En six mois, certaines montres Rolex en or pourraient coûter environ 11,5 % de plus qu’au début de l’année. La marque suisse a relevé une deuxième fois en 2026 les prix de ses modèles en or, avec une hausse d’environ 5 % dans des marchés majeurs comme les États-Unis, Hong Kong et le Royaume-Uni.
Cette décision intervient après une première augmentation en janvier, estimée en moyenne à 6,2 %. Pour le secteur horloger, deux hausses rapprochées sur une même année restent inhabituelles. Elles traduisent la pression exercée par le prix des matières premières, en particulier l’or, mais aussi par les variations de change.
Rolex ajuste ses prix dans plusieurs grands marchés
Qui ? Rolex, l’un des principaux fabricants suisses de montres de luxe. Quoi ? Une nouvelle augmentation des prix de ses montres en or. Où ? Dans plusieurs marchés clés, notamment les États-Unis, Hong Kong et le Royaume-Uni. Quand ? Le mouvement est observé en 2026, après une première hausse en janvier.
Comment ? Par un ajustement des prix de vente au détail, c’est-à-dire les tarifs affichés en boutique ou chez les détaillants agréés. Pourquoi ? Parce que les coûts de production augmentent, notamment sous l’effet du renchérissement des métaux précieux et des fluctuations monétaires.
Une montre en or n’est pas composée d’or pur. Dans l’horlogerie de luxe, les boîtiers et bracelets utilisent généralement de l’or 18 carats. Cette expression signifie que l’alliage contient 75 % d’or pur, le reste étant constitué d’autres métaux destinés à améliorer la résistance, la couleur ou la tenue dans le temps.
L’or pèse directement sur le prix des montres
L’or est une matière première centrale pour les modèles les plus haut de gamme. Quand son prix monte, le coût de fabrication augmente mécaniquement. Cette hausse peut ensuite être répercutée, totalement ou partiellement, sur le client final.
Pour un fabricant comme Rolex, l’effet est d’autant plus visible que certains modèles utilisent de l’or dans le boîtier, la lunette, le bracelet ou le fond. La lunette désigne l’anneau qui entoure le cadran. Le boîtier est la structure qui protège le mouvement, c’est-à-dire le mécanisme interne de la montre.
Les variations de change jouent aussi un rôle. Rolex produit en Suisse, mais vend dans de nombreuses devises : dollar américain, livre sterling, dollar de Hong Kong ou euro. Quand les monnaies bougent fortement, les marques peuvent ajuster leurs tarifs pour préserver leurs marges entre les régions.
Un signal pour tout le marché du luxe
Rolex n’est pas un cas isolé. Cartier a également relevé ses prix en mai 2026, d’environ 6 % en moyenne sur plusieurs catégories, dont les montres et la joaillerie. Les produits intégrant des métaux précieux, des pierres ou des complications horlogères sont particulièrement exposés.
Une complication horlogère désigne une fonction autre que l’affichage simple de l’heure, comme un chronographe, un calendrier ou une phase de lune. Ces mécanismes demandent davantage de pièces, de temps d’assemblage et de savoir-faire.
Pour les acheteurs, ces hausses changent le calendrier de décision. Elles peuvent encourager certains clients à acheter plus tôt, par crainte de nouvelles augmentations. À l’inverse, elles peuvent freiner la demande si les prix dépassent le budget prévu.
Ce que cela signifie pour les investisseurs en or
L’information dépasse le seul univers des montres. Elle confirme que la hausse de l’or se diffuse dans les biens de luxe. Pour un investisseur belge ou européen, le message est clair : le métal précieux reste une composante importante du prix des objets patrimoniaux.
Il faut toutefois distinguer une montre en or d’un investissement en or physique. Une pièce ou un lingot vaut principalement pour son poids en or fin. Une montre, elle, combine plusieurs éléments : métal, marque, rareté, état, demande des collectionneurs et liquidité du marché de l’occasion.
La liquidité désigne la facilité à revendre un actif rapidement, sans forte décote. Une pièce d’or courante est généralement plus liquide qu’une montre de collection, dont la valeur dépend davantage du modèle, des papiers, de la boîte et de l’état général.
Rolex renforce donc un constat déjà visible dans le luxe : quand l’or devient plus cher, les marques ajustent leurs prix. Pour les acheteurs, la question n’est plus seulement de choisir un modèle, mais aussi de comprendre la part réelle du métal précieux dans le prix payé.



