Trois tonnes achetées en octobre, après trois mois de ventes nettes : la Banque centrale de la République de Turquie aurait amorcé un changement de rythme dans la gestion de ses réserves d’or. Ce retour à l’achat resterait toutefois ponctuel et ne permettrait pas, à ce stade, de conclure à un virage durable de la stratégie turque.
Un achat limité après un fort allègement
La banque centrale turque aurait acheté 3 tonnes d’or en octobre 2026. Cette opération interviendrait après trois mois consécutifs de ventes nettes, c’est-à-dire des volumes d’or vendus supérieurs aux volumes achetés.
Depuis janvier, la Turquie resterait néanmoins vendeuse nette à hauteur de 82 tonnes. La plus grande partie de ces cessions se serait concentrée au premier trimestre. L’achat d’octobre ne représenterait donc qu’une faible fraction des volumes précédemment vendus.
Les réserves officielles regroupent les actifs détenus par une banque centrale, notamment les devises étrangères et l’or. Pour un pays confronté à une monnaie fragile et à une inflation élevée, ces réserves servent notamment à soutenir la stabilité financière et à répondre aux besoins de paiement en devises.
Une décision qui pourrait relever de la trésorerie
Les raisons précises de ce nouvel achat ne sont pas établies. Il pourrait répondre à des besoins de gestion de trésorerie publique, de bilan ou de devises, plutôt qu’à une volonté affirmée d’accroître durablement la part de l’or dans les réserves nationales.
Cette nuance est essentielle. Une banque centrale peut vendre de l’or afin de dégager des liquidités ou de rééquilibrer ses actifs, puis acheter à nouveau lorsque ses besoins évoluent. Un achat mensuel ne suffit pas à confirmer un retournement de tendance.
L’inflation, qui mesure la hausse générale des prix et réduit le pouvoir d’achat de la monnaie, renforce toutefois l’attention portée à l’or en Turquie. Le métal jaune ne verse pas d’intérêt, mais il est souvent considéré comme un actif de diversification : un actif détenu pour réduire la dépendance à une seule monnaie ou à un seul type de placement.
L’or reste au centre des arbitrages des banques centrales
La Turquie ne serait pas isolée. En octobre, les banques centrales de Bolivie et du Ghana auraient chacune acquis environ une tonne d’or. Ces volumes demeureraient modestes, mais illustreraient l’existence d’une demande officielle répartie entre plusieurs pays.
Cette demande intervient après une période très mouvementée pour le cours de l’or. Une source de conseil patrimonial évoquait un sommet à 5 598 dollars l’once — l’once troy correspondant à 31,1 grammes — le 15 janvier 2026, avant un repli autour de 4 300 à 4 650 dollars en septembre. Ce niveau de janvier n’est toutefois pas confirmé par des données indépendantes dans les éléments disponibles et doit être traité avec prudence.
Pour les épargnants belges et francophones, le signal principal est moins l’achat isolé de 3 tonnes que la prudence nécessaire face aux annonces de banques centrales. Les mouvements officiels peuvent soutenir l’intérêt de long terme pour l’or, sans annoncer à eux seuls une hausse immédiate du prix. La trajectoire turque devra être observée sur plusieurs mois pour déterminer si octobre marque un simple ajustement technique ou le début d’une véritable reconstitution des réserves.



