auraient réagi à l’aggravation des incertitudes liées aux frappes américaines contre l’Iran et aux tensions militaires.

Le mécanisme est classique. Quand un conflit menace une zone pétrolière, les opérateurs anticipent un risque sur l’offre. Le prix du pétrole peut alors monter avant même qu’une rupture physique d’approvisionnement ne soit confirmée. Cette hausse renchérit les coûts de transport, de production et d’électricité dans de nombreux pays importateurs, dont les États européens.

Dans des propos rapportés le 11 juin par la RTBF, Donald Trump aurait évoqué des frappes fortes contre l’Iran et la possibilité pour les États-Unis de s’emparer prochainement de sites pétroliers iraniens. À ce stade, ces éléments restent à traiter au conditionnel. Leur effet de marché, lui, serait déjà perceptible : une prime de risque géopolitique se formerait autour du brut.

Les métaux profiteraient d’un besoin de diversification

La demande de métaux serait soutenue par deux facteurs. D’abord, certains acheteurs chercheraient à réduire leur exposition au pétrole, dont le prix devient plus volatil. Ensuite, les alternatives énergétiques demandent elles-mêmes beaucoup de métaux.

Un métal industriel est un métal utilisé dans la production, la construction ou l’énergie. Le cuivre, par exemple, sert aux réseaux électriques. L’aluminium est présent dans les infrastructures et les transports. Le nickel, le lithium ou le cobalt entrent dans certaines batteries. Quand les États et les entreprises accélèrent l’électrification ou sécurisent leurs approvisionnements, la demande de ces métaux peut progresser.

Les métaux précieux, eux, répondent à une logique différente. L’or et l’argent peuvent avoir un usage industriel, mais l’or est surtout recherché comme valeur refuge. Une valeur refuge est un actif que les investisseurs privilégient lorsque l’incertitude augmente, car il ne dépend pas directement de la dette d’un État ou de la santé d’une entreprise. Cette caractéristique explique pourquoi l’or reste surveillé lors des crises militaires.

Gaz et électricité attireraient aussi davantage d’acheteurs

Le mouvement ne concernerait pas seulement les métaux. La demande de gaz et d’électricité serait également renforcée. Le gaz peut servir d’alternative partielle au pétrole dans certains usages énergétiques. L’électricité, elle, gagne en importance avec l’électrification des transports, de l’industrie et du chauffage.

Pour la Belgique et l’Europe, l’enjeu est concret. Une hausse du pétrole peut se transmettre aux prix à la pompe, au coût du fret et à l’inflation. L’inflation désigne la hausse générale des prix. Elle réduit le pouvoir d’achat et peut peser sur l’épargne. Dans ce cadre, certains ménages et investisseurs suivent davantage les actifs tangibles, c’est-à-dire des actifs physiques comme l’or, l’argent ou certains métaux.

Cette réaction ne signifie pas que tous les métaux monteront mécaniquement. Leur prix dépend aussi de la croissance mondiale, des stocks disponibles, des taux d’intérêt et de la demande chinoise. Mais le conflit avec l’Iran ajouterait une couche de risque supplémentaire sur les marchés de matières premières.

Les avoirs iraniens gelés ajoutent un volet financier

Au-delà du pétrole, le dossier iranien comporte aussi un enjeu financier majeur. L’Iran cherche à accéder à des avoirs gelés à l’étranger, estimés entre 27 milliards et plus de 100 milliards de dollars. Ces fonds incluent des recettes pétrolières, des réserves de change et des actifs liés à des litiges.

Selon BBC Afrique, ces avoirs sont répartis notamment en Chine, en Irak, au Qatar, en Corée du Sud, en Inde, au Japon, au Luxembourg et, dans une moindre mesure, aux États-Unis. Un mémorandum d’accord entre Washington et Téhéran vise à débloquer une partie de ces fonds, mais le processus reste complexe en raison des sanctions et des autorisations financières nécessaires.

Ce point compte pour les marchés. Un dégel partiel améliorerait la capacité financière de l’Iran. À l’inverse, un blocage prolongé maintiendrait la pression économique et politique. Dans les deux cas, l’incertitude nourrit la volatilité des matières premières.

Ce que les investisseurs doivent surveiller

Trois indicateurs méritent une attention particulière : l’évolution du prix du pétrole, les annonces militaires au Moyen-Orient et les décisions liées aux sanctions financières. Pour l’or, le signal principal reste la perception du risque. Si la tension s’aggrave, la demande de protection pourrait se renforcer. Si un apaisement se confirme, une partie de cette prime de risque pourrait se réduire.

Le conflit avec l’Iran rappellerait ainsi une règle simple : quand le pétrole devient un facteur d’instabilité, les marchés cherchent des alternatives énergétiques et des actifs de protection. Dans ce paysage, les métaux, et surtout l’or, restent au centre des arbitrages de préservation du capital.

Observateur des relations internationales, Thomas étudie l’influence des tensions géopolitiques et des politiques monétaires sur l’or.

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