Un siècle exactement après l’apparition de la devise « Belga », le SPF Finances a présenté ce mercredi 25 mars 2026 la première pièce d’or d’investissement du pays. Une alternative locale pour les épargnants, dont le prix s’ajustera en temps réel au cours mondial du métal jaune.
Plus de 4.000 euros pour un petit disque d’or pur. C’est le prix d’entrée pour acquérir la version reine du tout nouveau fleuron de l’épargne belge. Ce mercredi 25 mars 2026, au siège bruxellois du SPF Finances, la Belgique a officiellement dévoilé le « Belga Gold », sa première pièce d’or d’investissement. Cette initiative vise à offrir aux épargnants et aux collectionneurs une solution souveraine face à la demande croissante pour la préservation du capital à travers les métaux précieux.
Deux formats calqués sur le marché mondial
Présentée conjointement par Filip Van de Velde, président du SPF Finances, et Giovanni Van de Velde, commissaire des Monnaies à la Monnaie Royale de Belgique, cette nouvelle pièce se décline en deux modules pour s’adapter à différents budgets.
La version majeure pèse une « once troy » (près de 4 centimètres de diamètre) et est proposée à un tarif dépassant les 4.000 euros lors de son lancement. Une déclinaison plus accessible d’un quart d’once (environ 2 centimètres) est également disponible pour un peu plus de 1.100 euros. Ces pièces sont commercialisées via le portail officiel de l’État, piecescommemoratives.be.
Qu’est-ce qu’une once troy ? L’once troy est l’unité de mesure standard et internationale utilisée sur le marché des métaux précieux. Contrairement à l’once classique (qui équivaut à environ 28,34 grammes), l’once troy pèse très exactement 31,1034768 grammes d’or pur.
Contrairement à une monnaie courante, la valeur du Belga Gold n’est pas fixe. Son prix de vente est relié de manière dynamique aux fluctuations en temps réel du cours mondial de l’or, garantissant son statut de pur produit d’investissement financier.
Concurrencer les références internationales de l’or physique
Jusqu’à présent, les investisseurs belges désireux de placer une partie de leur patrimoine dans des pièces d’or devaient se tourner vers des références étrangères. Le secteur est en effet historiquement dominé par des géants incontestés tels que l’Eagle américain, la Maple Leaf canadienne ou encore la Philharmoniker autrichienne.
Le lancement de cette frappe nationale répond donc à un objectif stratégique : capter l’attention de l’investisseur local en lui offrant un produit domestique de haute pureté. Il s’agit de renforcer l’attractivité de l’épargne en or physique au sein du Royaume, tout en positionnant la Belgique sur le marché international de la numismatique d’investissement.
Le retour d’un nom chargé d’histoire
L’appellation de ce nouveau produit d’investissement ne doit rien au hasard. L’introduction du Belga Gold intervient précisément cent ans après la création de la monnaie originale.
Comme le rappellent des médias tels que RTBF et La Libre dans leurs rétrospectives, la devise nommée « Belga » avait fait son apparition dans le système monétaire belge en 1926, dans les années qui ont suivi la Première Guerre mondiale. À cette époque marquée par la lutte contre l’inflation, un Belga équivalait à cinq francs belges et servait principalement à faciliter les transactions commerciales à l’international.
Un siècle plus tard, ce nom emblématique renaît. Avec la création du Belga Gold, l’État belge officialise l’or physique comme un pilier contemporain de la protection du patrimoine. Reste à observer si cette nouvelle venue saura s’imposer durablement dans les portefeuilles des investisseurs francophones face aux mastodontes historiques du secteur.



