L’or au comptant atteindrait 4 161 dollars l’once lundi 5 octobre, tandis que les contrats à terme s’établiraient autour de 4 190 dollars. Le mouvement serait alimenté par des indicateurs de l’emploi américain jugés décevants, qui réduiraient les anticipations d’un nouveau durcissement monétaire de la Réserve fédérale (Fed) dès octobre.
Selon les informations rapportées par Business AM, ces données plus faibles raviveraient l’intérêt des investisseurs pour le métal précieux. La progression resterait toutefois limitée par le raffermissement du dollar américain.
Des taux moins élevés, un contexte favorable à l’or
La Fed fixe ses taux directeurs, c’est-à-dire le coût auquel l’argent circule dans le système financier américain. Lorsque ces taux augmentent, les placements rémunérés, tels que les obligations, peuvent devenir plus attractifs face à l’or.
L’or ne verse ni intérêt ni dividende. Son attrait dépend donc en partie du niveau des rendements monétaires et obligataires. La perspective d’une hausse de taux moins probable réduirait le coût d’opportunité de détenir de l’or, ce qui soutiendrait les cours.
Les chiffres de l’emploi constituent un indicateur particulièrement suivi par les marchés. Un marché du travail robuste peut inciter une banque centrale à maintenir une politique restrictive afin de contenir l’inflation. À l’inverse, des données décevantes peuvent plaider pour davantage de prudence monétaire.
Dans ce contexte, les investisseurs semblent réviser leurs anticipations pour la réunion d’octobre de la Fed. Cette révision ne constitue pas une décision de la banque centrale : elle reflète l’évaluation, par le marché, de la trajectoire économique américaine.
Un dollar plus fort freinerait la hausse
Le rebond de l’or se heurterait néanmoins à la fermeté du billet vert. L’or étant coté principalement en dollars, une appréciation de la monnaie américaine le rend mécaniquement plus coûteux pour les acheteurs utilisant l’euro ou d’autres devises.
Cet effet de change peut réduire la demande internationale et contenir la progression du prix exprimé en dollars. Pour un épargnant belge, il faut donc distinguer deux éléments : le cours mondial de l’or en dollars et la parité euro-dollar. Un euro plus faible face au dollar peut accroître le prix de l’or en euros, même si le cours international varie peu.
Les tensions au Moyen-Orient maintiennent la demande refuge
L’environnement géopolitique resterait un second soutien au métal jaune. L’instabilité au Moyen-Orient continuerait d’encourager une partie des investisseurs à se tourner vers les actifs dits refuges.
Un actif refuge est un placement recherché lors des périodes d’incertitude économique, financière ou géopolitique. L’or physique est souvent considéré comme tel, notamment parce qu’il ne dépend pas directement de la solvabilité d’une entreprise ou d’un État.
Cette fonction n’empêche pas des mouvements de prix parfois rapides. L’évolution des taux américains, du dollar, de l’inflation et des risques géopolitiques peut modifier la demande à court terme.
Les banques centrales restent au centre de l’attention
Les investisseurs surveillent également le changement de ton des banques centrales au-delà des États-Unis. Au Japon, la Banque du Japon aurait porté son taux directeur à 1,25 % en septembre, un niveau présenté comme inédit depuis trente et un ans. Le 2 octobre, le ministre japonais de l’Économie, Minoru Kiuchi, a déclaré publiquement que le pays ne se trouvait plus en déflation et n’aurait plus besoin d’une politique monétaire excessivement accommodante destinée à créer davantage d’inflation.
Cette normalisation japonaise illustre la divergence possible entre grandes banques centrales. Elle pourrait entraîner des ajustements sur les devises, les obligations et les flux d’investissement mondiaux, avec des répercussions indirectes sur l’or.
À court terme, la prochaine orientation de l’or dépendra largement des données américaines et des signaux de la Fed. Pour les acheteurs d’or physique en Belgique, la comparaison doit porter sur le prix final en euros, incluant la prime du vendeur, plutôt que sur le seul cours affiché en dollars.



