À 11 h 37 GMT, l’or au comptant gagnait 1,02 % à 4 386,25 dollars l’once, tandis que les contrats à terme progressaient de 0,58 % à 4 425,85 dollars. Le métal jaune rebondit ce vendredi 18 septembre après le recul des rendements des bons du Trésor américain et trois séances de baisse du pétrole.
L’or enregistrait ainsi un gain hebdomadaire proche de 0,5 %, après avoir effacé la majeure partie de ses pertes précédentes. L’argent, le platine et le palladium avançaient également, alors que l’indice du dollar restait globalement stable.
Des taux obligataires plus bas soutiennent l’or
Un bon du Trésor est une obligation émise par l’État américain. Son rendement correspond au taux de rémunération exigé par les investisseurs pour détenir ce titre. Lorsque ce rendement baisse, l’or devient relativement plus attractif.
En effet, l’or ne verse ni intérêt ni dividende. Détenir du métal physique ou une exposition financière à l’or a donc un coût d’opportunité : l’investisseur renonce aux intérêts qu’il aurait pu percevoir sur une obligation ou un produit monétaire. Des taux et des rendements en baisse réduisent ce coût.
Les rendements américains avaient initialement progressé après la décision de politique monétaire de la Réserve fédérale. Leur reflux a ensuite apporté un soutien immédiat au métal précieux. Pour les acheteurs belges et européens, le niveau de l’euro face au dollar demeure toutefois déterminant : l’or est coté internationalement en dollars, puis converti en euros par les négociants.
La baisse du pétrole apaise les craintes inflationnistes
Le pétrole reculait pour une troisième journée consécutive. Cette détente intervient après une période de tensions liées au trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, qui avait poussé les cours de l’énergie vers un plus haut de trois semaines.
Un pétrole moins cher peut contribuer à modérer les anticipations d’inflation. Les marchés redoutent moins, à court terme, une hausse généralisée des prix susceptible de conduire les banques centrales à maintenir durablement des taux élevés. Ce contexte a favorisé le rebond de l’or.
Le lien n’est pas automatique : l’or est souvent considéré comme une protection contre l’inflation, mais il peut aussi souffrir lorsque cette inflation entraîne une nette hausse des taux réels. Le taux réel correspond au taux d’intérêt corrigé de l’inflation. C’est l’un des indicateurs les plus suivis par le marché de l’or.
Les perspectives de la Fed restent un frein potentiel
Le rebond de la séance ne fait pas disparaître le risque monétaire. Les marchés anticiperaient encore au moins une hausse des taux américains cette année, avec la possibilité d’autres relèvements d’ici 2027. Des propos restrictifs attribués à Kevin Warsh lors du symposium de Jackson Hole auraient également ravivé ces anticipations.
Une politique dite restrictive vise à freiner l’inflation par des taux plus élevés. Elle soutient généralement le dollar et les rendements réels, deux facteurs qui peuvent peser sur l’or.
Des entrées institutionnelles dans les ETF adossés à l’or pourraient néanmoins soutenir la demande. Un ETF est un fonds coté en Bourse qui permet de s’exposer au prix de l’or sans acheter et conserver soi-même des lingots ou des pièces. Des données de marché évoqueraient plusieurs séances consécutives d’entrées de capitaux dans ces véhicules, mais cette dynamique devra être confirmée.
À court terme, la direction de l’or dépendra donc surtout de l’évolution des rendements américains, du dollar et de la trajectoire du pétrole. Le rebond actuel illustre combien le métal jaune reste sensible aux anticipations de taux, davantage encore qu’aux mouvements ponctuels des autres marchés.



