Le cours de l’or rebondit à 4 670 dollars l’once, propulsé par l’escalade au Moyen-Orient
Après sept séances consécutives de baisse, le métal jaune retrouve son statut de valeur refuge face aux menaces d’un conflit ouvert impliquant les infrastructures énergétiques mondiales.
Ce vendredi 20 mars 2026, le cours mondial de l’or a mis fin à une violente série de baisses en franchissant spectaculairement la barre des 4 670 dollars l’once. Sur les places boursières européennes et américaines, le marché a connu des fluctuations extrêmes. La séance a été marquée par des variations intrajournalières dépassant les 100 dollars, illustrant la nervosité ambiante des investisseurs, tiraillés entre la peur d’un conflit mondial et l’urgence de trouver des liquidités.
Point Pédagogique : L’or au comptant (XAU/USD)
Le terme « or au comptant » désigne le prix auquel l’or physique peut être acheté ou vendu pour une livraison immédiate. Le sigle XAU/USD signifie que la valeur d’une once troy d’or (environ 31,1 grammes) est exprimée en dollars américains.
L’escalade au Moyen-Orient ravive l’attrait pour la valeur refuge
L’explication principale de ce brusque rebond réside dans la géopolitique. Les tensions au Moyen-Orient ont franchi un nouveau cap rhétorique, menaçant directement l’approvisionnement énergétique mondial.
Selon des informations relayées par l’agence Bloomberg, Abbas Araghchi, le ministre iranien des Affaires étrangères, a publiquement menacé d’agir avec « ZÉRO retenue » en cas d’attaque contre les infrastructures pétrolières et gazières de son pays. En écho, Faisal bin Farhan Al Saud, représentant la diplomatie de l’Arabie saoudite, a prévenu que la retenue de son pays n’était « pas illimitée », laissant planer le spectre d’interventions militaires directes.
La crainte d’un choc pétrolier majeur a immédiatement poussé les capitaux vers les actifs tangibles, l’or en tête, perçu comme l’ultime assurance contre l’instabilité internationale.
Comprendre la volatilité : entre panique et appels de marge
Si le cours de l’or a autant fluctué ces derniers jours avant de rebondir, c’est en raison d’un phénomène purement financier croisé à la fermeté de la Réserve fédérale américaine (Fed). Face au risque de voir les prix de l’énergie exploser, l’institution monétaire maintient un discours très strict sur les taux d’intérêt, renforçant de fait le dollar américain.
Parallèlement, la panique s’est emparée d’autres classes d’actifs. Selon des données compilées par les agences financières, un krach éclair aurait frappé le marché de l’argent métal ces dernières 48 heures, effaçant brièvement près de 1 070 milliards de dollars de capitalisation avec une chute de 9%. Du côté des cryptomonnaies, de lourdes liquidations auraient également eu lieu, avec des pertes individuelles massives.
Point Pédagogique : Les appels de marge et les liquidations d’urgence
Lorsqu’un investisseur emprunte pour investir et que le marché se retourne contre lui, son courtier exige de l’argent frais pour couvrir le risque : c’est l’appel de marge. Si l’investisseur ne peut pas payer, il est forcé de vendre en urgence ses actifs les plus liquides, comme l’or, même à perte. Cela explique pourquoi l’or peut paradoxalement baisser lors d’un krach, avant de remonter une fois les liquidations terminées.
Une fièvre de l’or physique palpable jusqu’en Asie
Cette volatilité extrême sur les écrans de cotation a des répercussions bien réelles sur le marché physique. En Asie, la brève chute des prix a provoqué une véritable ruée des épargnants souhaitant acheter à bon compte avant que les cours ne s’envolent de nouveau.
À Hô-Chi-Minh-Ville, au Vietnam, des files d’attente se sont formées dès 5 heures du matin devant les bijouteries ce vendredi. Face à cet afflux massif, des détaillants importants ont dû cesser la distribution de tickets d’attente dès 8 heures du matin, instaurant un rationnement drastique des quantités vendues aux particuliers.
Point Pédagogique : L’écart (ou Spread)
Pour se protéger de la volatilité, les marchands d’or vietnamiens ont fortement élargi leur « spread », c’est-à-dire la différence entre le prix auquel ils rachètent l’or et celui auquel ils le revendent. C’est une technique courante des vendeurs pour transférer le risque financier sur l’acheteur final.
Ce mouvement de fond des épargnants asiatiques s’inscrit dans une tendance macroéconomique plus large. Sur le plan institutionnel, la Banque Populaire de Chine poursuivrait une politique agressive d’accumulation. Des rapports de courtiers spécialisés indiquent que Pékin aurait acheté de l’or sans interruption depuis 16 mois, constituant une réserve estimée à 371 milliards de dollars afin de s’affranchir de la domination du billet vert.
Le métal précieux se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. Tiraillé entre une finance mondiale cherchant désespérément de la liquidité et des tensions géopolitiques historiques au Moyen-Orient, l’or démontre une nouvelle fois sa capacité à réagir de manière épidermique aux crises systémiques. Reste à savoir si la politique stricte des banques centrales suffira à contenir ce rebond spectaculaire dans les semaines à venir.



