Près de 4 600 dollars l’once, l’or marque une pause. Le 1er septembre 2026, les cours du métal jaune ont reculé alors que les investisseurs attendent les prochains chiffres de l’emploi aux États-Unis. Ces données sont surveillées de près, car elles peuvent modifier les anticipations de taux d’intérêt et, par ricochet, le prix des métaux précieux.
L’information principale est simple : le marché de l’or baisse à court terme, non pas en raison d’un choc isolé, mais parce que les opérateurs préfèrent attendre un indicateur économique majeur avant de prendre position.
L’emploi américain devient le principal signal du marché
Les chiffres de l’emploi aux États-Unis sont l’un des indicateurs les plus suivis par les marchés financiers. Ils indiquent combien d’emplois ont été créés ou détruits dans l’économie américaine.
Pour l’or, cette statistique compte beaucoup. Un marché du travail solide peut encourager la Réserve fédérale américaine, la Fed, à maintenir des taux d’intérêt élevés. La Fed est la banque centrale des États-Unis. Elle fixe notamment le niveau des taux directeurs, qui influencent le coût du crédit dans l’économie.
Or, des taux élevés pèsent souvent sur l’or. Le métal jaune ne verse ni intérêt ni dividende. En période de taux élevés, certains investisseurs préfèrent donc les obligations ou les placements monétaires, qui offrent un rendement. Le rendement désigne le revenu généré par un actif, par exemple un intérêt annuel.
À l’inverse, des chiffres de l’emploi faibles peuvent renforcer l’idée d’une baisse future des taux. Dans ce cas, l’or peut redevenir plus attractif, car le coût d’opportunité de sa détention diminue.
Les investisseurs temporisent avant la publication
Le recul observé le 1er septembre traduit un positionnement d’attente. Certains investisseurs vendent une partie de leurs positions. D’autres préfèrent rester à l’écart avant la publication des données.
Cette attitude est fréquente avant une statistique importante. Les marchés cherchent à éviter un mouvement brusque provoqué par une surprise économique.
Fin août, l’or au comptant évoluait encore autour de 4 593,20 dollars l’once. L’or au comptant correspond au prix pour une livraison quasi immédiate, par opposition aux contrats à terme, qui prévoient une livraison à une date future. Une once d’or, dans les marchés internationaux, correspond à une once troy, soit environ 31,1 grammes.
Ce niveau élevé montre que la baisse actuelle reste, pour l’instant, un mouvement de court terme dans un marché encore soutenu par l’incertitude économique et monétaire.
Le précédent rapport sur l’emploi a brouillé les attentes
Le rapport officiel de juillet 2026 avait surpris les marchés. Il faisait état d’une perte de 23 000 emplois, alors que les économistes anticipaient une création de 80 000 postes. Les chiffres de juin avaient aussi été révisés à la baisse.
Cette contraction inattendue a fragilisé l’idée d’un marché du travail américain robuste. Elle a aussi rendu plus complexe la lecture de la conjoncture par les investisseurs.
Si les nouvelles données confirment un ralentissement, les marchés pourraient anticiper une Fed plus accommodante. Une politique monétaire accommodante désigne une stratégie de soutien à l’économie, souvent associée à des taux plus bas. Ce scénario serait généralement favorable à l’or.
En revanche, si l’emploi résiste mieux que prévu, la Fed pourrait garder une position stricte plus longtemps. Ce scénario pourrait continuer à freiner l’or à court terme.
L’argent confirme la nervosité des métaux précieux
Le marché de l’argent donne aussi un signal de tension. Le 28 août, l’argent au comptant progressait de 1,5 % à 70,170 dollars, alors que l’or reculait légèrement. Début août, le métal gris évoluait déjà autour de 63,50 dollars avant la publication de l’inflation américaine.
L’argent est à la fois un métal précieux et un métal industriel. Il peut donc réagir aux anticipations monétaires, comme l’or, mais aussi aux perspectives d’activité économique.
Cette différence explique pourquoi l’or et l’argent ne bougent pas toujours dans le même sens. Pour les investisseurs belges et européens, il faut aussi tenir compte du taux de change euro-dollar. L’or étant coté internationalement en dollars, une variation de l’euro face au dollar peut modifier le prix effectivement payé en Europe.
Ce que doivent surveiller les investisseurs
La baisse de l’or du 1er septembre ne signifie pas nécessairement un changement de tendance durable. Elle reflète surtout l’attente d’un chiffre décisif.
Les prochains points à suivre sont clairs : le nombre d’emplois créés ou détruits, l’évolution du chômage, les salaires et les révisions des mois précédents. Ces éléments aideront les marchés à estimer la trajectoire des taux américains.
Pour l’or, le message reste le même : la politique monétaire américaine demeure le moteur principal à court terme. Tant que les investisseurs chercheront à anticiper les décisions de la Fed, chaque statistique majeure sur l’emploi pourra provoquer des mouvements rapides sur le métal jaune.



