4 335,59 dollars l’once : le cours spot de l’or a poursuivi sa progression le 10 août 2026, après des chiffres de l’emploi américain nettement inférieurs aux attentes. Le mouvement traduit une réaction classique des marchés : lorsque la Réserve fédérale américaine paraît moins susceptible de relever ses taux, l’or redevient plus attractif.
Le cours spot désigne le prix de l’or pour une livraison quasi immédiate. Il s’exprime le plus souvent en dollars par once troy, l’unité de référence du marché international, équivalente à environ 31,1 grammes.
L’emploi américain refroidit les anticipations de taux
Le déclencheur est venu des États-Unis. Le 7 août, le Bureau of Labor Statistics a publié un rapport faisant état d’une destruction de 23 000 emplois en juillet, alors que les marchés attendaient environ 80 000 créations.
Le taux de chômage a pourtant reculé de 4,2 % à 4,1 %. Cette baisse ne signale pas forcément une amélioration du marché du travail : elle s’explique surtout par une diminution du taux de participation, c’est-à-dire la part des personnes en âge de travailler qui occupent un emploi ou en recherchent un.
Ces données ont conduit les investisseurs à revoir leurs attentes. La probabilité d’une hausse des taux directeurs de la Fed en septembre est retombée autour de 50 % à 58 %, contre environ 67 % une semaine plus tôt.
Pourquoi des taux plus bas soutiennent l’or
L’or ne verse ni intérêt ni dividende. Il se distingue donc des actifs générateurs de rendement, comme les obligations, qui procurent un revenu régulier. Quand les taux d’intérêt montent, ces actifs deviennent plus compétitifs face au métal jaune.
À l’inverse, lorsque les marchés anticipent une Fed moins restrictive, le coût d’opportunité de détenir de l’or diminue. Le coût d’opportunité correspond au rendement auquel un investisseur renonce en choisissant un actif plutôt qu’un autre.
C’est cette mécanique qui explique la hausse du métal jaune après le rapport américain sur l’emploi. Des taux attendus moins élevés réduisent l’attrait du dollar et des placements rémunérés, tout en renforçant la demande pour l’or comme réserve de valeur.
Le recul du dollar amplifie le mouvement
Le rapport sur l’emploi a également pesé sur le billet vert. Le 7 août, le dollar a perdu 0,36 % face à l’euro et 0,58 % face au yen.
Ce point compte directement pour les investisseurs européens et belges. L’or étant coté mondialement en dollars, une baisse de la devise américaine peut modifier le prix effectivement payé en euros. Un dollar plus faible rend souvent l’or moins cher pour les acheteurs utilisant une autre devise, même si la hausse du métal peut compenser cet effet.
Pour un épargnant en zone euro, il faut donc suivre deux variables : le prix de l’or en dollars et le taux de change euro-dollar.
Un contexte géopolitique possiblement favorable
Un autre élément pourrait soutenir l’idée d’une politique monétaire moins tendue : la détente autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le pétrole mondial.
Début août, l’Iran aurait proposé de limiter uniquement le transit des navires jugés « hostiles » et des discussions avec Oman seraient engagées pour définir des couloirs de navigation. Cette désescalade aurait contribué à une baisse d’environ 10 % du prix du pétrole en une semaine.
Si cette évolution se confirmait, elle réduirait la pression inflationniste liée à l’énergie. Or une inflation plus faible donne davantage de marge à la Fed pour éviter de relever ses taux.
Ce que les investisseurs doivent surveiller
La hausse actuelle de l’or repose principalement sur une révision des anticipations monétaires américaines. Les prochains indicateurs d’emploi, d’inflation et les prises de parole de la Fed seront donc déterminants.
Pour les acheteurs ou vendeurs d’or physique, la prudence reste nécessaire. Le prix international ne suffit pas : en Belgique comme ailleurs en Europe, le prix final dépend aussi de la prime des pièces ou lingots, de la liquidité du produit et du taux de change.
La tendance reste haussière à court terme, mais elle demeure liée à une question centrale : la faiblesse de l’emploi américain marquera-t-elle un simple accident statistique ou le début d’un ralentissement plus profond de l’économie américaine ?



