Les petits formats ont représenté une part croissante des achats d’or en Belgique au troisième trimestre 2026. Dans les ventes du Comptoir de l’Or, la part des produits d’investissement de 20 grammes ou moins a progressé de 27 %. Les particuliers se tourneraient davantage vers des lingots de faible poids et des pièces, plus accessibles à l’achat et plus simples à revendre.
Cette évolution intervient dans un climat d’incertitudes économiques, de tensions géopolitiques et de fluctuations des taux d’intérêt. Pour une partie des épargnants, l’or physique reste un outil de diversification : il s’agit de répartir son patrimoine entre plusieurs types d’actifs afin de ne pas dépendre d’un seul placement.
Des formats plus accessibles et plus flexibles
Un petit lingot est un lingot d’or de quelques grammes, par opposition aux formats plus lourds qui exigent une mise de départ élevée. Les pièces d’investissement, comme certaines pièces modernes ou historiques cotées selon leur poids d’or, répondent à la même logique : elles permettent d’acheter progressivement du métal précieux.
Le principal avantage de ces petits produits réside dans leur fractionnement. Un détenteur qui possède plusieurs pièces ou lingots de 5, 10 ou 20 grammes peut en céder une partie si nécessaire, sans devoir vendre l’ensemble de son stock. Cette liquidité — la capacité à revendre relativement facilement un actif — est recherchée par les acheteurs prudents.
Johan de Ruiter, cité dans ce contexte, observe que les clients cherchent à protéger leur patrimoine. Le mouvement ne traduit pas nécessairement une hausse généralisée du volume total des transactions : il marque surtout un changement dans la taille des produits achetés.
Bruxelles se distingue avec une hausse des transactions
L’activité globale du Comptoir de l’Or est restée relativement stable par rapport au troisième trimestre 2025. Bruxelles fait toutefois exception : le nombre de transactions y a progressé de 24,3 % sur un an. En Wallonie, l’activité est restée globalement stable.
Les transactions concernent l’or et l’argent physiques, c’est-à-dire des pièces, lingots ou objets en métal précieux détenus directement par l’acheteur, et non un produit financier qui suit simplement le cours de l’or.
Cette dynamique bruxelloise confirme l’intérêt persistant pour les métaux précieux comme actifs dits « refuges ». Ce terme désigne un placement recherché lorsque les marchés, l’économie ou la monnaie paraissent plus incertains. Il ne constitue toutefois pas une garantie : le prix de l’or peut évoluer à la hausse comme à la baisse, et l’écart entre le prix d’achat et le prix de revente doit être pris en compte.
L’inflation renforce l’intérêt pour l’or physique
L’inflation belge aurait atteint 4,69 % en septembre 2026, après quatre mois consécutifs de progression. Ce chiffre, rapporté par le Comptoir de l’Or, reste à confirmer par les données statistiques officielles. L’inflation mesure la hausse générale des prix : lorsqu’elle accélère, le pouvoir d’achat de l’argent conservé en espèces ou sur un compte peu rémunéré peut diminuer.
L’or ne verse ni intérêt ni dividende, mais certains épargnants l’utilisent pour préserver une part de leur capital sur le long terme. Les petits lingots et les pièces facilitent cette stratégie d’achat graduel, avec des montants adaptés au budget disponible.
La progression des petits formats montre ainsi une demande davantage orientée vers la flexibilité que vers les achats massifs. Avant tout achat, le particulier doit comparer les primes, vérifier l’authenticité et les conditions de reprise, puis anticiper les règles fiscales applicables à une éventuelle revente en Belgique.



