Aya Gold & Silver pulvérise ses revenus de 247 % au premier trimestre 2026
Propulsée par l’envolée des cours de l’argent, l’entreprise minière canadienne signe un trimestre historique malgré une météo marocaine capricieuse et un contexte macroéconomique tendu.
L’entreprise minière canadienne Aya Gold & Silver a généré des revenus records de 117 millions de dollars américains au premier trimestre 2026, soit une hausse vertigineuse de 247 % sur un an. Les flux de trésorerie d’exploitation ont suivi la même trajectoire spectaculaire, bondissant de 785 % pour atteindre 70 millions de dollars. Ces résultats exceptionnels s’expliquent par un prix de vente moyen très avantageux, fixé à 82,22 dollars l’once d’équivalent argent, combiné à une gestion rigoureuse des opérations.
La santé financière de la société, qui affiche un bénéfice net de 49 millions de dollars et une trésorerie de 172 millions, lui a permis de finaliser son introduction à la bourse du Nasdaq le 4 mai dernier. En parallèle, le conseil d’administration a été remanié avec la proposition de nommer Ghislane Guedira à la présidence.
Un élément fondamental de cette réussite réside dans le maintien de coûts d’exploitation extrêmement bas, chiffrés à 18,40 dollars l’once.
Le « coût décaissé » (ou cash cost) est une notion clé dans l’industrie minière. Il représente l’ensemble des dépenses directes nécessaires pour extraire et traiter une once de métal précieux. Plus ce coût est bas par rapport au prix de vente sur les marchés mondiaux, plus la marge bénéficiaire de l’entreprise est importante, garantissant sa rentabilité même en cas de baisse soudaine des cours.
Des opérations marocaines résilientes face aux aléas climatiques
Sur le terrain, l’entreprise poursuit son expansion. Les campagnes de forages majeurs menées au Maroc ont permis de confirmer la continuité de la minéralisation sur 5,4 kilomètres au projet Boumadine, avec la découverte d’une nouvelle structure parallèle. À la mine de Zgounder, les forages ont également identifié des extensions à haute teneur. L’objectif est clair : étendre la base de ressources minérales en vue d’une évaluation économique préliminaire (PEA) prévue au second semestre 2026.
Ces avancées géologiques contrastent avec les défis opérationnels rencontrés en début d’année. Des conditions hivernales sévères, marquées par de fortes pluies et des inondations dans la région de Souss-Massa, ont ralenti les cadences de concassage. Conséquence directe : la production d’argent à Zgounder a reculé de 8 % par rapport au trimestre précédent. Toutefois, la direction a su réagir en optimisant ses plans d’extraction vers des zones plus riches pour compenser ce ralentissement temporaire.
Le marché des métaux précieux sous pression macroéconomique
Si les entreprises minières affichent de belles performances, à l’image du producteur d’or B2Gold qui enregistrerait également de solides bénéfices trimestriels selon le média spécialisé Informanté, le marché physique des métaux précieux reste complexe.
L’argent physique est en déficit pour la sixième année consécutive, une situation structurelle qui soutient les prix à long terme. Pourtant, à court terme, le marché subit des pressions à la baisse, l’argent approchant les 84 dollars l’once sans parvenir à franchir de nouveaux plafonds.
Le prix des métaux précieux comme l’or et l’argent est libellé en dollars américains. Lorsque les banques centrales maintiennent des taux d’intérêt élevés pour contrer l’inflation, les rendements des bons du Trésor augmentent et le dollar se renforce. Les métaux, qui ne génèrent pas de dividendes ni d’intérêts, deviennent alors mécaniquement plus chers et temporairement moins attractifs pour les investisseurs institutionnels utilisant d’autres devises.
Malgré ces vents contraires liés à l’inflation persistante et aux politiques monétaires, la demande en actifs tangibles reste forte. Les liquidations de positions à court terme engendrent une volatilité certaine, mais les fondamentaux industriels de l’argent et le besoin de valeurs refuges continuent de baliser un horizon porteur pour le secteur minier et les épargnants soucieux de préserver leur patrimoine.



