Le cours de l’or s’inscrit en baisse à l’approche des nouvelles données sur l’inflation aux États-Unis. Les investisseurs réduisent leur exposition au métal précieux, dans l’attente d’indicateurs qui pourraient conforter l’hypothèse de futures hausses de taux d’intérêt.
Les taux d’intérêt pèsent sur le métal jaune
L’inflation américaine est surveillée de près, car elle constitue l’un des principaux éléments pris en compte par la Réserve fédérale américaine, la Fed, pour fixer ses taux directeurs. Ces taux sont les taux de référence qui influencent ensuite le coût du crédit dans l’économie.
Lorsque les marchés anticipent une hausse des taux, l’or tend souvent à perdre une partie de son attrait à court terme. Le métal ne verse ni intérêt ni dividende : son détenteur ne perçoit pas de revenu régulier. Des rendements plus élevés sur les obligations ou les placements monétaires peuvent donc inciter certains investisseurs à arbitrer, c’est-à-dire à vendre une partie de leur or pour se tourner vers des actifs rémunérés.
Cette logique explique le repli observé avant la publication des chiffres américains. Les opérateurs préfèrent limiter leur risque avant de connaître l’évolution des prix à la consommation aux États-Unis.
Une publication déterminante pour les marchés
Des chiffres d’inflation plus élevés que prévu pourraient renforcer les anticipations de resserrement monétaire. Le resserrement monétaire désigne une politique de taux plus élevés, destinée à ralentir la hausse des prix en freinant la demande et le crédit.
À l’inverse, une inflation moins forte pourrait alléger la pression sur l’or. Elle réduirait l’idée que la Fed devra relever ses taux de manière plus marquée ou les maintenir longtemps à un niveau élevé.
Pour les épargnants belges et européens, l’évolution du prix de l’or dépend aussi du taux de change entre l’euro et le dollar. L’or étant généralement coté en dollars, une variation de la monnaie américaine peut amplifier ou atténuer le mouvement du métal exprimé en euros.
Prudence avant la volatilité
La baisse actuelle reflète avant tout un positionnement de marché à court terme. Elle ne tranche pas la question de la tendance durable de l’or, qui reste influencée par l’inflation, les décisions des banques centrales, les rendements obligataires, le dollar et les risques géopolitiques.
La publication américaine pourrait donc provoquer de nouveaux mouvements sur le cours de l’or, à la baisse comme à la hausse. Pour un acheteur physique, un repli ponctuel ne suffit pas à lui seul à définir une stratégie : le prix d’achat final dépend également de la prime appliquée aux pièces ou aux lingots, ainsi que du cours de l’or en euros.



