Le métal jaune efface ses récents gains alors que la Réserve fédérale américaine laisse présager une politique monétaire plus stricte pour contrer l’inflation. En parallèle, les espoirs d’un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran pèsent lourdement sur l’attrait des valeurs refuges.
Depuis le début du conflit armé dans le détroit d’Ormuz à la fin du mois de février 2026, l’once d’or a perdu plus de 14 % de sa valeur. Ce jeudi 22 mai 2026, le cours au comptant du métal jaune recule pour s’établir entre 4 526 et 4 534 dollars l’once lors de la séance asiatique et la matinée américaine. Cette correction à la baisse valide techniquement une tendance négative sous les moyennes mobiles majeures, dictée par un changement radical de la conjoncture macroéconomique et géopolitique mondiale.
La Réserve fédérale américaine prête à resserrer sa politique monétaire
La publication, ce 20 mai, des minutes du Comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale américaine (Fed) confirme une posture particulièrement stricte. Les membres de l’institution jugent probable un nouveau durcissement si l’inflation se maintient durablement au-dessus de la barre des 2 %. La flambée des prix de l’énergie, conséquence directe du blocage commercial du détroit d’Ormuz, a en effet relancé les craintes inflationnistes mondiales au cours des deux derniers mois.
Face à cette situation, les marchés financiers estiment désormais à 39 % la probabilité d’une nouvelle hausse des taux directeurs de 25 points de base d’ici décembre, selon les calculs de l’outil FedWatch du CME Group.
Qu’est-ce que le rendement obligataire et quel est son impact sur l’or ?
L’or physique est une valeur refuge qui ne génère ni dividende ni intérêt. Lorsque les banques centrales augmentent leurs taux directeurs pour freiner l’inflation, le rendement des obligations d’État grimpe. Les investisseurs préfèrent alors placer leurs capitaux dans ces obligations rémunératrices, ce qui augmente le « coût d’opportunité » de la détention d’or et fait mécaniquement baisser son prix. Actuellement, le rendement du bon du Trésor américain à 10 ans a bondi pour atteindre 2,418 %, exerçant une pression immédiate sur les métaux précieux.
L’apaisement au Moyen-Orient réduit l’appétit pour l’or
Le deuxième facteur pesant sur la valorisation de l’or relève de la géopolitique. Les tensions extrêmes qui ont secoué le monde depuis février semblent enfin s’atténuer. Le président américain Donald Trump a publiquement déclaré en début de semaine que les pourparlers avec Téhéran entraient dans leurs phases finales. En signe de bonne volonté, les opérations militaires américaines sont temporairement suspendues.
De son côté, le gouvernement iranien examine une proposition de cessez-le-feu, bien que Washington maintienne une ligne rouge stricte concernant la non-prolifération nucléaire. Cette perspective de désescalade soulage la pression spéculative sur les cours du pétrole et atténue le besoin de protection des portefeuilles. Kelvin Wong, analyste pour la société OANDA, souligne cette dynamique : « Les attentes de resserrement monétaire par la Fed et l’espoir d’un accord de paix américano-iranien atténuent à la fois le rôle de valeur refuge de l’or et les craintes d’inflation mondiale. »
Une baisse généralisée sur les marchés des métaux
La tendance baissière ne frappe pas uniquement l’or. Sur les places boursières, telles que le Comex de New York, l’ensemble des métaux subit des dégagements. Les contrats à terme sur l’argent affichent un recul notable. Le platine s’échange désormais à 1 936 dollars, tandis que le palladium chute à 1 365 dollars.
L’avenir à court terme de l’or semble aujourd’hui intimement lié à la signature définitive de cet accord de paix au Moyen-Orient. Si la diplomatie l’emporte et que les voies maritimes commerciales rouvrent, l’inflation énergétique pourrait refluer, permettant potentiellement à la Fed de modérer sa politique. Dans l’attente, les investisseurs belges et européens devront scruter avec attention les prochains indicateurs économiques américains pour comprendre comment ajuster leurs stratégies d’investissement.



