Autour de 4 140 dollars l’once, l’or conserve son équilibre malgré deux vents contraires majeurs : un dollar américain plus ferme et des rendements obligataires en hausse.
L’once troy, l’unité de référence du marché de l’or qui équivaut à 31,103 grammes, reste ainsi proche d’un seuil élevé. Cette résistance est notable : l’or ne verse pas de revenu régulier, contrairement à une obligation. Lorsque les taux montent, détenir du métal devient en principe moins attractif face aux placements rémunérés.
Des facteurs habituellement défavorables à l’or
La hausse des rendements obligataires reflète l’augmentation de la rémunération demandée par les investisseurs pour prêter aux États ou aux entreprises. Elle accroît le coût d’opportunité de l’or : conserver un lingot ou une pièce ne génère ni intérêt ni coupon, c’est-à-dire le paiement périodique versé par une obligation.
Un dollar plus fort constitue également un obstacle classique. L’or étant principalement coté en dollars, son prix devient plus élevé pour les acheteurs utilisant l’euro ou d’autres devises lorsque le billet vert s’apprécie. Cette hausse peut réduire une partie de la demande internationale.
Malgré ces éléments, le cours demeure proche de 4 140 dollars. Le marché de l’or apparaît donc soutenu, même dans un environnement monétaire moins favorable.
Les anticipations de taux restent déterminantes
Le 5 octobre, l’or progressait légèrement alors que les anticipations d’un nouveau relèvement des taux de la Réserve fédérale américaine en octobre semblaient s’atténuer. Cette information, non définitivement confirmée, pourrait contribuer à limiter la pression sur le métal précieux.
Les décisions des banques centrales restent en effet un moteur essentiel du marché. En septembre, les hausses de taux de la Réserve fédérale et de la Banque centrale européenne avaient pesé sur l’or. La Fed avait relevé ses taux le 16 septembre, après une décision de la BCE le 10 septembre, selon les informations alors rapportées.
Pour un épargnant belge ou de la zone euro, le prix affiché en dollars ne suffit toutefois pas à évaluer la performance réelle. Il faut aussi suivre le taux de change euro-dollar. Un renforcement du dollar peut amortir, voire compenser en partie, une baisse du cours de l’or exprimé en dollars pour un investisseur achetant ou revendant en euros.
Un seuil élevé à suivre pour les acheteurs
À ce niveau de prix, les investisseurs doivent distinguer le cours international de l’or de l’or physique. Le prix final d’un lingot ou d’une pièce comprend généralement une prime, c’est-à-dire l’écart entre le cours du métal et le prix de vente facturé. Cette prime couvre notamment la fabrication, la logistique et la marge du vendeur.
La tenue de l’or près de 4 140 dollars confirme surtout que le marché absorbe, pour l’instant, la remontée du dollar et des rendements. Les prochaines indications de politique monétaire américaine et européenne resteront décisives pour déterminer si ce soutien peut se prolonger.



