3 734,07 euros l’once : le cours de l’or évoluait presque à l’équilibre le 19 octobre, avec un recul limité à 0,1 % sur une semaine. Le métal jaune se maintient ainsi autour du seuil de 3 730 euros, légèrement au-dessus de ce niveau, avant la prochaine décision de la Réserve fédérale américaine (Fed).
Cette phase de stagnation reflète surtout l’attentisme des investisseurs. La Fed doit se réunir les 27 et 28 octobre à Washington pour trancher l’évolution de ses taux directeurs, c’est-à-dire les taux qui influencent le coût du crédit dans l’ensemble de l’économie américaine.
Le marché attend un signal de la Fed
L’or ne verse ni intérêt ni dividende. Lorsque les taux obligataires ou les rendements des placements monétaires augmentent, le coût d’opportunité de détenir du métal précieux progresse : les investisseurs peuvent préférer des actifs rémunérés. À l’inverse, des perspectives de baisse de taux tendent généralement à soutenir l’or.
Les comptes rendus de la réunion de septembre ont confirmé un relèvement de 25 points de base — soit 0,25 point de pourcentage — du taux directeur américain, porté dans une fourchette de 3,75 % à 4,00 %. La plupart des responsables de la Fed estimaient alors qu’une nouvelle hausse pourrait être nécessaire avant la fin de l’année, dans un contexte d’inflation encore supérieure à l’objectif de la banque centrale.
Les anticipations pour octobre auraient néanmoins diminué après les dernières déclarations prudentes de Kevin Warsh. D’après les probabilités implicites suivies par l’outil FedWatch du CME Group, la probabilité d’une hausse dès octobre serait retombée d’environ 30 % à 15 %. Le marché attribuerait cependant toujours plus de 90 % de probabilité à un relèvement en décembre. Ces estimations ne constituent pas une prévision officielle de la Fed : elles évoluent en permanence avec les prix de marché.
La période de réserve réduit les catalyseurs
La banque centrale américaine est désormais entrée dans sa période de réserve précédant la réunion. Ses dirigeants limitent habituellement leurs commentaires publics durant cette phase. Le marché dispose donc de moins d’indices pour ajuster ses scénarios, ce qui favorise une évolution en consolidation.
Une consolidation désigne une période durant laquelle un cours fluctue dans une fourchette étroite, sans tendance haussière ou baissière claire. L’or avait déjà connu ce comportement avant la publication des données américaines d’inflation le 14 octobre.
Un dollar plus faible, mais un soutien limité en euros
La baisse du dollar n’a apporté qu’un soutien modéré aux détenteurs européens. Sur 24 heures, le Dollar Index, qui mesure le billet vert face à plusieurs grandes devises, reculait de 0,66 %. En théorie, un dollar plus faible rend l’or libellé en dollars plus accessible aux acheteurs utilisant d’autres monnaies et peut soutenir son cours.
Mais l’euro a lui aussi perdu du terrain : la parité EUR/USD reculait de 0,23 %, à 1,1222. Cette baisse a partiellement neutralisé l’avantage du recul du dollar pour les acheteurs de la zone euro. L’or coté en euros ne gagnait ainsi qu’environ 0,22 % sur vingt-quatre heures.
Pour un épargnant belge, le prix en euros reste le repère déterminant lors d’un achat d’or physique. Il dépend à la fois du cours international de l’or, généralement exprimé en dollars par once, et du taux de change entre l’euro et le dollar. Une once troy correspond à 31,103 grammes.
La décision de la Fed pourrait donc constituer le prochain facteur de direction pour le métal jaune. À court terme, le maintien de taux élevés ou l’anticipation d’un nouveau durcissement monétaire resterait un frein pour l’or ; un discours plus accommodant pourrait au contraire raviver la demande.



