Un dollar moins ferme suffit souvent à relancer l’intérêt pour l’or. Ce 27 juillet 2026, le cours du métal jaune progresse sur les marchés mondiaux, porté par l’affaiblissement du billet vert et par une demande de protection face aux tensions persistantes au Moyen-Orient.
Les traders — les opérateurs qui achètent et vendent des actifs financiers à court terme — surveillent deux dossiers majeurs : l’évolution de la situation géopolitique dans la région du Golfe et la politique de la Réserve fédérale américaine, la banque centrale des États-Unis, plus connue sous le nom de Fed.
Le dollar faible soutient mécaniquement l’or
L’or est généralement coté en dollars sur les marchés internationaux. Quand le dollar recule, l’or devient moins cher pour les acheteurs utilisant l’euro, le franc suisse, le yen ou d’autres devises. Cette baisse peut donc stimuler la demande mondiale.
C’est l’un des mécanismes classiques du marché de l’or. Un dollar affaibli rend le métal précieux plus attractif, notamment pour les investisseurs cherchant à diversifier leur patrimoine. En Europe et en Belgique, cet effet de change reste important : un investisseur en euros ne regarde pas seulement le prix de l’once en dollars, mais aussi la conversion en euros.
L’once d’or — unité de référence du marché, équivalente à environ 31,1 grammes — réagit ainsi à la fois aux mouvements du dollar, aux anticipations de taux d’intérêt et au niveau d’incertitude mondiale.
Le Moyen-Orient ravive la recherche de valeur refuge
Les tensions au Moyen-Orient renforcent aussi l’attrait de l’or. Le métal jaune est souvent qualifié de valeur refuge : cela signifie qu’il est recherché lorsque les investisseurs craignent une crise financière, politique ou militaire.
Début juillet, une nouvelle vague de tensions dans le Golfe Persique a provoqué une forte volatilité sur le marché pétrolier. Le Brent, référence européenne du pétrole brut, a atteint environ 79 dollars le baril. Des attaques contre des navires dans le détroit d’Ormuz et la révocation par Washington d’une licence de vente de brut iranien ont ravivé la prime de risque géopolitique.
Cette prime de risque correspond au supplément de prix que les marchés intègrent lorsqu’un événement politique ou militaire menace l’approvisionnement en énergie, le commerce international ou la stabilité économique.
Pour l’or, ce contexte est favorable. Plus l’incertitude augmente, plus certains investisseurs privilégient les actifs jugés tangibles, liquides et internationaux.
La Fed reste l’autre variable clé
La progression de l’or reste toutefois dépendante des décisions de la Fed. Lorsque la banque centrale américaine maintient ou relève ses taux d’intérêt, les placements rémunérés, comme les obligations, deviennent plus attractifs. L’or, lui, ne verse ni intérêt ni dividende.
C’est pourquoi des taux élevés peuvent freiner sa hausse. À l’inverse, un discours plus souple de la Fed, ou des signes de ralentissement de l’inflation, peuvent soutenir le cours du métal jaune.
Les marchés observent donc les prochains indicateurs américains, en particulier ceux liés aux prix, à l’emploi et à la croissance. Une accalmie des prix à la production avait déjà contribué à un recul du dollar mi-juillet, ce qui avait soutenu les matières premières cotées en devise américaine.
Les banques centrales restent un soutien de fond
Au-delà du mouvement du jour, plusieurs facteurs continuent de soutenir l’or en 2026. Les banques centrales — les institutions chargées de gérer la monnaie et les réserves d’un pays — achètent encore du métal jaune pour diversifier leurs avoirs.
Cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus large de dédollarisation. Ce terme désigne la volonté de certains États de réduire leur dépendance au dollar dans leurs réserves ou leurs échanges internationaux.
Pour l’or, cette demande officielle joue un rôle stabilisateur. Elle ne supprime pas les corrections de marché, mais elle peut limiter les baisses lorsque les investisseurs privés prennent leurs bénéfices, c’est-à-dire vendent une partie de leurs positions après une hausse pour sécuriser leurs gains.
Une hausse encore exposée aux corrections
La progression actuelle de l’or ne signifie pas une hausse linéaire. Plusieurs freins demeurent. Une remontée des prix du pétrole pourrait raviver l’inflation. Si l’inflation repart, les banques centrales pourraient durcir leur politique monétaire, avec des taux plus élevés.
Ce scénario pèserait sur l’or, car le coût d’opportunité augmenterait. Le coût d’opportunité désigne ce que l’investisseur renonce à gagner en choisissant un actif plutôt qu’un autre. Détenir de l’or peut protéger un capital, mais ne produit pas de revenu régulier.
L’OCDE a d’ailleurs présenté en juin plusieurs scénarios macroéconomiques liés à la durée et à l’ampleur du conflit au Moyen-Orient. L’organisation anticipe que l’évolution des prix de l’énergie et des flux pétroliers restera déterminante pour la croissance mondiale en 2026 et en 2027.
Pour les acheteurs européens, le message reste clair : le prix de l’or dépend autant du métal lui-même que du dollar, des taux américains et du risque géopolitique. Dans un marché soutenu mais nerveux, la prudence consiste à suivre le cours en euros, les décisions de la Fed et l’évolution du Moyen-Orient avant toute opération importante.



