57,63 euros l’once : le marché de l’argent reprend de la hauteur. Ce 8 septembre 2026, le métal gris progresse de 0,95 % sur 24 heures, dans un contexte favorable aux métaux précieux.
L’information principale vient du change. Le Dollar Index, qui mesure la valeur du dollar américain face à un panier de grandes devises, recule à 98,84 points, en baisse de 0,72 %. Or l’argent, comme l’or, est coté principalement en dollars sur les marchés internationaux. Quand le billet vert baisse, ces métaux deviennent mécaniquement moins chers pour les acheteurs utilisant d’autres devises. Cette situation peut soutenir la demande et faire monter les prix.
Pour un épargnant belge ou francophone, la cotation en euros reste essentielle. L’once d’argent correspond à une once troy, soit environ 31,10 grammes. À 57,63 euros, le prix reflète donc à la fois le mouvement du métal en dollars et l’effet du taux de change euro-dollar.
Le dollar faible soutient les métaux précieux
Le mouvement du jour s’explique d’abord par la baisse du dollar. Les métaux précieux sont des actifs cotés mondialement en devise américaine. Une baisse du dollar peut attirer davantage d’acheteurs internationaux, car le même métal devient plus accessible dans leur monnaie locale.
Ce mécanisme concerne directement l’argent. Le métal est souvent éclipsé par l’or, mais il réagit fortement aux variations de change et aux anticipations de politique monétaire. Il possède aussi une double nature : métal précieux utilisé pour l’épargne, il est également un métal industriel employé notamment dans l’électronique, le solaire et certains composants techniques.
La hausse de l’argent ne vient donc pas seulement d’un mouvement spéculatif : elle s’inscrit dans un environnement de dollar plus faible et de taux américains moins tendus.
Les taux américains redonnent de l’attrait à l’argent
Deuxième facteur : le repli des rendements des bons du Trésor américain à dix ans. Ces titres sont des obligations émises par l’État américain. Leur rendement sert de référence mondiale pour mesurer le niveau des taux d’intérêt à long terme.
Quand ces rendements baissent, les actifs qui ne versent pas d’intérêt, comme l’or physique ou l’argent physique, deviennent relativement plus attractifs. L’argent ne produit ni coupon, ni dividende. Son intérêt vient de sa valeur de marché, de sa liquidité et de son rôle de diversification patrimoniale.
Un taux américain plus bas réduit donc le “coût d’opportunité” de détenir de l’argent. Ce terme désigne ce qu’un investisseur renonce à gagner en plaçant son capital dans un actif qui ne rapporte pas d’intérêt. Si les obligations rapportent moins, ce renoncement devient moins important.
Les marchés attendent l’inflation américaine
La suite dépendra en grande partie des chiffres économiques attendus aux États-Unis. Les investisseurs surveillent l’indice des prix à la production prévu le 10 septembre 2026, puis l’indice des prix à la consommation, ou CPI, attendu le 11 septembre.
L’indice des prix à la production mesure l’évolution des prix payés aux producteurs. Il peut donner un signal précoce sur les pressions inflationnistes. Le CPI, lui, mesure l’évolution des prix payés par les consommateurs. C’est l’un des indicateurs les plus suivis par la Réserve fédérale américaine, la banque centrale des États-Unis.
La Réserve fédérale, souvent appelée Fed, ajuste ses taux directeurs pour tenter de contrôler l’inflation et soutenir l’activité économique. Des chiffres d’inflation plus élevés que prévu pourraient inciter la Fed à maintenir une politique monétaire plus restrictive. À l’inverse, une inflation plus modérée renforcerait l’idée d’un assouplissement futur des taux.
TD Securities anticipe une inflation sous-jacente stable, avec un indice “core” en hausse de 0,19 % sur un mois et de 2,3 % sur un an. L’inflation “core” exclut généralement l’énergie et l’alimentation, deux postes souvent volatils. L’indice global pourrait, lui, progresser de 0,37 % sur un mois et de 3,4 % sur un an, notamment sous l’effet de l’énergie et d’une légère accélération des prix alimentaires.
Des risques haussiers resteraient présents si certaines baisses de prix attendues ne se matérialisaient pas dans des catégories sensibles aux droits de douane.
Les signaux techniques restent favorables
Sur le marché international, le cours de l’argent en dollars, noté XAG/USD, évolue autour de 66,97 dollars l’once. Le symbole XAG désigne l’argent, tandis que USD désigne le dollar américain.
Le prix reste au-dessus de sa moyenne mobile exponentielle à neuf jours, située à 66,49 dollars. Une moyenne mobile est un indicateur qui lisse les variations de prix pour dégager une tendance. La version exponentielle donne davantage de poids aux prix récents.
Autre indicateur suivi : le RSI, ou Relative Strength Index. Il mesure la vitesse et l’ampleur des mouvements de prix. Autour de 55, il signale une dynamique haussière modérée, sans situation extrême. En règle générale, un RSI très élevé peut signaler un marché en surchauffe, tandis qu’un RSI très bas peut indiquer un excès de baisse.
Le maintien du cours au-dessus du niveau technique de court terme suggère que le récent repli ressemble davantage à une pause qu’à un retournement de tendance.
Ce que cela change pour l’épargnant
Pour les particuliers, l’argent physique peut prendre la forme de pièces ou de lingots. Ces supports permettent de détenir un actif tangible, c’est-à-dire un bien matériel, en dehors des supports financiers numériques ou bancaires.
Cette logique attire en période de volatilité des devises et des taux. L’argent peut servir à diversifier un patrimoine, mais il reste plus volatil que l’or. Son prix peut varier fortement en raison de sa taille de marché plus réduite et de son exposition à la demande industrielle.
Avant tout achat ou vente, l’attention doit porter sur trois points : le prix spot, c’est-à-dire le prix de marché du métal ; la prime, qui correspond à l’écart entre le prix de la pièce ou du lingot et la valeur du métal contenu ; et les frais éventuels liés à l’achat, au stockage ou à la revente.
La progression de l’once vers 57 euros confirme un regain d’intérêt pour le métal gris. La prochaine étape viendra des chiffres d’inflation américains : ils diront si le mouvement bénéficie encore d’un environnement monétaire favorable, ou si la Fed reprend la main sur les anticipations de marché.



