4 049,57 dollars l’once : c’est le niveau autour duquel évolue l’or au comptant ce 28 juillet 2026. Le prix du métal précieux recule, sous la pression d’un dollar américain plus solide et d’un marché suspendu à la décision de la Réserve fédérale américaine, la Fed, sur ses taux d’intérêt.
L’information principale tient en deux mots : dollar et Fed. Quand le billet vert se renforce, l’or devient plus cher pour les acheteurs qui utilisent d’autres devises, comme l’euro. Cette mécanique peut réduire la demande internationale et peser sur les cours. Pour un investisseur belge ou européen, l’effet de change entre l’euro et le dollar reste donc essentiel, car l’or est coté mondialement en dollars.
Le dollar met l’or sous pression
Le cours de l’or au comptant, c’est-à-dire le prix pour une livraison immédiate du métal, se situe autour de 4 049,57 dollars l’once. L’once troy, unité de référence sur le marché de l’or, correspond à environ 31,1 grammes.
La baisse touche aussi les contrats à terme sur l’or. Ces contrats sont des engagements d’achat ou de vente à une date future, à un prix fixé à l’avance. Ils servent aux investisseurs professionnels à se couvrir ou à spéculer sur l’évolution du prix.
Le raffermissement du dollar explique une grande partie du mouvement. Un dollar plus fort rend l’or moins accessible aux acheteurs hors États-Unis. Il peut aussi attirer des capitaux vers les actifs libellés en dollars, au détriment du métal jaune.
La Fed reste le principal arbitre
Tous les regards se tournent désormais vers la Réserve fédérale américaine. La Fed fixe les taux directeurs, c’est-à-dire le coût de l’argent à court terme aux États-Unis. Ces taux influencent les crédits, les obligations, les devises et les matières premières.
Pour l’or, l’enjeu est direct. Le métal précieux ne verse ni intérêt ni dividende. Dans un environnement de taux élevés, les obligations ou les placements monétaires deviennent plus attractifs, car ils génèrent un rendement. À l’inverse, des anticipations de baisse des taux peuvent soutenir l’or, en réduisant l’attrait relatif des placements rémunérés.
Les investisseurs attendent donc de savoir si la Fed maintiendra une ligne stricte contre l’inflation ou si elle ouvrira la porte à un assouplissement. Une politique monétaire plus restrictive continuerait à peser sur l’or. Un ton plus prudent pourrait limiter la baisse.
Une correction après un début d’année record
Le recul actuel s’inscrit dans un mouvement plus large. En janvier 2026, l’or avait franchi pour la première fois le seuil symbolique des 5 000 dollars l’once, avec un sommet historique autour de 5 093 dollars en fin de mois. Cette envolée prolongeait plusieurs années de hausse, le métal jaune ayant plus que doublé depuis janvier 2024.
Depuis, le marché a changé de rythme. En juin 2026, l’or a subi une forte correction mensuelle, proche de 12 %, dans un contexte de remontée du dollar, d’anticipations de hausses de taux et de reflux partiel des tensions géopolitiques.
Cette baisse ne signifie pas que les facteurs de soutien ont disparu. La demande des banques centrales, notamment dans les pays émergents, reste un élément important. La dédollarisation, c’est-à-dire la volonté de certains États de réduire leur dépendance au dollar, continue aussi de soutenir l’intérêt pour l’or. Le métal conserve par ailleurs son statut de valeur refuge, un actif recherché en période d’incertitude économique, financière ou géopolitique.
Des prévisions à manier avec prudence
Plusieurs scénarios de marché envisageraient une poursuite de la baisse d’ici la fin 2026 et en 2027. Certaines projections feraient passer l’or d’environ 4 038 dollars en juillet à près de 3 943 dollars en décembre. D’autres scénarios seraient plus contrastés, avec des estimations allant d’une baisse marquée à une reprise au-delà de 4 200 dollars, voire davantage à plus long terme.
Ces prévisions doivent être lues avec prudence. Le prix de l’or dépend de nombreux facteurs : taux d’intérêt, inflation, dollar, achats des banques centrales, tensions géopolitiques et comportement des investisseurs. Des prises de bénéfices rapides peuvent aussi amplifier la volatilité, c’est-à-dire l’ampleur des variations de prix à court terme.
Ce que cela change pour les investisseurs européens
Pour un épargnant belge ou francophone, la baisse du cours en dollars ne se traduit pas toujours de façon identique en euros. Si le dollar monte face à l’euro, une partie de la baisse du prix de l’or peut être compensée par l’effet de change. Avant un achat ou une vente, il faut donc regarder à la fois le prix de l’once en dollars et son équivalent en euros.
À court terme, la décision de la Fed pourrait donner la direction du marché. Un dollar encore solide et des taux élevés prolongeraient la pression sur l’or. Un signal plus accommodant pourrait, au contraire, redonner de l’air au métal jaune.
L’or reste ainsi pris entre deux forces : un contexte mondial encore favorable aux valeurs refuges, mais une politique monétaire américaine qui continue de dicter le tempo du marché.



