Alors que l’incertitude économique persiste en zone euro, l’or confirme son statut de valeur refuge pour l’année 2025. Entre détention physique et produits financiers, les investisseurs disposent de multiples leviers pour intégrer le métal jaune à leur patrimoine, à condition de maîtriser les spécificités fiscales et les mécanismes de marché.

L’année 2024 a marqué les esprits par des sommets historiques atteints par l’once d’or. À l’aube de 2025, la question n’est plus tant de savoir si le métal précieux a sa place dans un portefeuille, mais comment l’y intégrer efficacement. Pour les épargnants belges et français, l’or reste un rempart contre l’érosion monétaire, mais les modalités d’investissement ont évolué. Du traditionnel lingot aux ETC (Exchange Traded Commodities) en passant par les sociétés minières, tour d’horizon des options disponibles pour sécuriser son capital.

L’or comme bouclier dans une économie européenne fluctuante

Si l’or ne génère ni dividendes ni intérêts, il conserve un atout majeur : sa capacité à préserver le pouvoir d’achat sur le long terme. Dans un contexte où la Banque Centrale Européenne (BCE) ajuste sa politique monétaire, le métal jaune joue un rôle de stabilisateur.

Il agit comme une protection contre l’inflation et les chocs de marché. Contrairement aux devises fiduciaires (euro, dollar) qui peuvent être imprimées en quantité illimitée, l’or physique possède une rareté intrinsèque. De plus, sa décorrélation avec les marchés boursiers traditionnels (comme le BEL20 ou le CAC40) permet de réduire la volatilité globale d’un portefeuille d’investissement. En cas de correction boursière, l’or a tendance à s’apprécier, compensant ainsi les pertes sur les actifs risqués.

L’or physique : la valeur tangible privilégiée en Belgique et en France

L’achat de pièces et de lingots demeure la forme d’investissement la plus prisée par les particuliers francophones. Elle élimine le risque de contrepartie bancaire.

Les supports d’investissement

Deux catégories dominent le marché physique :

  • Les pièces d’investissement : Le Napoléon 20 Francs (ou Louis d’or) reste la référence historique en France et en Belgique. D’autres pièces à cours légal comme le Krugerrand sud-africain ou la Maple Leaf canadienne sont également très liquides. Il convient de surveiller la prime, c’est-à-dire la différence entre le prix du métal contenu dans la pièce et son prix de vente.
  • Les lingots et lingotins : Allant de 1 gramme à 1 kilogramme, ils permettent d’investir des sommes plus importantes avec une prime généralement plus faible que sur les pièces.

Le cadre légal et fiscal

C’est ici que la distinction géographique est cruciale. L’Union européenne définit l’or d’investissement (pureté supérieure à 900 millièmes pour les pièces et 995 pour les barres) comme étant exonéré de TVA à l’achat.

  • En Belgique : Le cadre est particulièrement favorable. Il n’y a pas de taxation sur la plus-value lors de la revente pour les particuliers agissant dans le cadre d’une gestion « normale » de leur patrimoine privé.
  • En France : La fiscalité est plus stricte. Lors de la revente, l’investisseur a le choix entre une taxe forfaitaire sur le prix de vente (TMP) ou une taxation sur la plus-value réelle (TPV), plus avantageuse en cas de détention longue (abattement complet après 22 ans).

L’or « papier » : liquidité et spéculation

Pour les investisseurs souhaitant éviter les contraintes de stockage et d’assurance, les marchés financiers offrent des alternatives dématérialisées.

Les ETC (Exchange Traded Commodities)

Souvent confondus avec les ETF, les ETC sont les véhicules privilégiés en Europe pour suivre le cours de l’or. Les réglementations européennes (UCITS) interdisent généralement aux ETF de ne suivre qu’une seule matière première. Un ETC adossé à l’or physique (Physical Gold) détient réellement des lingots dans des coffres pour garantir les parts émises. L’avantage réside dans la liquidité immédiate, comparable à une action.

Les actions de sociétés minières

Investir dans des entreprises comme Barrick Gold ou Newmont permet de jouer un effet de levier sur le cours de l’or. Si le cours du métal monte, les marges des mineurs explosent, et leurs actions peuvent surperformer l’or physique. À l’inverse, elles sont soumises aux risques opérationnels, géopolitiques et de gestion propres à toute entreprise.

Risques et points de vigilance pour 2025

Malgré son statut de valeur refuge, investir dans l’or n’est pas sans danger. Trois risques majeurs doivent être identifiés :

  1. Le risque de change (EUR/USD) : L’or est coté en dollars. Pour un investisseur européen, une appréciation de l’euro face au dollar peut diminuer la performance de l’or une fois converti, même si le cours en dollars reste stable.
  2. La volatilité à court terme : Bien que la tendance long terme soit haussière, le métal jaune peut subir des corrections brutales en fonction des annonces des banques centrales ou des chiffres de l’emploi américain.
  3. Les coûts annexes : Pour l’or physique, les frais de garde en coffre bancaire ou l’achat d’un coffre personnel, ainsi que les assurances, viennent grignoter la rentabilité.

Stratégie : comment calibrer son investissement ?

Les experts en gestion de patrimoine s’accordent généralement sur une allocation représentant 5 à 15 % du patrimoine global. Cette pondération permet de sécuriser le capital sans peser sur le rendement global du portefeuille en période de croissance économique.

Pour entrer sur le marché en 2025, la technique du lissage (DCA – Dollar Cost Averaging) est recommandée. Elle consiste à investir régulièrement la même somme (par exemple chaque mois), ce qui permet d’acheter plus d’or quand les prix baissent et moins quand ils montent, lissant ainsi le prix de revient moyen.

Enfin, la prudence impose de toujours vérifier la certification des produits achetés. Pour l’or physique, exiger des lingots certifiés LBMA (London Bullion Market Association) garantit leur revente partout dans le monde.

L’or en 2025 demeure un actif de diversification essentiel. Qu’il s’agisse de protéger un héritage via des Napoléons ou de dynamiser un compte-titres via des minières, la clé réside dans l’adéquation entre le support choisi et l’horizon d’investissement de l’épargnant.

Experte en gestion de patrimoine, Claire analyse l’or et les métaux précieux comme outils de protection du capital et d’optimisation patrimoniale.

Prix de l’Or aide tous ceux et celles qui s’intéressent à l’économie et à la préservation de leur capital à décrypter l’actualité mondiale et son impact sur la valeur de l’or grâce à une analyse factuelle et pédagogique. Prix de l’or – Une information en Or

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