Un discours a suffi à remettre la pression sur l’or. Le 31 août 2026, le cours du métal jaune se stabilise sur les marchés mondiaux après une forte chute liée aux propos de Kevin Warsh lors du symposium de Jackson Hole, dans le Wyoming.
L’or digère le signal envoyé par la Fed
Kevin Warsh a confirmé, le 28 août, que les taux directeurs de la Réserve fédérale américaine restent maintenus dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 %. Les taux directeurs sont les taux fixés par une banque centrale : ils influencent le coût du crédit pour les banques, les entreprises et les ménages.
Le message a surtout retenu l’attention pour une autre raison : Kevin Warsh n’a pas exclu un nouveau resserrement si l’inflation ne ralentit pas assez vite. Cette possibilité a ravivé les paris des investisseurs sur une prochaine hausse des taux américains.
Pour l’or, le mécanisme est classique. Le métal précieux ne verse ni intérêt ni dividende. Quand les taux montent, les obligations deviennent plus attractives, car elles offrent un rendement. L’or peut alors perdre de son attrait à court terme, même s’il reste recherché comme valeur refuge.
Dollar plus ferme, rendements américains en hausse
Après le discours, les rendements des bons du Trésor américain à 2 ans ont progressé. Les rendements à 10 ans ont aussi augmenté, mais plus modérément. Un rendement obligataire correspond au gain attendu par un investisseur qui détient une obligation, c’est-à-dire un titre de dette émis par un État ou une entreprise.
Le dollar s’est également apprécié face à l’euro et au yen. Cette hausse pèse souvent sur l’or, car le métal est coté en dollars sur les marchés internationaux. Pour un acheteur européen, un dollar plus fort peut rendre l’once plus chère en euros. L’once troy, unité de référence pour l’or, équivaut à environ 31,1 grammes.
L’inflation reste le cœur du débat
Kevin Warsh a justifié sa prudence par une inflation encore élevée. L’indice PCE, suivi de près par la Fed, ressort à 3,7 % sur un an. Le PCE mesure l’évolution des prix payés par les consommateurs américains. Il est particulièrement surveillé car il sert de repère à la politique monétaire de la Fed.
Une économie américaine jugée résistante donne aussi davantage de marge à la banque centrale pour maintenir des taux élevés, voire les relever si nécessaire. Pour les investisseurs en métaux précieux, ce point est déterminant : une politique monétaire restrictive peut peser sur l’or à court terme.
Un soutien de fond n’est pas exclu
La stabilisation du 31 août montre toutefois que les vendeurs ne dominent pas totalement le marché. Les investisseurs restent partagés entre la pression des taux et les facteurs de soutien à l’or : incertitudes budgétaires, achats de banques centrales et recherche de protection contre l’inflation.
Selon certaines anticipations de marché, une baisse du prix de l’or pourrait susciter un regain d’intérêt d’acheteurs visant à terme un objectif de 5 000 dollars l’once. Cette hypothèse reste conditionnelle et dépendrait notamment de la trajectoire de l’inflation, du dollar et des prochaines décisions de la Fed.
À court terme, l’or reste donc suspendu aux taux américains. Pour les épargnants belges et européens, le signal est clair : surveiller la Fed, mais aussi le taux de change euro-dollar, devient essentiel avant tout achat ou vente d’or.



