Après avoir frôlé 4 700 dollars l’once fin août, l’or évoluait autour de 4 000 dollars au début d’octobre : une correction d’environ 13 % qui se prolonge désormais dans un environnement pétrolier plus tendu.
Les cours de l’or reculent de nouveau ce 22 octobre 2026. La hausse des prix du pétrole ravive les craintes inflationnistes sur les marchés et pèse sur le métal précieux. Ce mouvement peut sembler paradoxal : l’or est souvent présenté comme une protection contre l’inflation. Mais, à court terme, la crainte dominante concerne surtout la réponse des banques centrales à cette inflation.
Un pétrole plus cher peut prolonger des taux élevés
Lorsque le pétrole augmente, les coûts du transport, de l’énergie et de production peuvent progresser. Cette hausse peut ensuite se répercuter, en partie, sur les prix payés par les ménages et les entreprises. Les investisseurs redoutent alors une inflation plus persistante.
Dans ce contexte, les banques centrales pourraient maintenir des taux d’intérêt élevés plus longtemps, ou retarder toute baisse de taux. Les taux d’intérêt représentent le coût de l’emprunt et la rémunération de certains placements, comme les obligations.
Cette perspective est défavorable à l’or à court terme. L’or ne verse ni intérêt ni dividende : il s’agit d’un actif dit non rémunérateur. Quand les rendements obligataires deviennent plus attractifs, une partie des capitaux peut se détourner du métal jaune au profit de titres de dette offrant un revenu régulier.
Une pression déjà visible depuis septembre
Ce mécanisme n’est pas nouveau sur le marché actuel. Le 24 septembre, l’or était tombé à son plus bas niveau en une semaine, dans un contexte combinant hausse du pétrole et discours restrictif de la Réserve fédérale américaine. Une politique monétaire restrictive vise à freiner l’inflation, notamment en maintenant des conditions de crédit plus coûteuses.
La baisse actuelle s’inscrit également dans une phase de correction observée depuis la fin de l’été. Après avoir approché 4 700 dollars l’once fin août, l’or serait revenu vers 4 000 dollars au début d’octobre, d’après les données publiées par Café du Trading. Une correction désigne un recul des prix après une hausse importante ; elle ne signifie pas nécessairement un changement durable de tendance.
Ce que doivent surveiller les épargnants belges
Pour un acheteur ou détenteur d’or en Belgique, le cours affiché en dollars ne constitue qu’une partie de l’équation. Le taux de change entre l’euro et le dollar influence aussi le prix de l’or exprimé en euros. Un euro qui se renforce face au dollar peut limiter la hausse, voire accentuer la baisse, du prix payé en euros.
Les prochains mouvements dépendront notamment de l’évolution du pétrole, des données d’inflation et des messages de la Réserve fédérale. À plus long terme, l’or conserve son rôle de diversification et de réserve de valeur pour certains épargnants. Mais l’épisode actuel rappelle que le métal précieux peut reculer, y compris lorsque les risques inflationnistes remontent : tout dépend alors du niveau anticipé des taux d’intérêt réels et de la réaction des banques centrales.



