Quatre séances de baisse d’affilée : l’or au comptant est tombé à 4 119 dollars l’once mercredi 21 octobre à 12 h 28, tandis que les contrats à terme s’échangeaient à 4 136 dollars. La remontée des prix du pétrole nourrit les inquiétudes sur l’inflation et pèse sur le métal précieux.
L’or joue habituellement un rôle de valeur refuge lors des périodes d’incertitude. Mais cette protection contre l’inflation peut être temporairement éclipsée lorsque les marchés anticipent une réponse plus ferme des banques centrales. Des taux d’intérêt élevés rendent notamment les obligations et les placements rémunérés relativement plus attractifs que l’or.
Pourquoi le pétrole fait pression sur l’or
Une hausse durable du pétrole renchérit les coûts de transport, de production et, à terme, de nombreux biens de consommation. Les marchés pourraient donc y voir un risque d’inflation plus persistante.
Cette tension sur l’énergie serait liée à l’instabilité géopolitique au Moyen-Orient. Les risques pesant sur le transport maritime en mer Rouge ainsi que des menaces évoquées contre des installations énergétiques en Arabie saoudite soutiendraient les cours pétroliers. Cette chaîne de transmission est importante pour les détenteurs d’or : pétrole plus cher, inflation anticipée plus forte, puis attentes de taux plus élevés.
Des taux élevés augmentent le coût d’opportunité
L’or ne verse ni intérêt ni dividende. Son coût d’opportunité correspond au revenu auquel renonce un investisseur en le détenant plutôt qu’en plaçant son argent dans un actif rémunéré, comme une obligation d’État ou un compte à terme.
Lorsque les rendements progressent, ce coût augmente. Des analystes estiment ainsi que le regain de risques inflationnistes pourrait renforcer l’hypothèse d’un durcissement monétaire plus marqué aux États-Unis. Cette anticipation maintiendrait une pression baissière sur le métal jaune, malgré son statut traditionnel de protection face aux crises.
Les projections de marché citées par l’outil CME FedWatch plaçaient la probabilité d’une hausse des taux de la Réserve fédérale à 15 % en octobre et à 88 % en décembre. Ces chiffres ne constituent pas une décision de la Fed : ils reflètent les anticipations des opérateurs à partir des prix des contrats à terme sur taux.
L’inflation américaine, prochain test pour le marché
Les investisseurs suivront le prochain rapport sur les dépenses de consommation des ménages aux États-Unis. Cet indicateur inclut une mesure de l’inflation particulièrement surveillée par la Réserve fédérale dans son objectif de stabilité des prix fixé à 2 %.
Un chiffre supérieur aux attentes pourrait conforter le scénario de taux durablement élevés et prolonger la pression sur l’or. À l’inverse, un ralentissement plus net de l’inflation pourrait réduire ces anticipations et offrir un soutien au cours du métal.
Pour les épargnants belges et européens, cette séquence rappelle que le prix de l’or dépend autant des taux américains et du dollar que de l’inflation ou des tensions géopolitiques. La prochaine évolution du pétrole et des données américaines sera donc déterminante pour apprécier si ce repli de quatre jours relève d’une correction ponctuelle ou d’un mouvement plus durable.



