94 % : c’est le taux de récupération de l’argent annoncé par Cerro de Pasco Resources lors d’essais mini-pilotes sur le projet Quiulacocha, au Pérou. Ce résultat ne constitue pas encore une mise en production industrielle, mais il renforce l’intérêt économique d’un gisement particulier : des résidus miniers accumulés depuis plusieurs décennies.
Cerro de Pasco teste l’argent caché dans des résidus miniers
Cerro de Pasco Resources Inc. a annoncé, le 12 juin 2026, de nouveaux résultats métallurgiques sur son projet Quiulacocha Tailings Project, situé au Pérou. L’entreprise indique avoir obtenu environ 94 % de récupération de l’argent lors d’essais à l’échelle mini-pilote.
Le taux de récupération désigne la part du métal présent dans un échantillon que le procédé parvient à extraire dans un produit valorisable. Pour l’argent, un taux de 94 % signifie donc que la très grande majorité du métal contenu dans les résidus testés a pu être récupérée dans les conditions de l’essai.
Le projet ne repose pas sur une mine classique, mais sur des résidus miniers, aussi appelés tailings en anglais. Il s’agit de matériaux laissés après l’extraction initiale du minerai. Ces résidus peuvent encore contenir des métaux, notamment lorsque les anciennes méthodes de traitement étaient moins performantes que les technologies actuelles.
La flottation au cœur du procédé
Les essais ont été réalisés à l’échelle de laboratoire et de mini-pilote. Cette étape sert à vérifier si un procédé fonctionne avant d’envisager une installation de plus grande taille.
Cerro de Pasco Resources met en avant une bonne réponse à la flottation. Cette technique de traitement minier consiste à séparer les minéraux utiles du reste de la roche broyée grâce à des réactifs et à des bulles d’air. Les particules recherchées s’accrochent aux bulles et remontent sous forme de mousse, qui est ensuite récupérée.
Les tests ont aussi montré plus de 92,5 % de récupération des sulfures totaux. Les sulfures sont des minéraux contenant du soufre, souvent associés à des métaux comme le plomb, le zinc, le cuivre ou l’argent. Leur récupération est importante à la fois pour la valeur économique du projet et pour la gestion environnementale des résidus restants.
Deux concentrés pourraient améliorer la valeur du projet
Les travaux métallurgiques ont convergé vers un schéma de traitement conceptuel produisant deux concentrés à haute teneur : un concentré de pyrite et un concentré de métaux de base.
Un concentré est un produit intermédiaire enrichi en minéraux utiles. Il n’est pas encore un métal pur, mais il contient une proportion plus élevée de métaux qu’au départ, ce qui le rend potentiellement commercialisable ou traitable dans une étape suivante.
Le concentré de pyrite contiendrait de l’argent et pourrait servir de source de soufre, notamment pour les engrais phosphatés ou certains procédés liés aux métaux critiques. Le concentré de métaux de base regrouperait notamment des minéraux associés au zinc, au plomb, au cuivre et à l’argent.
Ce schéma repose sur une flottation séquentielle : une première étape à pH acide pour isoler la pyrite, puis une seconde étape pour récupérer les métaux de base. Le pH mesure l’acidité ou l’alcalinité d’un milieu ; dans le traitement minier, il influence fortement le comportement des minéraux.
Un enjeu aussi environnemental
Le projet Quiulacocha vise également à produire des résidus finaux à faible teneur en soufre. Cet objectif est important, car les sulfures peuvent générer du drainage acide lorsqu’ils réagissent avec l’eau et l’oxygène. Ce phénomène peut acidifier les eaux et mobiliser certains métaux.
En retirant une grande partie des sulfures, le retraitement des anciens résidus pourrait donc avoir un double effet : récupérer des métaux encore présents et réduire le potentiel de pollution future. Cette dimension reste centrale pour les projets de retraitement minier, surtout dans des zones marquées par une longue histoire extractive.
Pourquoi ce résultat intéresse le marché de l’argent
L’annonce intervient dans un contexte de tensions persistantes sur l’offre mondiale d’argent. Le métal est utilisé à la fois comme actif d’investissement et comme matière première industrielle, notamment dans le photovoltaïque, l’électronique et certaines technologies de transition énergétique.
Pour les investisseurs européens et belges, ce type d’annonce rappelle que l’offre d’argent ne dépend pas seulement des nouvelles mines. Elle peut aussi venir du retraitement de stocks anciens, lorsque les cours du métal et les technologies rendent l’opération économiquement envisageable.
Cerro de Pasco Resources explorerait aussi des possibilités autour du gallium et de l’indium, deux métaux considérés comme critiques dans certaines applications technologiques. Ces travaux resteraient toutefois à un stade précoce et devront être confirmés par des essais supplémentaires.
Une étape prometteuse, pas encore une production
Le résultat de 94 % constitue un signal technique positif, mais il ne garantit pas à lui seul la rentabilité d’une exploitation commerciale. Les coûts de traitement, les volumes disponibles, les autorisations, les débouchés pour les concentrés et les conditions de marché resteront déterminants.
La principale information est donc claire : d’anciens résidus miniers péruviens pourraient devenir une source significative d’argent récupérable. Dans un marché du métal gris sous pression, la capacité à transformer des déchets historiques en nouvelles ressources sera un dossier à suivre de près.


