53,59 euros l’once vendredi matin : l’argent revient près de son niveau de départ hebdomadaire, après plusieurs séances mouvementées. Le métal gris affichait une variation officielle de -0,1 % sur la semaine, après une hausse de 0,5 % la semaine précédente, selon Bdor.
L’once troy — unité de mesure des métaux précieux équivalant à 31,103 grammes — a oscillé entre 1,697 et 1,752 euro le gramme avant de se replier vers 1,723 euro. Cela représente environ 53,6 euros l’once. Pour les épargnants belges, cette stabilité hebdomadaire apparente masque donc une volatilité importante à très court terme.
Des écarts de cotation selon l’heure et la devise
Les prix publiés peuvent varier au cours d’une même journée et d’un fournisseur à l’autre. À 17 h 05, vendredi 9 octobre, Goldmarket affichait ainsi une référence de 1,7457 euro le gramme, soit 54,30 euros l’once troy, en hausse de 2,9 % sur la séance.
Cette différence ne signifie pas nécessairement que le marché évolue dans des directions opposées. Le cours de l’argent dépend du prix international du métal, généralement exprimé en dollars, mais aussi du taux de change entre l’euro et le dollar. L’heure de mise à jour, la méthode de conversion et la référence retenue peuvent également créer des écarts.
Pour un acheteur ou un vendeur, le cours affiché constitue donc un indicateur. Le prix réellement payé ou reçu dépend aussi de la prime, c’est-à-dire l’écart entre la valeur théorique du métal et le prix d’un produit physique, ainsi que des frais éventuels.
Taux réels et pétrole pèseraient sur le métal gris
La relative faiblesse de l’argent s’expliquerait notamment par le maintien de taux réels américains élevés. Un taux réel correspond au taux d’intérêt corrigé de l’inflation. Lorsqu’il augmente, il renforce le coût d’opportunité de détenir de l’argent : contrairement à une obligation ou à un dépôt rémunéré, le métal ne verse pas de revenu.
Des discours jugés restrictifs de responsables de la Réserve fédérale américaine soutiendraient aussi le dollar. Or, un dollar ferme peut rendre l’argent plus coûteux pour les acheteurs utilisant d’autres monnaies, ce qui peut freiner la demande.
Le pétrole WTI évoluait autour de 90,36 dollars le baril, en hausse de 1,04 % sur 24 heures d’après les données reprises par Bdor. Cette progression pourrait accroître les coûts énergétiques de certaines activités industrielles. L’argent possède en effet une double fonction : métal précieux recherché pour la préservation du capital, mais aussi matière première utilisée dans l’électronique, le solaire et de nombreux procédés industriels.
L’argent sous-performerait l’or sur un mois
Le ratio or/argent s’établirait à 69,4, contre 65,4 un mois plus tôt, selon Bdor. Ce ratio indique le nombre d’onces d’argent nécessaires pour acheter une once d’or. Lorsqu’il monte, cela traduit généralement une sous-performance de l’argent par rapport à l’or.
Sur un mois, l’argent reculerait de 7,3 %, contre une baisse de 1,6 % pour l’or. Sur trois mois, les évolutions resteraient en revanche proches : +5,8 % pour l’argent et +5,9 % pour l’or. Ces données rappellent que l’argent tend à connaître des mouvements plus amples que l’or, à la hausse comme à la baisse.
La Fed restera le rendez-vous à surveiller
La prochaine réunion de la Fed devrait concentrer l’attention des marchés. D’après l’indicateur CME FedWatch cité par Bdor, la probabilité implicite d’une hausse de taux lors de la prochaine échéance serait tombée sous 18 %, contre environ 38 % une semaine auparavant. Les anticipations pour décembre resteraient toutefois plus élevées.
Un ton plus accommodant de la banque centrale américaine pourrait alléger la pression sur le dollar et les taux réels, deux facteurs potentiellement favorables à l’argent. À l’inverse, la confirmation d’une politique monétaire durablement restrictive maintiendrait un environnement moins porteur pour le métal.
Après une semaine de zigzags, l’argent se rapproche donc de l’équilibre en euros. Mais sa trajectoire demeure étroitement liée aux décisions monétaires américaines, au dollar et à la conjoncture industrielle.



