3 730,4 euros : l’once d’or franchirait un nouveau palier sur le marché européen. Le métal jaune afficherait une hausse de 0,69 % en 24 heures, soutenu par les inquiétudes inflationnistes, les tensions géopolitiques et un dollar américain moins ferme.
Une once troy, l’unité de référence du marché de l’or, représente environ 31,1 grammes. Ce niveau de prix constitue surtout un repère concret pour les épargnants belges et européens : l’or physique, qu’il s’agisse de lingots ou de pièces, se négocie généralement à partir de ce cours international, auquel s’ajoutent une prime commerciale et, le cas échéant, les frais de livraison ou de stockage.
L’inflation revient au centre des préoccupations
En France, l’Insee a confirmé une inflation annuelle de 2,4 % en août, après 2,1 % en juillet. La hausse serait principalement liée au renchérissement de l’énergie et du pétrole. Une inflation plus élevée réduit le pouvoir d’achat de la monnaie : avec une même somme en euros, un ménage peut acheter moins de biens et de services au fil du temps.
L’or est souvent recherché dans ce type de période comme instrument de diversification. Il ne verse ni intérêt ni dividende, mais il n’est pas directement exposé au risque de faillite d’une entreprise ou d’un État. Il ne protège toutefois pas mécaniquement contre chaque épisode d’inflation : son prix peut aussi connaître des replis, parfois importants.
Un dollar moins attractif soutiendrait le métal
L’or est principalement coté en dollars sur les marchés internationaux. Lorsque la monnaie américaine recule, le métal devient théoriquement moins coûteux pour les acheteurs utilisant d’autres devises. Cette mécanique peut stimuler la demande et soutenir le cours.
Fin août, l’or aurait également été porté par un dollar proche de ses plus bas niveaux depuis plus de trois mois et par des anticipations de politique monétaire américaine moins restrictive. Des taux d’intérêt moins élevés réduisent le coût d’opportunité de la détention d’or, c’est-à-dire le rendement auquel renonce l’investisseur en préférant un actif sans coupon à des obligations ou à des produits monétaires.
En zone euro, la Banque centrale européenne maintiendrait son taux directeur à 2,65 % et le taux de sa facilité de dépôt à 2,5 %. Ce cadre de taux contenus pourrait préserver l’intérêt relatif du métal précieux, sans garantir la poursuite de sa hausse.
Les banques centrales entretiennent une demande de fond
La demande ne provient pas uniquement des investisseurs privés. Les banques centrales continueraient de diversifier leurs réserves. D’après les données du World Gold Council, elles avaient acheté 1 136 tonnes d’or en 2022. Ces acquisitions répondent notamment à la volonté de réduire une partie de la dépendance aux réserves libellées en dollars.
Pour un particulier, le franchissement de 3 730 euros l’once rappelle surtout qu’un achat d’or doit s’inscrire dans une stratégie de long terme. La comparaison des primes, la vérification de l’authenticité et la préparation de la revente restent essentielles, particulièrement lorsque les cours évoluent à des niveaux élevés.



