Alors que l’inflation américaine ralentit plus que prévu, ouvrant la voie à un assouplissement monétaire, les métaux précieux terminent l’année 2025 sur des niveaux historiques. Si l’or maintient sa tendance haussière, c’est le métal gris qui signe la performance la plus spectaculaire de l’année.
C’est un chiffre qui donne le tournis aux investisseurs et confirme le retour en force des matières premières : l’argent a progressé de 128 % depuis le début de l’année 2025. Cette performance exceptionnelle permet au métal gris de surclasser largement son grand frère, l’or, qui affiche tout de même une hausse annuelle très solide de 65 %.
En cette fin de semaine du 19 décembre 2025, l’euphorie sur les marchés des métaux ne semble pas vouloir retomber. L’argent au comptant a gagné 0,8 % pour s’établir à 65,93 dollars l’once, après avoir touché un sommet historique à 66,88 dollars plus tôt en séance. Le métal s’apprête ainsi à clôturer la semaine sur un gain de 6 %, porté par une dynamique industrielle et monétaire favorable.
L’inflation américaine relance les espoirs de baisse des taux
Le catalyseur principal de cette fin d’année réside dans les dernières statistiques économiques venues des États-Unis. Selon les données publiées ce vendredi, les prix à la consommation ont augmenté de 2,7 % sur un an en novembre. Ce chiffre est inférieur aux prévisions des économistes, qui s’attendaient à une inflation de 3,1 %.
Cette modération de la hausse des prix a immédiatement fait réagir les responsables de la politique monétaire. Austan Goolsbee, président de la Réserve fédérale (Fed) de Chicago, a déclaré que ces chiffres, inférieurs aux attentes, ouvrent la voie à davantage de baisses de taux l’année prochaine.
Pourquoi cela impacte-t-il le prix des métaux ?
L’or et l’argent ne génèrent pas d’intérêts (comme les obligations ou les dividendes d’actions). Lorsque les taux d’intérêt baissent, le « coût d’opportunité » de détenir des métaux diminue, ce qui les rend plus attractifs face au dollar ou aux bons du Trésor. De plus, une baisse des taux affaiblit généralement le dollar, rendant les métaux (libellés en dollars) moins chers pour les investisseurs étrangers.
L’or vise les 4 900 dollars pour 2026
Bien que l’argent vole la vedette, le métal jaune continue de consolider ses gains. L’or au comptant s’échangeait ce vendredi autour de 4 326,37 dollars l’once, en légère baisse journalière de 0,1 %, mais en passe de valider une progression hebdomadaire de 0,6 %.
Pour mesurer le chemin parcouru, il suffit de regarder dans le rétroviseur : en septembre 2024, l’once d’or s’échangeait encore aux alentours de 2 495 dollars. La barre des 4 000 dollars, qui semblait lointaine il y a un an, est désormais largement franchie.
Les perspectives restent d’ailleurs optimistes pour l’année à venir. Les analystes de Goldman Sachs anticipent une nouvelle hausse de 14 % pour l’or, avec un objectif de cours fixé à 4 900 dollars l’once d’ici décembre 2026.
Toutefois, le marché physique en Asie présente des signaux contrastés. En Inde, les remises sur l’or se sont élargies, atteignant un sommet de plus d’un mois, signe d’une demande locale potentiellement freinée par les prix élevés. À l’inverse, les décotes en Chine ont atteint leur niveau le plus bas depuis fin août 2020, suggérant un appétit soutenu des acheteurs chinois malgré les niveaux de prix records.
Le retour en grâce du platine et du palladium
L’engouement ne se limite pas aux deux métaux les plus populaires. Le secteur des platinoïdes connaît également une semaine faste. Le platine a touché un sommet de plus de 17 ans, tandis que le palladium a atteint un plus haut de près de 3 ans. Les deux métaux industriels, essentiels notamment pour le secteur automobile, s’orientent vers des gains hebdomadaires significatifs, confirmant que le cycle haussier des matières premières est généralisé.
Dans ce contexte de rupture des équilibres économiques traditionnels, la diversification vers les métaux précieux continue de s’imposer comme une stratégie privilégiée par les investisseurs pour préserver leur pouvoir d’achat face aux incertitudes monétaires.



