L’argent double sa valeur en 2025 et atteint un record historique, porté par le statut de minéral critique
Le marché des métaux précieux est en ébullition en cette fin d’année. Alors que l’argent métal enregistre une hausse spectaculaire de plus de 100 % depuis janvier, l’or continue de consolider ses positions au-dessus des 4 200 euros. Cette flambée intervient dans un contexte d’assouplissement monétaire attendu de la part de la Réserve fédérale américaine.
C’est une performance qui fera date dans l’histoire des matières premières. Plus de 100 % de hausse : c’est le bilan affiché par l’argent métal depuis le début de l’année 2025. Ce mercredi 10 décembre, le métal gris a franchi un nouveau seuil psychologique et technique en s’échangeant à plus de 62 euros l’once, un niveau record qui attire l’attention de tous les investisseurs, des industriels aux particuliers.
Cette surperformance, bien supérieure à celle de nombreux autres actifs, s’explique par une convergence de facteurs industriels et monétaires, redéfinissant le rôle de ce métal souvent resté dans l’ombre de l’or.
L’argent désigné « minéral critique » par Washington
Le catalyseur principal de cette accélération fulgurante réside dans une décision politique majeure venue des États-Unis. Le gouvernement américain a officiellement désigné l’argent comme un « minéral critique ». Cette classification n’est pas anodine : elle reconnaît le rôle indispensable de l’argent dans les industries stratégiques de demain, notamment l’électronique de pointe, les panneaux photovoltaïques et l’industrie automobile électrique.
Cette reconnaissance institutionnelle a provoqué un choc de demande sur les marchés. En sécurisant les approvisionnements et en soulignant la rareté relative du métal face aux besoins industriels croissants, Washington a envoyé un signal fort aux investisseurs, propulsant les cours vers des sommets inédits.
L’or se maintient sur des sommets
Si l’argent capte la lumière, le métal jaune n’est pas en reste. L’or au comptant a progressé de 0,1 % ce mercredi pour atteindre 4 211,24 euros l’once. Cette stabilité à très haute altitude confirme la tendance de fond observée tout au long de l’automne. Pour rappel, le métal jaune avait franchi pour la première fois la barre symbolique des 4 000 dollars l’once sur le marché asiatique en octobre dernier.
Les perspectives restent d’ailleurs orientées à la hausse selon les grandes institutions financières. La banque d’investissement Goldman Sachs a récemment relevé son objectif de cours, anticipant un prix de l’or à 4 900 dollars l’once pour la fin de l’année 2026.
Qu’est-ce que le marché au comptant ?
Le marché au comptant (ou « spot market ») désigne un marché où les actifs financiers, comme l’or ou l’argent, sont échangés pour une livraison immédiate. Le prix « spot » est le prix actuel du marché, par opposition au prix des contrats à terme (futures) qui anticipent une livraison à une date ultérieure.
La Fed et l’incertitude politique en soutien
Au-delà de l’offre et de la demande physique, la politique monétaire américaine joue un rôle clé dans la valorisation des métaux précieux. Les marchés anticipent largement que la Réserve fédérale (Fed) procèdera à une réduction de ses taux d’intérêt de 25 points de base.
Une baisse des taux est mécaniquement favorable à l’or et à l’argent. Ces actifs ne générant pas de rendements (comme les dividendes ou les coupons obligataires), ils deviennent plus attractifs lorsque les taux d’intérêt réels diminuent, réduisant ainsi le coût d’opportunité de leur détention.
En parallèle, le paysage politique américain ajoute une couche d’incertitude favorable aux valeurs refuges. Le président Donald Trump a entamé des consultations pour trouver un successeur à Jerome Powell, l’actuel président de la Fed, dont le mandat s’achève en mai 2026. Ce changement de garde potentiel à la tête de la banque centrale la plus puissante du monde incite les investisseurs à la prudence et à la diversification.
Une année 2025 marquée par l’instabilité
La résilience des cours de l’or et l’envolée de l’argent s’inscrivent également dans le prolongement d’une année géopolitique complexe. L’automne 2025 a été marqué par de fortes turbulences, notamment le « shutdown » des administrations américaines en octobre faute d’accord budgétaire, ou encore la démission du Premier ministre français Sébastien Lecornu, qui avait aggravé les inquiétudes sur la dette française.
Ces événements successifs ont renforcé le réflexe des épargnants vers les actifs tangibles. Tandis que le CAC 40 tente de reprendre des couleurs, s’affichant à 8 071,90 points (+0,61 %), et que le Bitcoin connaît une volatilité extrême (ayant dépassé les 125 000 dollars en séance plus tôt dans la saison), les métaux précieux confirment leur statut de protection contre l’instabilité monétaire et politique.



