52,81 euros. L’once d’argent est repassée sous le seuil de 53 euros le 14 octobre au matin, après une baisse de 2,56 % sur 24 heures. Sur une semaine, le métal blanc affiche un repli de 2,8 %, signalant une correction à court terme sur un marché sensible aux taux d’intérêt et aux perspectives économiques.
L’once désigne une unité de poids utilisée sur les marchés des métaux précieux. Une once troy équivaut à 31,103 grammes. Pour les épargnants belges et européens, le cours exprimé en euros est particulièrement important : il détermine directement le prix indicatif des pièces et lingots, avant les primes et frais appliqués par les professionnels.
Une baisse sur la semaine et sur le mois
Après une semaine précédente presque stable, à -0,2 %, l’argent a perdu 2,8 % sur la dernière semaine observée. Sur un mois, le recul atteint 3,5 %.
Cette baisse ne remet toutefois pas entièrement en cause la hausse enregistrée ces derniers mois. Sur trois mois, l’argent reste en progression de 8,8 %. La trajectoire demeure donc positive à cette échelle, mais elle est désormais marquée par une volatilité élevée.
La volatilité correspond à l’ampleur et à la fréquence des variations de prix. Elle est souvent plus forte pour l’argent que pour l’or. L’argent cumule en effet deux caractéristiques : il est recherché comme métal précieux, mais il est aussi utilisé dans l’industrie, notamment dans l’électronique, le solaire et certains équipements technologiques.
Les anticipations de taux pèsent sur le métal blanc
Le repli s’expliquerait principalement par l’attente de données sur l’inflation américaine et par les incertitudes entourant la future trajectoire des taux d’intérêt. Même si la Réserve fédérale américaine, la Fed, a tenu des propos jugés accommodants, les marchés paraissent attendre des éléments plus concrets avant de renforcer leurs achats de métaux précieux.
Les taux réels anticipés jouent un rôle central. Ils correspondent, de manière simplifiée, aux taux d’intérêt corrigés de l’inflation attendue. Lorsque ces taux semblent devoir rester élevés, les métaux sans rendement, comme l’or et l’argent, peuvent devenir moins attractifs face aux placements rémunérés.
L’argent serait en outre pénalisé par sa composante industrielle. Des perspectives de croissance moins favorables peuvent réduire les anticipations de demande dans les secteurs qui consomment ce métal. La hausse du pétrole et les tensions géopolitiques pourraient également entretenir des incertitudes sur les coûts et l’activité industrielle.
L’argent sous-performe l’or à court terme
Le ratio or/argent s’établit à 70,2, contre 68,0 un mois auparavant. Ce ratio indique le nombre d’onces d’argent nécessaires pour acheter une once d’or. Sa hausse signifie que l’or s’est mieux comporté que l’argent sur la période récente.
Un ratio en hausse ne signifie pas automatiquement que l’argent doit rebondir. Il met surtout en évidence une sous-performance relative du métal blanc. Les investisseurs doivent également tenir compte de leur horizon de placement, de la fiscalité applicable et de l’écart entre le cours spot et le prix réellement proposé pour des pièces ou des lingots.
Le cours spot est le prix de référence du métal pour une livraison immédiate sur les marchés internationaux. Le prix payé par un particulier inclut généralement une prime, qui couvre notamment la fabrication, la logistique et la marge du vendeur.
Le passage sous 53 euros constitue ainsi un repère de marché à suivre. Il confirme une pression de court terme sur l’argent, sans effacer sa hausse de 8,8 % sur trois mois. Les prochaines données américaines sur l’inflation et les anticipations de taux pourraient déterminer si cette correction se prolonge ou si le métal retrouve un soutien.



