66,10 dollars l’once troy. Le cours de l’argent a reculé pour une deuxième séance consécutive le 31 août 2026, sous l’effet combiné d’un dollar américain plus fort et des paris de marché sur une politique monétaire plus stricte de la Réserve fédérale américaine.
Le XAG/USD, c’est-à-dire le prix de l’argent exprimé en dollars américains, évoluait autour de 66,10 dollars l’once troy. Une once troy est l’unité de référence des métaux précieux : elle correspond à environ 31,1 grammes.
La Fed pèse sur les métaux précieux
Le mouvement de baisse s’explique d’abord par les anticipations de taux d’intérêt aux États-Unis. Lors du symposium de Jackson Hole, le 28 août, Kevin Warsh, président de la Réserve fédérale américaine, a maintenu un discours ferme sur l’inflation.
Il a rappelé que l’objectif d’inflation de 2 % restait « ferme et fixe », en soulignant que la banque centrale avait encore du travail tant que la désinflation ne s’accélérait pas.
Pour les marchés, ce message signifie que les taux pourraient rester élevés, voire augmenter. Les taux d’intérêt sont le prix de l’argent emprunté. Quand ils montent, les placements rémunérés, comme les obligations, deviennent plus attractifs face aux métaux précieux, qui ne versent ni intérêt ni dividende.
C’est ce que les investisseurs appellent le coût d’opportunité : détenir de l’argent métal peut devenir moins intéressant si d’autres placements rapportent davantage.
Le dollar fort réduit l’attrait de l’argent
La hausse du dollar ajoute une autre pression. L’argent étant coté en dollars sur les marchés internationaux, un billet vert plus fort rend le métal plus cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises, notamment l’euro.
Pour un investisseur belge ou européen, l’effet de change compte donc autant que l’évolution du métal lui-même. Un recul du XAG/USD peut être partiellement compensé, ou amplifié, par les variations de l’euro face au dollar.
Les marchés restent divisés avant septembre
Les anticipations de décision de la Fed pour septembre restent instables. Après les déclarations de Kevin Warsh, certains indicateurs de marché ont montré une hausse de la probabilité d’une baisse des taux, passée de 35 % à environ 57,5 %. D’autres estimations évoquaient au contraire une probabilité de 56 % pour une hausse des taux.
Cette divergence traduit une forte incertitude. Elle peut alimenter la volatilité, c’est-à-dire des mouvements rapides et parfois contradictoires des prix.
Le Moyen-Orient limite la baisse
La baisse de l’argent reste toutefois contenue par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Après une frappe américaine sur des lanceurs iraniens le 23 août, l’Iran a riposté par des tirs de missiles balistiques et de croisière proches du détroit d’Ormuz, zone stratégique pour le transport du pétrole.
La hausse des cours pétroliers qui en découle soutient l’intérêt pour les métaux précieux. L’argent peut alors jouer un rôle de valeur refuge, c’est-à-dire un actif recherché en période de stress financier ou géopolitique.
Ce qu’il faut surveiller
La trajectoire de l’argent dépendra surtout des prochains signaux de la Fed, de l’évolution du dollar et de la situation au Moyen-Orient. Pour les acheteurs d’argent physique, lingots ou pièces, le prix au comptant ne suffit pas : les primes, la TVA applicable selon les produits et les frais de transaction doivent aussi être intégrés.
À court terme, l’argent reste pris entre deux forces : la pression des taux américains et le soutien lié aux risques géopolitiques.



